Fact Checking : Mylène Escudier (Scientologie/CCDH) a-t-elle menti pour faire déréférencer ce blog ?

Question : Mylène Escudier (CCDH/OSA Scientologie) a-t-elle menti à Google afin de tenter de faire déréférencer cinq pages de ce blog -et même l’intégralité de ce blog- ?

Bon, si vous avez la flemme de lire, autant spoil direct et répondre par “Oui, Mylène Escudier a bien menti et à même réalisé un fausse déclaration avec un volume d’accusations infondées assez ahurissant”.

Si vous ne connaissez pas Mylène Escudier, il s’agit de la présidente du CCDH (Commission Citoyenne Des Droits de l’Homme, une organisation écran à la secte scientologie très active contre la psychiatrie), peut-être qu’elle doit leur en vouloir de ne pas pouvoir être soignée.

Elle organise régulièrement des manifestations sauvages devant les hopitaux pychiatriques (à lire ici et ) et n’hésite pas, par l’intermédiaire de son association, à récupérer le malheur des autres (à lire ici et ).

Il s’avère que depuis quelques mois, j’ai eu à écrire sur elle, mais également sur ces deux groupes qu’elle fréquente très assidûment donc : le CCDH et la scientologie.

Or, une source bien informée m’a indiquée qu’une certaine “Mylène présidente du CCDH” avait fait une demande de déréférencement auprès de Google, cette dernière est consultable sur le site LumenDatabase à l’adresse suivante.

Quelle fût ma grande surprise en lisant le torchon qu’elle a rédigé à Google :

Les liens :

Les deux permiers liens censurés sont les suivants :

https://benjaltf4.me/tag/mylene-escudier-ccdh/ et https://benjaltf4.me/tag/mylene-escudier-osa/

Les “arguments” :

Attention, l’ensemble de ses “arguments” sont mensongers, et la liste est longue…

” Alors que ces deux articles critiquent violement certaines personnes et cherchent à les discriminer.”

Les faits :

Les deux articles mentionnés peuvent-être consultés ici et .

Le documentaire d’Arte (à lire ici) démontrant qu’il s’agit de gens dangereux, je pense qu’il est d’intérêt public de dévoiler le nom de ceux qui participent (ou avaient participé) à ces activités.

D’aucune façon, je ne cherche à “discriminer” des personnes, aussi, je ne vois absolument pas de critique violente (ni même de critique d’ailleurs) mais uniquement des éléments concrets et objectifs d’un éventuel délit de parjure devant le Sénat.

Un autre “argument” :

“Je ne comprends pas pourquoi mom nom est cité dans le tag d’un de ces deux articles alors que cet article ne me concerne pas.”

Les faits :

Cet article n’étant pas précisé, je vais prendre l’ensemble des articles, il y en a quatre au total : tous la concernent :

 

 

 

  • OSA : Le service secret de la secte scientologie” : Ce documentaire d’Arte démontrant qu’il s’agit de gens dangereux, je pense qu’il est d’intérêt public de dévoiler le nom de ceux qui participent (ou avaient participé) à ces activités, par conséquent, elle est concernée.

Un autre “argument” :

“Le tag de mon nom et prénom a donc été volontairement rajouté de façon à ce que cela ressorte dans les moteurs de recherche.”

Les faits :

Comme démontré si dessus, non, chaque article taggué la concerne.

Pour Mylène Escudier (et comme les autres membres de la scientologie) toute information critique est forcément à bannir, paye ta pensée unique, paye ton formatage de cerveau !

Autre “argument” :

“Le site https://benjaltf4.me/ a été créé par un anonyme, qui se présente comme “troll gestapute islamo-gauschiste et antisémite” et “blogueur qui diffuse des virus informatiques sur son blog”. https://benjaltf4.me/a-propos/.”

Les faits :

Bon c’est le ponpon ! là je mets directement en doute les capacités de lecture et de compréhension de Mme Escudier.

La page “à propos” (consultable ici) mentionne quelques descriptions de mon blog faites par différentes personnes morales ou physiques, de plus, pourquoi avoir demandé le déréférencement de cette page alors que Mylène Escudier n’est absolument pas mentionnée ?

Aussi, pourquoi avoir demandé le déréférencement complet du blog ? (cinquième et dernière URL).

De plus, non Mme Escudier, l’auteur principal de ce blog n’est pas anonyme, tout comme ce blog d’ailleurs, de plus, même si je l’étais, cela n’est absolument pas interdit.

De toute évidence, Mylène Escudier du CCDH (association écran à la secte scientologie) a réalisé une déclaration mensongère.

Conclusion :

Démonstration à l’appui, oui, il s’avère bien que Mylène Escudier a menti, mais également, a commis un délit puni de 15 000 euros d’amende & d’un an de prison (voir alinéa 4) afin de faire déréférencer de Google plusieurs pages, articles et même l’intégralité de ce blog.

 


Crédits pour l’image skeptical-science.com


La scientologie perd son procès pénal en demande de nullité (affaire institut Aubert)

Publié par centreaccec, le 30 Mai 2019


 

Sur ce blog, il a déjà été abordé l’affaire de l’Institut Aubert, vous pouvez lire quelques lignes sur ce sujet.

L’Institut Aubert est une école privée accusée d’avoir appliqué des préceptes de la Scientologie à l’insu de parents d’élèves.

Le maire de Vincennes avait alerté le parquet en 1998 et une information judiciaire avait été ouverte l’année suivante.

L’association spirituelle de l’église de scientologie d’Ile de France (ASESIF), l’association spirituelle de l’église de scientologie celebrity centre (ASES-CC), The European Office of the association for better living and education (ABLE) ont perdu leur procès en demande de nullité de la procédure pénale le 11 décembre 2018.

Elles sont poursuivies pour complicité de tromperie et de pratique commerciale trompeuse et

Elles comptaient sur l’annulation des procès-verbaux d’audition et la nullité de leur mise en examen.

La chambre criminelle de la cour de cassation en a décidé autrement le 11 décembre 2018.

La procédure pénale est régulière

Cela commence en 1998 par une enquête de la police à la demande du Procureur de la république et par une plainte avec constitution de partie civile en juin 1999 d’ une famille qui avait scolarisé leurs deux filles auprès de l’institut AUBERT.

Huit juges d’instruction de Créteil se sont succedés sur ce dossier, qui a abouti en octobre 2012 au renvoi de trois personnes en correctionnelle, notamment pour complicité de tromperie.

Interrogée par l’Agence France Presse à l’époque des faits, la directrice de l’école, Arlette Sanguinetti, avait reconnu son appartenance à l’Eglise de scientologie et le fait que son équipe «utilise la technique d’étude basée sur la Scientologie et les travaux de Ron Hubbard».

La brochure de présentation de l’institut, reproduite par VSD, promettait «l’absence de devoirs à la maison et d’interrogation écrite, tout en introduisant le recours à la pâte à modeler pour en finir avec le stress, le tout pour 33.300 francs par an (environ 6.400 euros).»

En janvier 2014, la cour d’appel de Paris a ordonné un supplément d’information aux fins de mises en examen des responsables de l’institut, après quinze ans de procédure.

Outre l’entité morale de l’Eglise de scientologie, neuf autres personnes qui figuraient dans l’équipe pédagogique ont été mises en examen.”

L’instruction va donc se poursuivre.

Quelques liens :

http://www.20minutes.fr/societe/150…

http://tempsreel.nouvelobs.com/educ…

http://lapeniche.net/scene-ouverte-…

Publié par le Centre de Cartographie et d’Etudes des Croyances leur page Facebook.


J’ai été membre des services secrets de la Scientologie à Paris

Cet excellent témoignage a été réalisé par le journaliste Robin d’Angelo pour Vice.fr à l’adresse suivante.

J’ai été membre des services secrets de la Scientologie à Paris

 

« On organisait des dîners où l’on invitait des personnalités. Par exemple un maire d’arrondissement de Paris, un sherpa du PDG de Shell, un ponte de l’énergie nucléaire en France. »

 

Intimidation d’anciens adeptes, campagnes de lobbying auprès d’institutions, procès à répétitions contre des opposants, noyautage de sociétés… Aux Etats-Unis, la Scientologie utilise tous les moyens pour veiller sur ses intérêts, parfois à la limite de légalité.
Ce rôle est dévolu à l’OSA, acronyme de Office of Special Affairs, une branche du mouvement sectaire souvent présentée comme ses services secrets.

Konrad, scientologue pendant plus de 30 ans, a été l’une des petites mains du bureau parisien de l’OSA au milieu des années 2000.

Il a accepté de nous raconter un boulot fastidieux, effectué dans un contexte d’emprise. Rien à voir avec la vie d’Ethan Hunt, l’agent secret de Mission Impossible, incarné par Tom Cruise au cinéma.

VICE : À quoi ressemblent les bureaux de l’OSA à Paris ?

Konrad : Oh ce n’est pas grand-chose. On est dans le sous-sol du bâtiment de Bastille, ce n’est pas très bien ventilé. Il y a deux parties.

La pièce où j’étais, avec des ordinateurs, et la pièce fermée, où il y avait le patron. Aucun de nos ordinateurs n’était connecté à Internet. Il y avait un logiciel, une sorte de lessiveuse, qui nettoyait tout le disque dur. Si bien qu’il ne restait rien en mémoire le soir.

Quand j’avais quelque chose à communiquer à mon supérieur, je frappais à la porte et je lui donnais la clé USB que je devais utiliser.

Combien de membres des OSA y a-t-il à Paris ?

Il y a la partie « Invest », pour investigation, qui se charge d’enquêter sur les ennemis de la Scientologie. Elle était composée de deux personnes à temps complet. Et il y a la partie « Legal preps » dédiée aux aspects juridiques où nous étions deux également.

Quand il y avait un procès, des gens du staff venaient nous aider pour classer des documents, effectuer des recherches. Ça pouvait parfois monter jusqu’à 14 personnes pendant un mois entier.

Le patron de l’OSA en Europe était avec nous à Paris. Il venait des Pays-Bas et était membre de la Sea Org (branche qui réunit les hauts gradés de la Scientologie, N.D.L.R.).

En quoi consistait votre travail ?

Le plus important, c’était lors des procès. Je passais des matinées au tribunal avec des caisses de documents dans une voiture garée au parking.

Pendant ce temps, notre avocat Patrick Maisonneuve plaidait pour la Scientologie au Palais. Et s’il avait besoin d’un document, il arrivait en cinq minutes. Une jeune femme se chargeait de faire des allers retours entre ma voiture et la salle d’audience.

C’était une tactique. Quand il y a un procès, la scientologie submerge les gens avec des tonnes et de tonnes de documents.

Vous aidiez autrement lors des procès ?

Oui. Il faut toujours faire un travail de prédiction. Peut-être qu’on va être attaqué sur ce point-là, alors il faut prévoir à l’avance.

Par exemple, c’est ce que j’ai fait à propos du Oxford Capacity Test, un test qu’on utilise pour accrocher les gens dans la rue en leur disant qu’on pouvait résoudre leurs problèmes.

On nous attaquait en disant que c’était bidon, que ça induisait en erreur parce qu’on faisait croire qu’il y a lien avec l’université d’Oxford.

Moi je produisais des notes là-dessus qu’on fournissait aux avocats pour prouver que le contenu de ce test était commun à d’autres tests utilisés aux Etats-Unis.

Aviez-vous d’autres missions en tant que membre des OSA ?

Je parle plusieurs langues couramment. Je pouvais traduire réellement, avec des compétences. C’est quelque chose dont ils ont besoin. Il suffit de lire leurs prospectus, il y a plein de fautes avec de faux-amis. À un moment, il y a eu un procès à la cour de cassation de Milan.

Ils voulaient les pièces du dossier d’instruction en anglais et en français. J’ai donc traduit 300 pages, et l’italien juridique est vraiment très compliqué…

J’ai aussi dû faire la traduction de la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mon briefing est parti aux Etats-Unis pour Bill Walsh, un des grands spécialistes du droit concernant la liberté de culte. La Scientologie se paie les meilleurs avocats du monde.

Est-ce que votre travail a été utile lors de procès ?

Le problème est que la Scientologie est très hiérarchisée. Le bureau français a réussi à faire des choses très intéressantes. Mais quand on impose des choses qui viennent d’un mec d’OSA Inc. à Los Angeles, qui ne comprend rien à la réalité française, ça ne peut pas réussir. Par exemple, je ne sais pas qui a décidé de la ligne de défense d’Alain Rosenberg (dirigeant de la Scientologie en France, condamné définitivement par la justice française pour escroquerie en bande organisée en 2013, ndlr) mais j’ai trouvé ça pitoyable.

La défense a été faite comme on l’aurait fait aux Etats-Unis, en appuyant sur la liberté de religion, en disant que Rosenberg était pasteur. Ils ont même sorti un garçon noir pour qu’il témoigne et dise : « oui, M. Rosenberg est mon pasteur ». Ça ne tenait pas la route.

Quel rôle joue l’OSA auprès des élites culturelles ou intellectuelles ?

On organisait des dîners où l’on invitait des personnalités. Par exemple un maire d’arrondissement de Paris, un sherpa du PDG de Shell, un ponte de l’énergie nucléaire en France. On les invitait dans des restos comme le Procope à Saint-Germain-des-Prés ou la brasserie de l’Europe à Gare de Lyon.

Ces gens, c’était surtout Michel Raoust qui les contactait, un polytechnicien qui a fait Stanford et membre de la Scientologie. L’objectif n’était pas d’en faire des scientologues mais de faire de la relation publique. De leur montrer qu’on n’était pas une secte, que les personnes en face d’eux sont rationnelles, cultivées et intelligentes. D’avoir une position inattaquable.

Comme ça, lorsque quelqu’un dira à votre interlocuteur haut-placé, « oh la la, la scientologie c’est dangereux », il lui répondra « moi je n’ai pas eu cette expérience-là » …

« C’est tout l’art de la Scientologie : faire en sorte que les gens soient heureux de donner le meilleur d’eux-mêmes. Jusqu’à leur prendre leur liberté. »

C’est presque du lobbying ?

En quelque sorte. D’ailleurs, avec un responsable du Celebrity Center, j’avais rencontré un lobbyste professionnel qui devait intervenir pour la Scientologie.

Avez-vous participé à des missions d’intimidation ? Ou du moins en avez-vous été témoin ?

Honnêtement non. Mais c’est très cloisonné. Il est possible que des choses aient été faites, comme du vol de courrier par exemple. Je sais que ces choses-là ont existé aux Etats-Unis. Par exemple, on dérobe des ordres de comparution de personne avec qui on a un conflit judiciaire.

Du coup elle ne vient pas au procès et elle est en tort. Je me demande aussi si la Scientologie n’a pas contribué à plomber Georges Fenech, l’ancien président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, ndlr). À l’époque, Fenech aurait pu devenir Garde des Sceaux.

Mais il s’est retrouvé mis en examen en marge d’une affaire de vente d’armes, avant d’être relaxé. Lors d’une affaire comme ça, il suffit de faire caisse de résonnance pour avoir un effet de nuisance. La théorie de Hubbard (fondateur de la Scientologie mort en 1986, ndlr) est que si quelqu’un attaque la Scientologie, il a quelque chose à se reprocher. Alors il faut trouver sur lui ce qu’il appelle du « dirt ». De la saleté.

Moi, la cellule « invest » m’a demandé une fois d’effectuer une mission de surveillance. Je devais aller voir si une voiture, avec tel numéro d’immatriculation, était bien aux alentours d’une gare au fin fond de la Seine-et-Marne. Je n’ai jamais su pourquoi. Les exécutants ne doivent connaitre que ce dont ils ont besoin pour le succès de la mission.

Comment êtes-vous devenu membre de l’OSA ?

Je suis entré à la Scientologie à la fin des années 70. J’avais fait un emprunt de 30.000 francs pour faire des cours et atteindre le niveau de « clair ». Mais une fois ce niveau atteint, il s’est avéré au bout de quelques mois que je n’étais plus clair et qu’il fallait que je repaie tout…

Alors je n’ai plus rien fait pour la Scientologie pendant très longtemps. Jusqu’au début des années 2000 où je n’allais pas bien dans ma vie. Une amie m’a invité à un event et je me suis retrouvé à signer pour faire une formation. Sauf que je ne pouvais pas payer. Je me suis retrouvé dans une situation inextricable.

Ils m’ont fait une proposition : si tu veux, on gomme la dette, mais tu travailles pour l’OSA à temps partiel. Et du coup, je me suis retrouvé à travailler pour l’OSA. Un premier contrat de cinq ans. Puis un deuxième. Et le troisième j’ai dit non. J’en pouvais plus.

Que s’est-il passé ?

Ce n’était pas commode. Je devais travailler tous les soirs à l’OSA. C’est difficile de pouvoir gagner sa vie en menant cette activité parallèle. Moi je faisais 25 heures par semaine. Ils me payaient des clopinettes. Peut-être 20 ou 30 euros par semaine. Mais il y a des gens qui font jusqu’à 50 heures.

Vous avez le sentiment de vous être fait exploiter ?

Evidemment ! C’est tout l’art de la Scientologie : faire en sorte que les gens soient heureux de donner le meilleur d’eux-mêmes. Jusqu’à leur prendre leur liberté. Je suis sur qu’aujourd’hui si le FBI ferme la Scientologie et dit à tous les membres vous êtes libre de partir, ils ne vont pas partir !

Comment fait-on pour prendre la liberté de quelqu’un ?
On fait en sorte qu’il soit d’accord. C’est un long processus. Comme dans le communisme. Si on arrive à vous faire croire que vous luttez pour quelque chose qui se justifie, cela peut vous amenez à faire beaucoup de choses. En plus, l’ambiance de travail était très bonne à l’OSA.

On organisait régulièrement des « Beer and cheese party ». Chaque fois qu’il y avait un anniversaire, la personne chargée du personnel organisait une petite collecte. On recevait aussi une prime quand on avait eu une bonne production.

C’était une prime de 30 euros certes, mais on était fiers. On se sentait supérieur au public scientologue, pas prêt à s’investir autant que nous. Et puis il y a quelque chose de très fort : l’audition (des entretiens pendant lesquelles les adeptes doivent explorer leurs traumatismes enfouis et leurs vies antérieures, ndlr). Vous vous créez tout un passé qui est peut-être seulement dans votre imagination, mais vous êtes convaincus.

Ça fait un ciment, petit à petit, qui s’immisce dans tout votre être. On vous conditionne. Le système est très bien fait pour piéger les gens. Mais il y a un moment où tout s’écroule. On pose un paille sur le dos du chameau, et il s’effondre.

Comment s’est passé votre départ ?
Je suis parti du jour au lendemain. J’ai changé de numéro de téléphone, j’ai déménagé, j’ai coupé tous les ponts. J’ai perdu beaucoup d’amis. C’était très dur.

Merci Konrad.


Scientologie : Le Freewinds bloqué en quarantaine à Sante-Lucie à cause de la rougeole

Le Freewinds est le bateau de “croisière” de la scientologie, bourré d’amiante (à lire ici, ici, et ) et accusé de séquestrer des membres de la scientologie pour le faire fonctionner (c’est à lire ici mais également dans cet article d’aujourd’hui ou dans cet article du Sun publié hier en Anglais).

En 2014, j’avais publié sur WhyWeProtest un leak de quelques tarifs en dollards sur ce bateau, bien évidemment, ces montants n’incluent pas tout le long cursus (le plus souvent de plusieurs décénnies) imposé avant de pouvoir éventuellement séjourner sur ce bateau.

Depuis trois jours, nous savons désormais que le bateau est bloqué en quarantaine à Sante-Lucie à cause de la rougeole.

Il s’agit d’un problème sanitaire grave : en effet, dans certains cas graves, la rougeole peut-être mortelle.

L’information (très documentée, en différents épisodes) est tombée sur le site de Tony Ortega le 1er Mai, c’est à lire en Anglais ici, ici, et puis, sur CNBC à l’adresse suivante (en Anglais également).

Petit plaisir, tout passe dans la “presse mainstream” francophone, petite revue de presse :


Articles de Liberation du 19 Avril 2019 sur la scientologie

Version imprimée :

Version Online :

 

Scientologie : en France, un mouvement indélogeable

Par Emmanuel Fansten et Robin d’Angelo

La scientologie réussit à s’implanter grâce à un relâchement des pouvoirs publics et une baisse des budgets des associations spécialisées.

La rencontre a eu lieu quatre jours avant le début de l’affaire Benalla. Le 14 juillet, Emmanuel Macron reçoit discrètement Tom Cruise à l’Elysée, en marge de la promotion du dernier Mission : impossible, tourné en grande partie à Paris.

Après avoir visité le Château avec Brigitte Macron, l’acteur américain et le Président se livrent au jeu des selfies avec des enfants rassemblés dans la cour, mais aucune image officielle ne fuite. «Il s’agissait d’une rencontre privée, insiste-t-on aujourd’hui à l’Elysée. A aucun moment il n’a été question de scientologie.»

«Vague».

 

Révélée par Paris Match, cette entrevue est pourtant loin d’avoir fait l’unanimité au sein du staff présidentiel. Quatorze ans plus tôt, à l’été 2004, la visite du même Tom Cruise à Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, avait en effet provoqué une violente polémique.

A l’époque, plusieurs notes diplomatiques attestaient du lobbying agressif de la scientologie au niveau politique, mais aussi du rôle clé de Tom Cruise dans la stratégie expansionniste de l’organisation, qui a listé des personnalités à rencontrer.

L’occasion pour la star de dénoncer les «discriminations religieuses» dont seraient victimes les scientologues en Europe, et en particulier en France, où l’organisation fait alors l’objet de toutes les attentions.

Sensible à ces arguments, Nicolas Sarkozy, qui a toujours préféré l’expression de «nouveaux mouvements spirituels» au terme de «sectes», a été le premier à infléchir la politique sur le sujet lors de son passage au ministère de l’Intérieur.

Depuis, le sujet s’est peu à peu effacé du débat public. Symbole de cet intérêt décroissant : la disparition du groupe «sectes» à l’Assemblée nationale et la déliquescence progressive de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), dépourvue de président depuis plus de six mois.

A Matignon, on explique que le processus de recrutement doit aboutir «dans les prochaines semaines» à la nomination d’une «personnalité convaincante, compétente et reconnue». Mais les temps ont changé depuis la création de la mission, contribuant à rendre plus flous ses objectifs, alors même que les signalements n’ont jamais été aussi nombreux : 2 800 pour 2018, un record depuis six ans.

Les deux mandats successifs de Serge Blisko, catapulté à la tête de la mission en 2012, n’ont pas non plus laissé un souvenir impérissable. «Un refuge plus qu’autre chose», raille un ancien salarié. Même malaise au sein des associations spécialisées, comme l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi), qui voient leur budget fondre d’année en année.

Griefs.

Longtemps dans le viseur des pouvoirs publics et objets de plusieurs rapports parlementaires, les mouvements sectaires traditionnels ont surtout été supplantés ces dernières années par la lutte contre l’islamisme radical.

«On va être honnête, le sujet de la radicalisation a focalisé l’attention des magistrats et des services de renseignements, concède Anne Josso, secrétaire générale de la Miviludes et patronne de fait depuis la vacance du pouvoir.

Cette vague, on la subit très clairement. Ajoutez à ça l’image un peu datée d’une mission sur les sectes à l’ancienne… Effectivement, on est un peu moins écoutés.»

Les modes d’emprise ont également été bouleversés par les réseaux sociaux et le développement des théories conspirationnistes, comme les mouvements antivaccins. «On doit sans doute faire mieux sur ces questions, poursuit Anne Josso. Peut-être faut-il que l’on change de vocabulaire.»

En dépit de la relative bienveillance des pouvoirs publics, la scientologie doit encore faire face à plusieurs poursuites judiciaires en France. Depuis août 2015, une information judiciaire est toujours en cours pour «harcèlement moral» et «abus de faiblesse», après une plainte des salariés d’Arcadia. Les dirigeants scientologues de cette entreprise de BTP auraient siphonné les fonds et imposé des méthodes de management humiliantes issues des écrits du fondateur Ron Hubbard.

Une instruction se poursuit également contre deux structures scientologues dans l’affaire de l’Institut Aubert, une école de Vincennes accusée d’avoir enseigné des préceptes scientologues à des enfants, à l’insu de leurs parents.

La scientologie aurait même pu être interdite en 2013, après la condamnation définitive de ses deux principales associations pour «escroquerie en bande organisée», «recel aggravé», «extorsion» et «exercice illégal de la médecine».

Mais, en raison d’une modification du code civil trois ans auparavant, l’article de loi permettant de dissoudre une association reconnue coupable de tels griefs a malencontreusement disparu du droit français.

Emmanuel Fansten , Robin d’Angelo

 

Saint-Denis : les scientologues lancent le siège, les élus résistent

Par Robin d’Angelo

L’organisation américaine, qui a racheté pour 33 millions d’euros un bâtiment de plus de 7 000 mètres carrés, compte ainsi renforcer sa présence en France. La mairie s’oppose mais peine à trouver des moyens d’action.

La façade de l’immeuble est pour l’instant anonyme. Bientôt, elle sera ornée de la croix à huit branches de la scientologie. A Saint-Denis, le mouvement sectaire s’apprête à installer son nouveau siège en France. Un octogone en verre de 7 331 mètres carrés, haut de cinq étages.

Le bâtiment est une vitrine de choix, à deux pas du Stade du France, immanquable pour les automobilistes qui entrent à Paris par l’autoroute A1.

D’après les plans d’architecte que Libération a consultés, le projet s’annonce clinquant. L’édifice doit accueillir un auditorium de 720 places, des salles de cinéma, un espace fitness, une bibliothèque, des salles de formation, des dizaines de bureaux et même quatre saunas.

Au rez-de-chaussée, une librairie intégralement dédiée à Ron Hubbard, le fondateur du mouvement, mort en 1986, sera ouverte au public. Avec bien sûr une réplique à taille réelle de son bureau des années 70, comme c’est le cas dans tous les bâtiments de la scientologie à travers le monde.

Fonds d’investissement

La SCI Building Investment Group a acheté l’immeuble dans le courant de l’année 2017. L’adresse de cette société écran, dont les actionnaires sont inconnus, renvoie vers une entreprise de domiciliation sur les Champs-Elysées. Sa trace se perd dans le comté de Fairfax en Virginie, où est enregistré l’avocat américain qui l’a déclarée au registre du commerce français.

Afin de garder secrète l’identité de l’utilisateur final, une clause de confidentialité a été insérée à la promesse de vente avec l’ancien propriétaire, le fonds d’investissement allemand Warburg-HIH.

Montant de la transaction : 33 millions d’euros, plus 2 millions de remboursement de TVA. Pour les contrats de cette importance – une poignée par an à Saint-Denis – la procédure habituelle veut que la Ville soit mise au courant de la future activité.

Soucieuse de garder de bonnes relations avec la municipalité, le «broker» en charge de la vente a fini par révéler l’usage du futur bâtiment. La mention «exploité pour les besoins de l’Eglise de scientologie» est même ajoutée à la déclaration d’intention d’aliéné, le document officiel remis aux pouvoirs publics à chaque transaction immobilière.

Depuis, la mairie a engagé un bras de fer avec la scientologie. Mais rien ne semble pouvoir empêcher sa future installation. Le mouvement a beau être qualifié de «secte» par plusieurs rapports parlementaires et ses abus largement documentés, il a le droit avec lui.

A tel point que les élus se gardent de l’attaquer trop frontalement. Officiellement, ils restent «très vigilants». En réalité, ils ont envisagé de préempter le bâtiment, le seul moyen légal d’empêcher l’installation. Mais sans projet à substituer à celui de la scientologie, la mairie s’expose à être condamnée pour pratique discriminatoire.

«C’est aberrant, s’offusque David Proult, adjoint PCF en charge à l’urbanisme et vice-président de Plaine Commune, l’établissement public territorial qui regroupe les agglomérations du secteur. Pour préempter un bâtiment, il faut justifier d’un intérêt public.

Or aujourd’hui, empêcher un mouvement sectaire de s’installer dans une ville n’est pas reconnu comme d’intérêt public dans le droit français.» D’autant plus que les avocats des parties adverses sont prêts à porter plainte à la moindre occasion.

Suspectant la mairie de ralentir délibérément la vente après un rendez-vous annulé, l’un d’entre eux s’est fendu d’une lettre recommandée pour dénoncer une «attitude discriminatoire à l’égard de [la scientologie]» et brandir la menace d’un procès.

Sans levier d’action, la municipalité attend l’aide de l’Etat. «Mais on n’est pas suffisamment soutenu», déplore le maire communiste, Laurent Russier, dont les courriers au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de Seine-Saint-Denis sont restés lettre morte.

Il y a bien la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), sans président depuis six mois. «C’est une coquille vide, tacle le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu. Leur réponse c’est “on va informer les gens pour dire qu’il faut se méfier”. Eux-mêmes ne peuvent pas faire quoi que soit.»

Le 19 mars, le parlementaire a déposé une question écrite à l’Assemblée nationale, adressée à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. Il lui demande d’annuler la vente et d’engager des poursuites contre Warburg-HIH, le fonds d’investissement qui a vendu le bâtiment à la scientologie en toute connaissance de cause.

Faux nez

En attendant une hypothétique réponse, la direction de l’urbanisme inspecte chaque pièce du dossier à l’affût de la moindre erreur de procédure. Petite victoire : elle a réussi à justifier un refus d’autorisation de travaux car le bâtiment va changer d’affectation. Il faudra donc passer par un permis de construire, beaucoup plus contraignant et qui nécessite l’aval de la préfecture.

Mais en face, la scientologie a le temps et les moyens de mener bataille. Pour rénover le bâtiment, elle a fait appel à Gensler, la plus grande agence d’architecture au monde avec plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires annuel de 1,2 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros).

Depuis le milieu des années 2000, le mastodonte est le prestataire régulier de «l’Eglise» pour ses projets architecturaux. La maîtrise d’ouvrage est assurée par le cabinet Currie & Brown, là encore un géant mondial dans le secteur du conseil en construction, déjà engagé par la scientologie auparavant.

Sur place, les deux multinationales s’appuient sur le travail de trois agences d’architecture françaises, épaulées par un cabinet d’avocats. Sollicités par Libération, aucun des prestataires engagés sur le projet n’a souhaité nous répondre, en vertu d’une clause de confidentialité signée avec leurs clients.

En parallèle, le mouvement sectaire prépare le terrain à sa future installation. Depuis le début de l’année, l’association le Chemin du bonheur multiplie les opérations de communication dans la ville.

Cette structure, qui se présente parfois sous le nom de Plus cool la vie, est l’un des principaux faux nez de la scientologie en France. En février, ses bénévoles contactent par téléphone et courrier les présidents d’associations de Saint-Denis – allant d’une Amap à une compagnie de danse – afin de proposer leurs services… Sans jamais mentionner la scientologie, bien sûr.

Le Chemin du bonheur déploie aussi ses tentes sur la place de la gare afin de distribuer des fascicules, sans que la préfecture n’y ait à redire. En septembre 2018, l’association organisait même une opération de ramassage d’ordures dans la cité des Franc-Moisin, suscitant l’enthousiasme d’une partie des habitants.

La scientologie est pourtant en perte de vitesse. En France, ses responsables avancent régulièrement le chiffre de 40 000 adeptes. Selon un ancien cadre qui les a quittés au début des années 2010, ils seraient à peine 400.

Le Celebrity Centre, sa vitrine ouverte à Paris en 1985, a le plus grand mal à attirer des artistes, son objet initial. Dans ce contexte, difficile d’imaginer la branche française capable de financer un bâtiment comme celui de Saint-Denis.

«Cela ne fait aucun doute que l’argent vient largement de la maison mère», commente Mike Rinder, qui a quitté la scientologie en 2007, après avoir assisté pendant vingt ans le dirigeant actuel, David Miscavige. Depuis 2004, ce dernier planifie le développement d’«org idéales» partout dans le monde. En charabia scientologue, cette expression désigne des complexes géants dans lesquels les adeptes peuvent réaliser tous les exercices nécessaires (et payants) à leur accomplissement.

Au menu, «programme de purification» dans des saunas et «séances d’audition». Lors de ces entretiens individuels, les adeptes sont incités à livrer leurs traumatismes les plus secrets à des cadres plus expérimentés et à explorer leurs vies antérieures. Une technique d’emprise.

«Fisc»

Ces dernières années, des «org idéales» ont déjà ouvert à Stuttgart, Amsterdam ou encore Budapest. A chaque fois, des inaugurations tape-à-l’œil, à grand renfort de fanfares et de cotillons, pour faire la communication du mouvement. «L’objectif est de convaincre les donateurs que la scientologie s’étend partout dans le monde, décrypte Mike Rinder. Mais après la coupure du ruban d’inauguration, les bâtiments sont tous les mêmes : vides.»

Reste à savoir pourquoi la scientologie investit massivement dans des biens immobiliers alors que le mouvement est moribond. La réponse est peut-être liée à la situation fiscale de l’organisation. Considérée comme une église par le gouvernement américain, la scientologie ne paie pas d’impôts outre-Atlantique.

En contrepartie, elle est obligée de dépenser son argent dans des projets d’intérêt public. «L’achat de biens immobiliers permet d’éviter une accumulation excessive de capital qui la mettrait en délicatesse avec le fisc, tout en lui permettant des investissements sûrs», estime Jeffrey Augustine, un ancien adepte qui anime le site The Scientology Money Project. Les actifs immobiliers de la scientologie à travers le monde sont estimés à 3,5 milliards de dollars.

Sollicité par Libération, le service presse de la maison mère, à Los Angeles, n’a pas répondu, pas plus que Martine Rhein, la porte-parole du mouvement en France.

Son médiatique prédécesseur Eric Roux, dorénavant vice-président du bureau européen de la scientologie, jure avoir appris l’achat du bâtiment de Saint-Denis par «une alerte Google».

Robin d’Angelo