Analyse de l’interview de Guy Chaudon (Président de la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf) par Alexandre Laser

Capture de l’interview de Guy Chaudon par Kaizen Magazine

 

Cette vidéo est une interview de Guy Chaudon dans le cadre d’un évènement organisé par le magazine Kaizen et intitulé « sommet de l’éducation » et qui a eu lieu au dernier trimestre 2022.

Guy Chaudon est le Président de la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf qui est la représentante des écoles éponymes et qui ont été créés par Rudolf Steiner au début du 20ème siècle.

Ces écoles sont régulièrement l’objet de controverses quant à la qualité de leurs établissements.

On peut citer par exemple l’école « les boutons d’Or » de Bagnères-de-Bigorre qui a fait l’objet de sanction de la part du rectorat après plusieurs inspections.

L’école a depuis fermé et a été revendue.

Ainsi, cette interview est intéressante, car elle représente la parole officielle du représentant des écoles Steiner-Waldorf en France.

Comme il n’y a pas de contradicteur, Guy Chaudon peut ici s’exprimer librement.

C’est donc l’occasion de voir, si ou non, les griefs portés à ces écoles et par extension leur fédération sont défendus par leur propre chef.

De mon avis d’auditeur, les griefs sur la présence de l’anthroposophie sont bien validés par le discours de Guy Chaudon, car il explique au cours de cette interview sans détour que la fédération Steiner-Waldorf s’appuie sur la vision anthroposophique du monde pour faire son enseignement.

Vous retrouverez (Partie 1) la croyance dans la réincarnation, le classement eugénistes des enfants selon les tempéraments (je vous explique plus bas), la dette karmique sans toutefois la nommer.

Ensuite vous verrez (Partie 2) un magnifique numéro d’équilibriste sur la question de l’anthroposophie et du nazisme consistant à attribuer le grief fait à l’anthroposophie à Rudolf Steiner pour pouvoir répondre qu’il était mort avant le nazisme.

Malheureusement le grief portait sur le racisme, l’antisémitisme, etc.. et visiblement Guy Chaudon ne condamne pas les propos de Steiner.

Pour finir (Parties 3 et 4), diverses questions dont les réponses font clairement écho aux caractères, religion déguisé et faiblesse de l’enseignement Steiner et notamment le moment où il tacle la laïcité ce qui est une attitude étonnante pour un enseignement prétendument laïque.

Avant de regarder la vidéo, je vous invite à lire les commentaires ci-dessous pour disposer des clefs de lectures pour comprendre le discours de Guy Chaudon, elles vous seront nécessaires si vous n’êtes pas anthroposophes ou familier avec l’occultisme anthroposophique.

 

Vous pouvez regarder la vidéo à l’adresse suivante : Interview Guy Chaudon par le magazine Kaizen.

 

Partie 1 : Présentation de la pédagogie Steiner-Waldorf :

 

Dans cette partie vous allez entendre le double langage des anthroposophes, car je vous donne une partie des clefs de lecture.

Guy Chaudon assume ici les croyances anthroposophiques :

  • De la réincarnation.
  • De l’individualisation (classement des enfants dans 4 catégories fixes).
  • La dette karmique des vies antérieures.

Il démontre que l’anthroposophie est bien la base de l’enseignement Steiner-Waldorf, car tout l’enseignement est conditionné par ces croyances.

  • 3 minutes 23 secondes :

Guy Chaudon explique que Steiner était aussi précepteur d’un enfant atteint d’hydrocéphalie et aurait testé toutes les formes d’enseignement et a développé sa « méthode » éducative.

Il est dommage que Guy Chaudon ne précise pas que Steiner considérait l’hydrocéphalie comme prédisposition à la syphilis et rejetât l’existence des bactéries, virus, etc… :

« À ce propos je vous signale que l’étude des rapports entre le déroulement de l’hydrocéphalie et l’apparition ultérieure de la syphilis ou de la prédisposition à la syphilis fournirait une multitude de sujets de thèse, l’étude des micro-organismes ne nous apporte rien, ce n’est qu’en prenant en considération ce que je vous ai exposé que l’on arrive à un résultat.»

[Médecine et Science Spirituelle, 7e conférence du 27 mars 1920, page 176]

  • 4e minute :

Guy Chaudon rappelle à juste titre que l’usine Waldorf est une usine de tabac. Cette information est habituellement omise.

L’objectif des cours était d’enseigner aux ouvriers, mais la mayonnaise n’a pas pris et selon Guy Chaudon par la faute des ouvriers à qui le cours était destiné. Cette information est invérifiable, mais le taux d’échec semble tellement élevé qu’on se dit qu’il est dommage de ne pas pouvoir vérifier si ça ne venait pas de la qualité du pédagogue.

  • 3 minutes et 20 secondes :

Il parle d’une pédagogie qui nécessiterait une individualisation de l’enseignement.

Il est important de relever cette phrase, car « l’individualisation de l’enseignement » est un argument constamment employé par la fédération Steiner-Waldorf pour valoriser ses écoles.

Sans surprise Guy Chaudon n’explique pas pourquoi cela serait nécessaire et se garde également de préciser qu’il s’agit de mettre les enfants dans une des quatres cases du classement anthroposophique : flegmatique, colérique, sanguin ou rêveur.

Cette détermination est effectuée sur base de critères tels que la taille de la tête, l’impression que l’enfant est vif, etc… et il ne peut ensuite plus sortir de cette case une fois que ce classement est effectué.

Nous verrons plus loin que l’enfant n’est pas considéré comme un individu, mais comme une brique d’une classe qui est le vrai individu et efface ainsi la personnalité de chaque enfant.

  • 6 minutes et 33 secondes :

Il parle ensuite d’une pédagogie « en fonction des lieux, en fonction des âges, en fonction de la qualité intrinsèque de certains élèves ».

Il est important d’expliquer que « en fonction des lieux » désigne la croyance des anthroposophes que l’enfant, après avoir choisi ses parents va naître dans un lieu (différents lieux sont possibles en fonction de sa qualité anthroposophique dans ses vies antérieures).

« En fonction des âges », désigne les 3 grandes étapes de la réincarnation de l’enfant dans son corps physique et la pédagogie Steiner aide ces étapes à bien se dérouler.

Ce sont des périodes séparées par des éléments physiques correspondants à 3 fois 7 années.

La première va jusqu’aux dents de laits, la seconde a la puberté et la dernière à l’âge adulte.

Il n’est donc pas question de suivre l’évolution de l’enfant sur base de son évolution intellectuelle, mais de conditionner son droit à réfléchir ou apprendre à des critères d’évolution biologique.

  • 7 minutes et 12 secondes :

Il explique que quand un enfant naît il n’est pas une table vierge, mais que l’enfant amène avec lui une spécificité. Il insiste ensuite sur l’individualité (une des 4 cases de l’anthroposophie).

Comme expliqué précédemment, l’enfant amène avec lui ses vies antérieures et sa dette karmique.

La dette karmique étant exprimée le plus généralement sous forme de maladie.

Par exemple selon Steiner l’autisme est causé par le fait que l’enfant était un menteur dans une vie antérieure.

  • 8 minutes et 5 secondes :

« Afin qu’elle éclose à terme, après 20 ans »

Cela fait directement écho aux propos de Steiner sur l’école dont parle Guy Chaudon qui expliquait en substance qu’il s’agissait d’un enseignement occultiste.

« Nous savons qu’il ne s’agit pas d’apporter seulement ce que les enfants comprennent, mais aussi bien des choses qui ne sortiront à la lumière que plus tard dans les âmes des enfants »

[Conseils, Réunions avec les professeurs de l’école Waldorf de Stuttgart page 199]

  • 9 minutes et 16 secondes :

Guy Chaudon exprime ici que la pédagogie Steiner serait bâchée parce qu’elle serait nouvelle et novatrice. Pourtant elle a maintenant 100 ans et n’a pas évolué contrairement à l’enseignement classique qui n’a plus rien à voir avec l’école de Jules Ferry;

Donc techniquement c’est les méthodes d’enseignement de l’école publique qui sont les plus récentes.

Il continue avec des arguments que les gens détestent ce qu’ils ne comprennent pas, mais évidemment sans l’étayer.

  • 10 minutes et 33 secondes :

Il parle d’une pédagogie qui se transforme en fonction des âges, il parle bien sûr des trois étapes de réincarnation de l’enfant qui correspondent au changement de classe, et non pas l’évolution individuelle des élèves.

On notera la comparaison entre enfant de 3/4 ans et de 10 ans (qui appartient à deux catégories différentes) pour noyer le poisson.

Jusqu’ici on tend à retrouver l’occultisme si cher à Rudolf Steiner : il en parle un petit peu plus tard en parlant de ces fameuses étapes de réincarnation sans les nommer à la 11e minute, mais en parlant de 0 à 7 ans, de 7 à 14 et de 14 à 20 ans.

Si vous écoutez la suite avec les clefs de lecture précédemment donnée, vous n’entendrez plus du tout son explication de la même manière.

Partie 2 : Les liens avec le nazisme :

 

Le journaliste évoque que l’anthroposophie aurait des liens avec le nazisme et laisse donc Guy Chaudon libre de répondre et de démentir ce sujet.

Nous allons voir qu’il s’agit ici d’un exercice rhétorique de premier plan visant à effacer la réalité en changeant habilement les arguments des historiens.

  • 13 minutes et 20 secondes :

Il dit que cela est une invention des personnes qui s’oppose de manière systématique à leurs écoles et rappelle que Steiner est mort avant le nazisme.

Toutefois cela n’absout pas Steiner de ses propos racistes, antisémites et racialistes.

En effet, Rudolf Steiner classe les personnes dans des races avec en haut l’aryen et en bas les personnes d’origine africaine. On notera que Grégoire Perra a fini en garde à vue pour avoir dénoncé ce racisme.

Pour plus d’explications sur la partie raciste sur le blog tenu par Grégoire Perra : https://veritesteiner.wordpress.com/2021/01/14/les-races-selon-lanthroposophie .

Concernant plus spécifiquement le nazisme, la femme de Rudolf Steiner s’était inscrite au parti nazi après sa mort et le parti nazi avait parmi ses dirigeants des anthroposophes et notamment Rudolf Hess qui était le bras droit d’Hitler, a fini condamné à Nuremberg et à l’origine de la biodynamie dans les camps de concentration

Les serres biodynamiques sont d’ailleurs encore visibles à Dachau.

L’entreprise Weleda est connue pour avoir participé à des expériences sur les détenus des camps et Demeter pour ses calendriers et nombreux articles dans son magazine à la gloire du Führer.

Il s’agit ici de simples exemples, je vous invite à lire le livre de Peter Staudenmeier intitulé “Anthroposophie et Ecofascisme” pour avoir plus de matière :

[PDF] Anthroposophie & écofascisme – Peter-Staudenmaier sur ce blog ou sur le blog de Chimières Editions à cette adresse.

Également “Le brun et le vert, quand les nazis étaient écologistes” : https://livre.fnac.com/a17155527/Philippe-Simonnot-Nazisme-et-ecologie.

Les anthroposophes ont passé 100 ans à réécrire l’histoire pour se rendre vertueux, mais malheureusement pour eux, la réalité est bien là, quand bien même il la minore.

Ainsi, quand Guy Chaudon parle d’insulter la mémoire de Rudolf Steiner, il devrait avoir honte, car il devrait au contraire condamner sans détour les propos de Rudolf Steiner.

Partie 3 : Laïcité et faiblesse de l’enseignement Steiner :

 

La dernière partie porte sur des questions plus larges, mais néanmoins intéressantes. On verra que cette pédagogie se disant laïque ne l’est pas.

  • 17 minutes et 40 secondes :

« Ce n’est pas quelque chose qui va être enseigné de manière systématique, mais c’est plutôt comme une aura »

« On va fêter les saisons » (fête religieuse anthroposophe)

(La table des saisons présente dans les classes est un petit autel religieux)

« Inclure l’enfant dans la rythmicité de l’année » (rythme religieux anthroposophe)

On retrouve donc ici frontalement un reproche fait aux écoles Steiner : La présence de l’anthroposophie sans le révéler ni aux parents ni aux enfants.

Pour se dédouaner, il va alors dire qu’il y a 150 ans les écoles françaises fêtaient aussi les fêtes chrétiennes. En effet, l’école de Jules Ferry ne remonte qu’au début du 20e siècle et l’enseignement n’était pas ouvert à tout le monde.

On compare donc deux choses non comparables.

On notera qu’il n’a pas mentionné les paroles de l’école qui sont les prières anthroposophes récitées chaque matin par les élèves avant de commencer la journée.

« Ne dites jamais « prières », dites « paroles d’ouverture de l’école. Évitez que l’on entende le mot prière […]. Et vous aurez déjà neutralisé pour une bonne part le préjugé selon lequel il s’agit d’une affaire anthroposophique »

[Conseils, Réunions avec les professeurs de l’école Waldorf de Stuttgart page 94]

Pour quelques exemples de prières, vous pouvez consulter le document suivant.

  • 20 minutes et 48 secondes :

« L’enfant n’est pas qu’une tête qui doit apprendre, mais qu’au doit au contraire éveiller ».

On retrouve ici les recommandations de Rudolf Steiner en matière d’enseignement.

« Il faut se faufiler. Il faut être conscient que c’est nécessaire au moins pour atteindre notre but, parler aux gens, et intérieurement les duper. »

[Conseils, Réunions avec les professeurs de l’école Waldorf de Stuttgart page 266]

Pour la fin je vais être plus bref, car il s’agit d’aspects plus globaux et la compréhension est plus aisée.

  • 24 minutes et 12 secondes :

Il parle d’école Montessori comme écoles de la performance.

C’est sans doute vrai comparativement aux écoles Steiner, mais les évaluations et rapports d’inspection ont montré que les écoles Montessori n’avaient pas un niveau très élevé. Il est clairement inquiétant que monsieur Chaudon y voie donc une forme d’élite.

  • 26 minutes et 15 secondes :

Il parle des intelligences multiples pour expliquer son enseignement. Malheureusement cela n’existe pas et relève de la pseudoscience

  • 26 minutes et 55 secondes :

Il dit que l’élève choisit son intelligence.

Évidemment on ne choisit pas son intelligence et si ça peut paraît anodin comme cela il est utile de préciser que le pédagogue Steiner a selon l’anthroposophie de pouvoir modeler les élèves, y compris dans leurs proportions physiques.

  • 27 minutes et 15 secondes :

Il parle de l’absence de notes et explique que c’est pour éviter la compétitivité.

C’est un mauvais argument, car cela signifie aussi que les pédagogues Steiner ne s’intéressent pas aux progrès des élèves sur le corpus de l’enseignement. On est en droit de se demander quelle est donc leur priorité.

  • 33 minutes et 45 secondes :

Ici il parle de la réussite au BAC, mais omet de dire que l’année de terminale est faite dans un autre lycée et qu’il s’approprie donc le travail de la dernière année. Il est notoire également que cette réalité de réussite a été contestée.

Il parle ensuite du post-bac, mais ne montre pas les conditions du questionnaire. Il s’agit surtout de témoignages sur base du volontariat et donc les critères ne sont pas vus et les personnes qui ont échoué ne sont clairement pas incitées à participer.

  • 36 minutes et 55 secondes :

« Aujourd’hui on sait combien les enfants sont difficiles à manier ».

C’est très réducteur et on aimerait bien des chiffres.

Ensuite la boucle et bouclée et il revient sur les mêmes explications :

  • 39 minutes et 25 secondes :

Il parle de la tripartition sociale qui est le projet de société de l’anthroposophique.

  • 41 minutes et 45 secondes :

Il parlait plus tôt de l’individualisation, mais fini par reporter sur le groupe les caractéristiques d’un individu qui est donc effacé au profit du groupe.

C’est conforme à l’anthroposophie :

« Plus les hommes s’intéresseront aux abeilles, plus ils seront inspirés par leur esprit. Les structures sociales que nous devrons réaliser sur terre, dans un proche avenir ».

Rudolf Hauschka (Anthroposophe)

Partie 4 : double couche de langue de bois :

 

La dernière partie boucle sur les précédentes, mais met l’accent dessus.

  • 43 minutes et 55 secondes :

Il se plaint que des journaux aient publié des articles parlants du laxisme de la surveillance dans les écoles Steiner et notamment du fait qu’ils laisseraient les enfants se battre, car c’est leur karma.

Sa réponse est intéressante, car il ne cherche pas à apporter la preuve du contraire et parle de choses d’ordre très généra : Ainsi à aucun moment il ne réfute les accusations qui ont été portées (et il ne fait pas de procès non plus alors qu’ils sont très coutumiers de poursuivre ceux qui les contestent)

D’autre part il a une réponse à tout et une certitude absolue de ce qui se passe dans toutes les écoles Steiner-Waldorf.

C’est très inquiétant.

  • 44 minutes et 40 secondes :

La punition relève du génie de chaque prof est un moment d’anthologie dans lequel Guy Chaudon parle de punition positive et notamment d’un exemple ou l’élève est invité à rentrer chez lui pour faire un gâteau.

  • 46e minute :

Il se plaint ici de la laïcité dans l’enseignement. Il trouve que ce concept empêche le développement de ses écoles en France.

  • 48 minutes et 30 secondes, jusqu’à la fin :

Il finit par dire qu’il ne faut pas écouter les sources non validées par l’anthroposophie, etc…

Personne n’a le droit de critiquer ou de poser des questions, il est interdit de s’exprimer et c’est bien le propre de l’anthroposophie et de l’enseignement Steiner qui est purement dogmatique.

En conclusion :

 

À travers cette finalement excellente interview de Guy Chaudon, nous pouvons clairement voir que la remise en question n’est pas le fort de la pédagogie Steiner-Waldorf et que les reproches faits à cette pédagogie sont bien mis en avant par leur propre représentant.

 


Cette analyse vous a été proposée par Alexandre Laser, un grand merci à lui.


Courrier de la Fédération Pédagogie Steiner Waldorf en date du 17 Novembre 2020

Nous publions ce jour un courrier rédigé par Guy Chaudon et adressé aux “amis et bienfaiteurs de la pédagogie Steiner-Waldorf en France”.

Nous pouvons souligner plusieurs choses :

  • Le travail de réécriture du plan scolaire Steiner pour être compatible avec le Socle commun de compétence indique une préparation concrète pour des demandes de passages sous contrat, vu que ça a fonctionné pour l’école du Domaine du Possible, ils auraient tort de ne pas essayer.
  • Un entrisme réussi dans la petite enfance avec la labellisation de crèches, cela est très inquiétant.

Le document :

 

 


Episode 3 : Quand la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France communique en interne

Suite à la diffusion du Complément d’Enquête sur la médecine anthroposophique (disponible à l’adresse suivante), le Conseil d’Administration de la fédération Steiner-Waldorf cherche à s’organiser (avec au passage, un joli point GodWin) afin de communiquer et de contrer le vilain discours médiatique.

Nous avons récemment été mis en copie de ce communiqué interne dont le contenu est fort intéressant (ndlr le gras est d’origine) :

 

De : Fédération SW [mailto:federation@steiner-waldorf.org]
Envoyé : lundi 16 décembre 2019 12:44
À : Fédération France
Objet : Complément d’enquête - Information de la Fédération à diffuser aux collèges pédagogiques & aux membres des CA

**MERCI DE DIFFUSER AUX COLLEGES PEDAGOGIQUES ET AUX MEMBRES DES CONSEILS D’ADMINISTRATION**

Cher établissement affilié à la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France,
Chers collègues pédagogues et administrateurs,

Nous vivons, à l’image des années 2000, une campagne médiatique d’une grande virulence à notre égard. Jeudi soir dernier sur France 2, le magazine Complément d’Enquête a consacré un sujet à la médecine anthroposophique, avec l’objectif affiché de dénoncer une dérive sectaire et dangereuse, en citant nos écoles sur la question de la vaccination, en ayant recours à la technique de la caméra cachée, au découpage et à la décontextualisation orientée des propos.

En plus d’un contexte médiatique qui n’a jamais été franchement favorable, nous faisons sans doute les frais des annonces du gouvernement concernant la fermeture de la Miviludes, qui poussent peut être certains activistes à attiser une nouvelle chasse aux sorcières.

Dans cette optique d’autres coups médiatiques sont à prévoir, nous devons nous y préparer.


Peut être que le piège qui nous attend serait justement, par peur, de nous replier sur nous-mêmes, de vouloir déserter le terrain médiatique de manière générale, et ainsi de passer pour des gens qui ont réellement quelque chose à cacher.

Ne perdons pas de vue que si la France semble demeurer profondémment hostile à ce qui ne relève pas de la pensée cartésienne, le contexte global doit nous conforter dans notre action pédagogique : de plus en plus de personnes se sensibilisent à la crise écologique majeure que nous traversons, à la révolution technologique qui boulverse les enfants, au fait que la relation humaine bienveillante est au coeur d'une enfance épanouissante, que face à l'accélération de la vie il est justement temps de laisser enfin à l'enfant le temps de grandir...

Autant de métamorphoses sociétales et de prises de conscience qui légitiment plus que jamais notre pédagogie.

L'enjeu de communication actuel dépasse de loin la simple question médiatique, il prend tout son sens lorsqu'il peut nous permettre de réaffirmer nos valeurs, de les porter avec encore plus de conviction.

Vous savez que la Fédération est fortement engagée depuis 2 ans dans un processus de communication, avec notamment pour but de clarifier aux yeux du grand public nos pratiques pédagogiques et contrer les fantasmes.

C’est un travail de longue haleine, un nouveau site internet est en cours de production dans ce sens et nous faisons le maximum pour le finir au plus vite.

Malheureusement cela ne sera pas suffisant, et il nous faut réfléchir collectivement, localement et nationalement pour trouver l’attitude juste et les actes qui nous permettront de traverser cette période trouble.

Il y a 80 ans la pédagogie Waldorf a été interdite par le régime nazi.

À l’image du courageux témoignage de Nicolas Tavernier dans le journal Le Point, nos meilleurs alliés sont nos anciens élèves et anciens parents qui connaissent la réalité des écoles et de ce qui s’y vit.

Nous réfléchissons à organiser au plus vite une réunion nationale avec tous les acteurs des écoles qui voudraient se mobiliser sur cette question, nous proposerons une date très prochainement.

Il nous semble important que d’ici là, la problématique vive activement dans les consciences en collège pédagogique et dans les conseils d’administration.

C’est cela qui nous donnera du courage et de la force. Nous suggérons également que chaque école, chaque structure désigne un ou deux responsables communication (parent et pédagogue ?) attentifs et vigilants sur l’image de l’école, et exercés au travail médiatique.

Nous nous tenons à disposition pour échanger de vive voix avec ces responsables.

Le conseil d’administration de la Fédération