Rudolf Steiner : Conseils – Réunion avec les professeurs de l’école Waldorf de Stuttgart Tome 1

Après la publication du “Stockmeyer” l’année dernière, le document que nous publions aujourd’hui est l’un des plus importants de la pédagogie Steiner-Waldorf et de l’anthroposophie.

Il s’agit du premier tome des réunions de Rudolf Steiner avec les professeurs de la première école de Stuttgart.

Pour ceux qui l’ignorent, il s’agit de l’un des textes fondateurs de la pédagogie Steiner-Waldorf.

Il existe deux tomes, mais seul le premier a été traduit et publié en français. C’est dommage, mais ce premier tome est déjà une mine d’informations !

Rendre sa publication possible nous a demandé un long et fastidieux travail de numérisation et de recadrage. Nous n’avons pas managé nos efforts pour que ce texte accessible au téléchargement sous forme de zip.

La qualité est volontairement dégradée afin de limiter la taille des fichiers.

Pourquoi nous sommes-nous donc donné tant de mal ? Pour le comprendre, il faut considérer deux choses :

– L’importance de ce texte et le rôle qu’il joue pour la pédagogie Steiner-Waldorf.
– La nécessité actuelle de sa publication.

Si nous publions un tel document aujourd’hui, c’est tout d’abord parce que nous savions que ce texte est fondamental, incontournable et central pour la pédagogie Steiner-Waldorf.

Il est en effet l’un de ceux sur lesquels s’appuient les professeurs de ces écoles, aujourd’hui encore.

C’est à ce document que se réfèrent les formateurs de la pédagogie Steiner-Waldorf et les dirigeants des écoles, y trouvant des conseils pour de multiples situations.

Des situations semblables à celles qu’avait rencontré l’équipe pédagogique de cette toute première école Steiner-Waldorf allemande, en 1919. Il est donc une forme de guide pratique, de manuel universel pour toutes les école Steiner-Waldorf du monde !

Ensuite, ce qui nous a motivé pour réaliser cette publication est le fait que, en France, ce texte avait été maintenu secret pendant plus de 50 ans !

Dés l’origine, tout avait été fait pour le garder sous le manteau. Il se communiquait seulement entre hauts dirigeants des écoles Steiner-Waldorf.

Même les étudiants se formant à la pédagogie Steiner-Waldorf n’y avaient pas accès !

Certes, il avait été publié, avec une extrême discrétion, en 2005, par la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, mais de manière à ce que les seuls anthroposophes connaissent son existence et puissent se le procurer.

Sa publication par nos soins va désormais le rendre accessible à tous, sans barrière d’un prix d’achat volontairement exorbitant pour dissuader les curieux.

Ceci ouvrira ainsi la voie à des recherches universitaires sérieuses et non téléguidées par les anthroposophes, ou à des articles de presse intègres qui ne seront pas des commandes passées par la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France à certains organes de presse complaisants, comme par exemple Telerama, qui s’est longtemps illustré par ce genre de publications déshonorantes pour la presse.

En outre, nous savions que ce texte contenait les propos les plus graves de Rudolf Steiner, les plus honteux, ceux qui montrent incontestablement son esprit sectaire, sa tendance au délire pseudo-scientifique, sa malice en vue de tromper les autorités et sa volonté manifeste d’endoctriner les élèves à son anthroposophie.

Citons par exemple les phrases comme :

« Tout médecin étranger serait source de difficultés. » (p. 86)

« Évitez que l’on entende le mot prière dans la bouche d’un professeur. Et vous aurez déjà neutralisé pour une bonne part le préjugé selon lequel il s’agit d’une affaire anthroposophique. » (p. 94)

« Nous ne devons pas craindre de parler aux enfants de territoire atlantéen. » (p. 100)

« Il semble que la Terre tourne, alors qu’elle ne fait que suivre. » (p. 106)

« Nous réalisons en fait les intentions des dieux. » (p. 132)

« Celui qui ne fait pas l’eurythmie est exclu de l’école. » (p. 144)

« Si quelqu’un a des cheveux plats, il s’appropriera l’écriture du maître. Un enfant avec des cheveux ébouriffés n’aurait pas fait cela. » (p. 154)

« Plus nous nous fermerons vis-à-vis de l’extérieur, mieux cela vaudra. » (p. 188)

« Tricoter développe de bonnes dents. (p. 195)

« Les enfants n’auront pas compris les mots, mais cela ne fait rien. Nous savons qu’il ne s’agit pas d’apporter seulement ce que les enfants comprennent, mais aussi bien des choses qui ne sortiront à la lumière que plus tard dans les âmes des enfants. » (p. 199)

« Nous devons laisser [le mot] anthroposophie de côté. » (p. 226)

« Nous devrons toujours essayer d’obtenir de l’argent de la collectivité » (p. 229)

« Nous n’avons pas le droit de laisser les fonctionnaires de l’État pénétrer dans ce qui fait la substance de notre institution. S’ils veulent observer l’école, qu’ils le fassent, qu’ils viennent traîner leurs guêtres ici. » (p. 234)

« Du point de vue physiologique, la gymnastique est une barbarie. » (p. 250)

« Si nous devons un jour abandonner l’école Waldorf, cela signifiera ôter le sol sous les pieds à notre mouvement anthroposophique tout entier » (p. 253)

« Il faut se faufiler. Il faut être conscient que c’est nécessaire au moins pour atteindre notre but, parler aux gens, et intérieurement les duper. » (p. 264)

Cette publication va désormais permettre à tout le monde de se rendre compte que ces citations ne sont nullement sorties de leur contexte, comme le prétendent avec une incroyable mauvaise foi les dirigeants de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France.

Au contraire, comme chacun pourra le constater, le contexte dont sont extraites ces phrases est accablant pour la pédagogie Steiner-Waldorf.

Il révèle, à chaque fois, l’immoralité et la folie du fondateur de celle-ci : le gourou Rudolf Steiner.

Nous savions également qu’il était nécessaire de publier au plus tôt ce texte pour une raison simple : lorsque la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, il y a quelques années, s’est rendu compte qu’il avait été découvert par les critiques – notamment Grégoire Perra qui le commente abondamment sur son blog : https://gregoireperra.wordpress.com/2012/09/01/extraits-edifiants-des-conseils-de-rudolf-steiner-aux-professeurs-de-lecole-waldorf-de-stuttgart/ – celle-ci n’avait pas hésité à en publier une version réduite et édulcorée, effaçant soigneusement tout les éléments compromettant qu’il contenait, afin de brouiller les pistes et duper encore une fois les personnes naïves croyant à leur bonne foi.

En publiant le premier tome de ces réunions dans son intégralité, nous déjouons maintenant cette lamentable tromperie.

Par dessus tout, nous avons voulu que ce texte soit accessible car il montre de manière indubitable que les écoles Steiner-Waldorf ont bel et bien été fondées avec une volonté d’endoctrinement des élèves, auxquels Rudolf Steiner voulait transmettre des contenus de la doctrine ésotérique de l’anthroposophie, pour qu’ils voient le monde avec ses yeux de dément, mais sans se faire repérer, en usant pour cela de techniques de dissimulation.

Ceci est par exemple flagrant dans le conseil du Maître consistant à nommer “paroles” les prières de son cru qu’il faisait réciter aux élèves chaque matin, afin de masquer le fait qu’il s’agissait d’un mantra anthroposophique :

« Évitez que l’on entende le mot prière dans la bouche d’un professeur. Et vous aurez déjà neutralisé pour une bonne part le préjugé selon lequel il s’agit d’une affaire anthroposophique. » (p. 94)

Plus aucun doute n’est permis : les écoles Steiner manipulent les enfants et les endoctrinent !

Enfin – et ce n’est pas un détail – notre volonté de publier ce texte tient au fait que sa lecture permettra de constater que Rudolf Steiner se livrait à des pratiques délictueuses, voire criminelles, notamment lorsqu’il se permettait de donner lui-même des traitements médicaux aux élèves de son école, sans l’autorisation des parents, alors qu’il n’était pas médecin.

Ni à notre époque ni à la sienne une telle chose n’était autorisée !

C’est donc en prison que cet homme aurait probablement finit ses jours si la chose s’était ébruitée, malgré ses relations avec la haute aristocratie du Reich. Que des gens puissent suivre aujourd’hui encore les pas d’un tel homme est effrayant !

C’est donc avec fierté que nous mettons aujourd’hui à disposition de tous le tome 1 des réunions de Rudolf Steiner avec les professeurs de la première école Steiner-Waldorf de Stuttgart.

Cette publication permettra de faire encore un peu plus de lumière sur une prétendue pédagogie qui, loin d’être autorisée et même parfois subventionnée comme elle l’est en France ou ailleurs, devrait être considérée comme l’émanation d’une organisation sectaire et interdite, purement et simplement.

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Episode 3 : Quand la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France communique en interne

Suite à la diffusion du Complément d’Enquête sur la médecine anthroposophique (disponible à l’adresse suivante), le Conseil d’Administration de la fédération Steiner-Waldorf cherche à s’organiser (avec au passage, un joli point GodWin) afin de communiquer et de contrer le vilain discours médiatique.

Nous avons récemment été mis en copie de ce communiqué interne dont le contenu est fort intéressant (ndlr le gras est d’origine) :

 

De : Fédération SW [mailto:federation@steiner-waldorf.org]
Envoyé : lundi 16 décembre 2019 12:44
À : Fédération France
Objet : Complément d’enquête - Information de la Fédération à diffuser aux collèges pédagogiques & aux membres des CA

**MERCI DE DIFFUSER AUX COLLEGES PEDAGOGIQUES ET AUX MEMBRES DES CONSEILS D’ADMINISTRATION**

Cher établissement affilié à la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France,
Chers collègues pédagogues et administrateurs,

Nous vivons, à l’image des années 2000, une campagne médiatique d’une grande virulence à notre égard. Jeudi soir dernier sur France 2, le magazine Complément d’Enquête a consacré un sujet à la médecine anthroposophique, avec l’objectif affiché de dénoncer une dérive sectaire et dangereuse, en citant nos écoles sur la question de la vaccination, en ayant recours à la technique de la caméra cachée, au découpage et à la décontextualisation orientée des propos.

En plus d’un contexte médiatique qui n’a jamais été franchement favorable, nous faisons sans doute les frais des annonces du gouvernement concernant la fermeture de la Miviludes, qui poussent peut être certains activistes à attiser une nouvelle chasse aux sorcières.

Dans cette optique d’autres coups médiatiques sont à prévoir, nous devons nous y préparer.


Peut être que le piège qui nous attend serait justement, par peur, de nous replier sur nous-mêmes, de vouloir déserter le terrain médiatique de manière générale, et ainsi de passer pour des gens qui ont réellement quelque chose à cacher.

Ne perdons pas de vue que si la France semble demeurer profondémment hostile à ce qui ne relève pas de la pensée cartésienne, le contexte global doit nous conforter dans notre action pédagogique : de plus en plus de personnes se sensibilisent à la crise écologique majeure que nous traversons, à la révolution technologique qui boulverse les enfants, au fait que la relation humaine bienveillante est au coeur d'une enfance épanouissante, que face à l'accélération de la vie il est justement temps de laisser enfin à l'enfant le temps de grandir...

Autant de métamorphoses sociétales et de prises de conscience qui légitiment plus que jamais notre pédagogie.

L'enjeu de communication actuel dépasse de loin la simple question médiatique, il prend tout son sens lorsqu'il peut nous permettre de réaffirmer nos valeurs, de les porter avec encore plus de conviction.

Vous savez que la Fédération est fortement engagée depuis 2 ans dans un processus de communication, avec notamment pour but de clarifier aux yeux du grand public nos pratiques pédagogiques et contrer les fantasmes.

C’est un travail de longue haleine, un nouveau site internet est en cours de production dans ce sens et nous faisons le maximum pour le finir au plus vite.

Malheureusement cela ne sera pas suffisant, et il nous faut réfléchir collectivement, localement et nationalement pour trouver l’attitude juste et les actes qui nous permettront de traverser cette période trouble.

Il y a 80 ans la pédagogie Waldorf a été interdite par le régime nazi.

À l’image du courageux témoignage de Nicolas Tavernier dans le journal Le Point, nos meilleurs alliés sont nos anciens élèves et anciens parents qui connaissent la réalité des écoles et de ce qui s’y vit.

Nous réfléchissons à organiser au plus vite une réunion nationale avec tous les acteurs des écoles qui voudraient se mobiliser sur cette question, nous proposerons une date très prochainement.

Il nous semble important que d’ici là, la problématique vive activement dans les consciences en collège pédagogique et dans les conseils d’administration.

C’est cela qui nous donnera du courage et de la force. Nous suggérons également que chaque école, chaque structure désigne un ou deux responsables communication (parent et pédagogue ?) attentifs et vigilants sur l’image de l’école, et exercés au travail médiatique.

Nous nous tenons à disposition pour échanger de vive voix avec ces responsables.

Le conseil d’administration de la Fédération


Quand les anthroposophes veulent “contrebalancer les attaques auxquelles font face leurs écoles”

Nous publions à présent un mail que l’APAPS a envoyé à toutes les écoles Steiner-Waldorf de France.

L’APAPS est une association créée et dirigée par des membres importants de la Société Anthroposophique en France pour promouvoir la pédagogie Steiner-Waldorf.

Logo de l’APAPS.

Ses membres appartiennent même, pour la plupart, comme Jean Poyard, à l’École de Science de l’Esprit, c’est-à-dire le grade supérieur dans la hiérarchie interne de l’Anthroposophie, ceux qui possèdent des mantras sacrés dont la méditation régulière permettrait de devenir des clairvoyants.

Le courriel que nous publions ici fait suite à la diffusion du reportage sur France 2 et dévoilé quelle va être prochainement la stratégie de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France face aux révélations de plus en plus accablantes concernant ce qui se passe dans leurs établissements : agressions sexuelles relevées par Margaux Duquesne et le Parisien 91, médecin scolaire qui vante les bienfaits de la rougeole révélé le Complément d’Enquête de France 2, enfant déclarant à sa mère qu’il devait “cesser de l’aimer” révélé par le reportage d’Arte, etc.

Face à ces preuves de plus en plus accablantes d’un endoctrinement à l’Anthroposophie dans les écoles Steiner-Waldorf, la stratégie de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France va donc consister maintenant, comme nous le révèle ce courriel, à solliciter le maximum de témoignages d’anciens élèves de leurs écoles pour dire tout le bien que ceux-ci peuvent penser de leur scolarité, mais surtout de jurer qu’ils n’y ont jamais pu constater la moindre trace de diffusion de la doctrine anthroposophique, ni de dérives sectaires, un peu comme l’avait fait Nicolas Tavernier dans un article en ligne du Point, en droit de réponse à une interview de Grégoire Perra.

Cette stratégie consiste à jouer sur le nombre, en opposant au seul témoignage de Gregoire Perra une quantité faramineuse de témoignages (très) élogieux sur les ecoles Steiner-Waldorf.

La Fédération compte ici sur le fait que les témoignages allant dans le même sens que celui de Grégoire Perra sont encore trop peu nombreux pour être remarqués par les journalistes et l’opinion publique, puisque la parole a ce sujet vient à peine de se libérer.

Parmi les témoignages favorables à ces écoles, il ne sera pas étonnant d’y découvrir un nombre conséquent d’anciens élèves qui se trouveront aussi être des fils et des filles de professeurs Steiner-Waldorf, sans que cela soit mentionné, ou des personnes travaillant actuellement dans l’une ou l’autre des institutions de l’Anthroposophie.

Bien évidement, cette stratégie consistant à opposer des témoignages entre eux ne prouvera rien, sinon la capacité des pédagogues Steiner-Waldorf à masquer leur processus d’endoctrinement a ceux à qui ils l’ont fait subir.

Mais cela permettra une forme d’ultime écran de fumée destiné à masquer leurs pratiques et à protéger leurs écoles. Il était donc utile de faire connaître, par la publication de ce courriel, cet habile procédé en cours de mise en place.

Mail envoyé le 24 Janvier dernier par le conseil d’administration :


Chatou le 24 janvier 2020

Bonjour,

L’APAPS, association des parents et amis pour le soutien et la promotion de la pédagogie Steiner-Waldorf, entreprend un important travail de recherche de témoignages d’anciens élèves, ainsi que de parents et anciens parents d’élèves sur leur vécu au sein de leur(s) école(s). Il se déroule en étroite relation avec la Fédération.

Ce travail a pour objet de valoriser et de défendre la pédagogie Steiner mise en œuvre dans les écoles par des témoignages soulignant les bienfaits et les valeurs de cette pédagogie. Il s’agit de contrebalancer les attaques auxquelles les écoles font face actuellement.

Madame Monique Day est mandatée pour effectuer ce travail. Elle prendra prochainement contact avec vous, qui connaissez bien votre école, pour en préciser concrètement les modalités. Merci de lui réserver le meilleur accueil.

Ce travail est un apport précieux au rayonnement et à la défense de la pédagogie Steiner. Nous vous remercions de votre soutien.

Bien cordialement.

Le Conseil d’Administration


Volontairement, nous n’avons pas publié directement ce mail dès que nous en avions eu connaissance, nous savons que la seconde partie allait arriver assez rapidement.

En effet, cette seconde partie a pris la forme d’un appel à témoignages pour les anciens élèves et parents des écoles Steiner-Waldorf :

Lien vers la plateforme Framaforms de l’appel à témoignages pour les anciens élèves et parents des écoles Steiner-Waldorf.

Vu que nous sommes prévoyants, en plus de la sauvegarde image publiée ci-dessus, nous avons également archivé ce document à d’autres endroits de l’internet : Lien archive.is et le lien Archive.org.


Fédération-Pédagogie Steiner-Waldorf en France : Compte-rendu de la commision gestion finances en date du 16/11/19

Nous publions à présent un nouveau document interne de la pédagogie Steiner-Waldorf et de l’anthroposophie. Il s’agit d’un compte-rendu des trésoriers des écoles Steiner-Waldorf, envoyés à toutes les écoles par la Fédération des écoles Steiner-Waldorf.

Ce document interne est intéressant en ce qu’il révèle les préoccupations et la manière de travailler des écoles Steiner-Waldorf, ainsi que la manière dont elle pense sa relation au public.

Il est par exemple assez effrayant de voir la manière dont sont relatées en interne les affaires d’agressions et d’attouchements sexuels entre enfants a l’école de Verrières le Buisson, revelés par les articles de Margaux Duquesne (à lire ici), et Bartolomé Simon dans le Parisien 91.

On s’aperçoit que les faits relatés ne sont pas du tout envisagés ni traités comme ils devraient l’être, c’est à dire pensés au regard de leur caractère récurrent et systémique dans les écoles Steiner-Waldorf, mais déplorés au regard du scandale que cela provoque dans la presse “qui en fait ses choux gras”.

Plutôt que de se poser des questions sur ce qui est dysfonctionnel dans la pédagogie Steiner-Waldorf pour que ce genre de comportements criminels se reproduisent si souvent (d’autres écoles que celle de Verrières ayant été impactées, y compris dernièrement), les éminents représentants de la pédagogie Steiner-Waldorf ne pensent qu’à une chose : accuser la presse de les révéler et de gagner de l’argent sur ces révélations, comme si un organe de presse comme Le Parisien avait réellement besoin de tels scandales pour exister.

L’académie de Versailles soutient-elle une école Steiner où il y a eu trois affaires d’agressions sexuelles ?

On notera également ce qui semble être le rôle ambigüe et problématique du Rectorat de Versailles dans cette sombre affaire.

 

En effet, à en croire ce document, celui-ci aurait prodigué des conseils et même du soutien à l’école de Verrières le Buisson, lui conseillant de ne plus répondre à la presse.

A ce propos, nous avons tenté de prendre contact avec l’académie de Versailles afin d’obtenir leur confirmation, mais leur formulaire de contact ne semble pas être fonctionnel, en plus de ne pas être sécurisé en ne proposant pas le HTTPS (nous sommes en 2020…).

Confronté à de telles révélations dans la presse, le rôle de l’académie devrait être en priorité de protéger les enfants et non de donner des conseils pour protéger cette institution privée sous contrat des mauvaises retombées médiatiques.

Il convient donc de s’interroger sur les liens passés et présents entre les écoles Steiner-Waldorf du 91 et du 78 avec l’académie de Versailles, liens qui semblent garantir à ces institutions la poursuite de leur mise sous contrat d’association avec l’Éducation Nationale en dépit de la suspicion de dérives sectaires dont on peut légitimement les suspecter.

Il paraît à cet égard utile de rappeler que chaque Rectorat possède un correspondant de la MPPS, laquelle est censée surveiller les dérives sectaires au sein de l’Éducation Nationale.

On peut se demander ce que cette cellule a fait depuis la révélation de ces affaires en septembre.

Par exemple, si des enquêtes de l’Inspection Générale ont été diligentées, comme cela aurait dû l’être, ou non, ce qui laisserait présager pour ces écoles liées à l’anthroposophie une certaine et incompréhensible impunité.

On remarquera également l’obsession récurrente de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf pour le blog de Grégoire Perra, mentionné à plusieurs reprises dans ce document.

Comme si le plus urgent pour cette institution était d’abord et avant tout de faire fermer ses blogs, plutôt que de traiter les problèmes internes dramatiques comme les agressions entre élèves.

En effet, le document fait mention des mesures à prendre lorsque de tels faits d’attouchements et d’agressions sexuels entre élèves sont découverts.

Ce qui signifie qu’avant la date de parution de ce document, ces consignes élémentaires et normalement connues de tout les établissements normaux n’avaient été ni formulées ni rappelées aux écoles Steiner-Waldorf par leur Fédération, alors même que plusieurs articles de Grégoire Perra dénonçaient la récurrence de ces faits gravissimes depuis plusieurs années.

Nous voyons donc bien où est la priorité de cette Fédération, à savoir de faire des procès et diffamer celui qui pointe du doigts leurs graves dysfonctionnements, plutôt que de chercher de vraies solutions pour que ceux-ci ne se produisent plus.

Tout ceci révèle définitivement une effrayante irresponsabilité, tant professionnelle que morale.

Le document :


Charlie Hebdo : Médecine anthroposophique : Esotérisme à la FAC

22 JANVIER 2020 – CHARLIE HEBDO N°1435

Médecine Anthroposophique : ÉSOTÉRISME À LA FAC par Antonio Fischetti

L’université de Strasbourg dispense des formations de médecine anthroposophique. Basée sur de fumeux concepts ésotériques, cette médecine conduit notamment à soigner le cancer par des injections de gui fermenté.

Une dangereuse infiltration de spiritualisme occulte dans ce qui devrait être un temple de la pensée rationnelle.

Il existe toutes sortes de façons bizarres se soigner. Certains ingurgitent des granulés à l’eau de rinçage de vessie de putois, d’autres préfèrent les cataplasmes de potiron, et d’autres encore les yaourts au sperme d’abeille.

Que ce genre de pseudo-thérapies soient véhiculées par des groupes plus ou moins perchés, on a l’habitude. Mais qu’elles le soient au sein d’universités publiques, c’est nettement plus inquiétant. Et pourtant, dans le cadre de la formation continue à l’université Strasbourg, on peut suivre des cours de médecine anthroposophique, appliqués – notamment- à l’oncologie et la rhumatologie.

Le site de l’université vante la médecine anthroposophique, au motif qu’elle « propose un élargissement de la médecine universitaire sur laquelle elle se fonde, en intégrant dans sa démarche les niveaux biologiques, psychologiques et spirituels de l’homme ».

Pour apporter un peu de lumière dans ce ténébreux tunnel, faisons connaissance avec l’anthroposophie. C’est une doctrine ésotérique et spirituelle élaborée par l’autrichien Rudolph Steiner à la fin du 19e siècle.

Elle prétend être une « sagesse de l’homme » – signification littérale de la dénomination- proche de la nature.

Mais l’anthroposophie n’est pas qu’une théorie, elle a aussi des applications très concrètes, par exemple dans l’éducation (avec les fameuses écoles Steiner, régulièrement pointées pour leurs dérives sectaires), ou l’agriculture (la biodynamie, basée sur de mystérieuses influences planétaires).

Mais ce n’est pas le sujet.

Juste pour avoir un aperçu du gloubi-boulga anthroposophique, écoutons Grégoire Perra, l’un de ses plus farouches opposants à ce mouvement.

Il sait de quoi il parle, puisque ses parents l’ont placé dans une école Steiner quand il était gosse, et qu’il a longtemps enseigné dans l’une d’elles, avant de prendre définitivement ses distances et depuis, de dénoncer farouchement cette pseudo-sagesse (ce qui lui a valu plusieurs procès).

Bref florilège, donc, rapporté par Grégoire Perra : « les anthroposophes disent que les femmes ne doivent pas se couper les cheveux trop courts, car cela développerait leur agressivité… Ou encore que les taches de rousseur seraient le signe que vous avez été un idiot dans votre vie antérieure…. Et qu’il ne faut pas trop se laver pour ne pas user nos forces éthériques »…

Que peuvent donner de telles élucubrations dans le domaine médical ?

Comme on peut s’en douter, les médicaments classiques sont proscrits. D’abord, on ne soigne pas tout court. Ou alors, on se soigne tout seul. Dans l’anthroposophie, la maladie est vue comme message divin lié au karma. Si vous tombez malade, il faut voir cela comme une « bénédiction » qui vous aidera à vaincre vos péchés.

Empêcher la maladie de s’exprimer, c’est entraver le processus karmique, et augmenter le risque d’avoir des problèmes encore plus graves dans une vie future. Pour les anthroposophes, poursuit, Grégoire Perra, la maladie permet « une forme d’amélioration de son être profond.

Le médecin anthroposophe ne cherche donc pas tant à guérir son patient de ses maladies que de lui permettre une sorte de salvation et d’élévation de son âme ».

Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas que la vaccination soit peu appréciée. Officiellement, les médecins anthroposophes ne s’y opposent pas frontalement, mais Grégoire Perra rectifie le discours de façade : « ils disent qu’ils sont plus opposés à la vaccination, mais concrètement j’en ai vu faire de faux certificats de vaccination ».

Dans la même logique, les antibiotiques sont également bannis, car ils entravent le karma, « et autant que possible, il faut aussi éviter la chirurgie ».

Les médecins anthroposophes tolèrent cependant l’homéopathie, « car ils disent que cela peut susciter l’autoguérison ». Grégoire Perra souffrait de bruxisme, un trouble qui se traduit par un grincement nocturne des dents : « je suis allé voir un dentiste anthroposophe, il m’a dit de masser les mollets tous les soirs car les dents sont des réincarnations des pieds et des jambes ».

Au cours de ses années passées dans ce milieu, Grégoire Perra a pu être témoin de toutes sortes de prescriptions farfelues. Par exemple, ce médecin, « qui prescrit à une personne atteinte d’une grave dépression, de manger des salades spécialement broyées avec une machine venue d’allemagne coûtant plus de 500 euros ». Ou cet autre, qui pour « soigner » un enfant atteint d’une otite sévère, lui demande « de se mettre des oignons frits dans l’oreille »

Pour les cas plus sérieux, comme le cancer, les anthroposophes ont un remède miracle : le gui. Précisément, il s’agit d’extraits de gui blanc fermenté, qui sont injectés près des tumeurs. Pourquoi le gui ? A priori, pourquoi pas, il est vrai que de nombreuses plantes ont des propriétés médicinales.

En plus, le gui a un petit côté druide sympa, Astérix et Panoramix quoi. Sauf que dans la théorie anthroposophique, l’intérêt du gui est purement ésotérique.

L’être humain aurait un « corps physique » – ça, d’accord- mais au dessus de celui-ci, un « corps éthérique » associé au végétal… et encore un autre « corps astral » associé, lui, à l’animal. L’éthérique contribuerait à une prolifération anarchique de la vie, l’astral aurait l’effet inverse….

Et le gui serait un être à la fois végétal et animal (on ne voit pas d’où ça sort), c’est pourquoi il aiderait à combattre le cancer. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’on barbote dans la mélasse occulte.

Cela dit, la théorie pourrait être fumeuse, et le produit néanmoins efficace. Admettons. Mais il faudrait le prouver. De nombreuses études scientifiques ont été menées sur l’effet potentiel du gui sur le cancer.

Certaines d’entre elles – on peut penser qu’elles sont signées par des médecins anthroposophes – concluent à des effets positifs du gui… mais l’immense majorité d’entre elles, montre une absence totale d’effets.

Si la médecine anthroposophique n’était qu’un placebo, passe encore. Cependant, le problème de ce genre de thérapies, c’est qu’elles détournent généralement les patients des vrais traitements. Le « en plus de », devient vite « à la place de ».

Sur le site de l’université de Strasbourg qui présente la formation de rhumatologie anthroposophique, on peut d’ailleurs lire qu’elle permet « de diminuer voire d’éviter les traitements conventionnels ». Mais le plus souvent, c’est le double discours qui prédomine, précise Grégoire Perra : «quand ils sont critiqués, les médecins anthroposophes disent qu’ils n’apportent qu’ un complément. Mais avec leurs patients, ils laissent entendre que cela peut suffire.

Je connais des gens qui avaient un cancer et qui ont abandonné leur traitement classique pour se soigner avec la médecine anthroposophique, et ils en sont morts ».

Le Conseil national de l’ordre ne reconnaît pas la médecine anthroposophique, et il a déjà sanctionné deux médecins qui prescrivaient des injections de gui fermenté à des patients atteints de cancer. Mais alors, pourquoi ne condamne-t-il fermement pas les formations de médecine anthroposophique dans une université publique ? Il nous répond que « ce n’est pas du ressort du conseil de l’ordre, car les universités sont autonomes et peuvent délivrer les cours qu’elles veulent ».

Il faut ajouter qu’à raison de plus de 1000 euros par stagiaire et par semaine, les formations de médecine anthroposophique doivent représenter un apport financier non négligeable pour la fac de Strasbourg.

Mais au-delà de tous arguments, c’est aussi une affaire une affaire de principes. Même si la médecine avance souvent par tâtonnements, elle se doit d’être basée sur une démarche rationnelle et l’apport de preuves.

Qu’une fac dispense des cours de médecine anthroposophique, cela contribue à brouiller les repères entre Raison et pensée magique. On a pas besoin de ça, surtout dans le contexte actuel, où la pensée rationnelle recule de plus en plus devant les délires obscurantistes.

Antonio Fischetti