Episode 3 : Quand la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France communique en interne

Suite à la diffusion du Complément d’Enquête sur la médecine anthroposophique (disponible à l’adresse suivante), le Conseil d’Administration de la fédération Steiner-Waldorf cherche à s’organiser (avec au passage, un joli point GodWin) afin de communiquer et de contrer le vilain discours médiatique.

Nous avons récemment été mis en copie de ce communiqué interne dont le contenu est fort intéressant (ndlr le gras est d’origine) :

 

De : Fédération SW [mailto:federation@steiner-waldorf.org]
Envoyé : lundi 16 décembre 2019 12:44
À : Fédération France
Objet : Complément d’enquête - Information de la Fédération à diffuser aux collèges pédagogiques & aux membres des CA

**MERCI DE DIFFUSER AUX COLLEGES PEDAGOGIQUES ET AUX MEMBRES DES CONSEILS D’ADMINISTRATION**

Cher établissement affilié à la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France,
Chers collègues pédagogues et administrateurs,

Nous vivons, à l’image des années 2000, une campagne médiatique d’une grande virulence à notre égard. Jeudi soir dernier sur France 2, le magazine Complément d’Enquête a consacré un sujet à la médecine anthroposophique, avec l’objectif affiché de dénoncer une dérive sectaire et dangereuse, en citant nos écoles sur la question de la vaccination, en ayant recours à la technique de la caméra cachée, au découpage et à la décontextualisation orientée des propos.

En plus d’un contexte médiatique qui n’a jamais été franchement favorable, nous faisons sans doute les frais des annonces du gouvernement concernant la fermeture de la Miviludes, qui poussent peut être certains activistes à attiser une nouvelle chasse aux sorcières.

Dans cette optique d’autres coups médiatiques sont à prévoir, nous devons nous y préparer.


Peut être que le piège qui nous attend serait justement, par peur, de nous replier sur nous-mêmes, de vouloir déserter le terrain médiatique de manière générale, et ainsi de passer pour des gens qui ont réellement quelque chose à cacher.

Ne perdons pas de vue que si la France semble demeurer profondémment hostile à ce qui ne relève pas de la pensée cartésienne, le contexte global doit nous conforter dans notre action pédagogique : de plus en plus de personnes se sensibilisent à la crise écologique majeure que nous traversons, à la révolution technologique qui boulverse les enfants, au fait que la relation humaine bienveillante est au coeur d'une enfance épanouissante, que face à l'accélération de la vie il est justement temps de laisser enfin à l'enfant le temps de grandir...

Autant de métamorphoses sociétales et de prises de conscience qui légitiment plus que jamais notre pédagogie.

L'enjeu de communication actuel dépasse de loin la simple question médiatique, il prend tout son sens lorsqu'il peut nous permettre de réaffirmer nos valeurs, de les porter avec encore plus de conviction.

Vous savez que la Fédération est fortement engagée depuis 2 ans dans un processus de communication, avec notamment pour but de clarifier aux yeux du grand public nos pratiques pédagogiques et contrer les fantasmes.

C’est un travail de longue haleine, un nouveau site internet est en cours de production dans ce sens et nous faisons le maximum pour le finir au plus vite.

Malheureusement cela ne sera pas suffisant, et il nous faut réfléchir collectivement, localement et nationalement pour trouver l’attitude juste et les actes qui nous permettront de traverser cette période trouble.

Il y a 80 ans la pédagogie Waldorf a été interdite par le régime nazi.

À l’image du courageux témoignage de Nicolas Tavernier dans le journal Le Point, nos meilleurs alliés sont nos anciens élèves et anciens parents qui connaissent la réalité des écoles et de ce qui s’y vit.

Nous réfléchissons à organiser au plus vite une réunion nationale avec tous les acteurs des écoles qui voudraient se mobiliser sur cette question, nous proposerons une date très prochainement.

Il nous semble important que d’ici là, la problématique vive activement dans les consciences en collège pédagogique et dans les conseils d’administration.

C’est cela qui nous donnera du courage et de la force. Nous suggérons également que chaque école, chaque structure désigne un ou deux responsables communication (parent et pédagogue ?) attentifs et vigilants sur l’image de l’école, et exercés au travail médiatique.

Nous nous tenons à disposition pour échanger de vive voix avec ces responsables.

Le conseil d’administration de la Fédération


Médecine anthroposophique : Document universitaire en anglais sur les chocs avec pertes de conscience suite aux injections de gui au CHU de Strasbourg

Le document que nous publions ici concerne le traitement du cancer par le gui de la médecine anthroposophique.

En effet, des médecins du CHU de Strasbourg ont publié en 2001 un article décrivant des chocs anaphylactiques importants consécutifs à l’injection de Gui (mistletoe) pour lutter… contre le cancer.

Trois patients ont débarqué en réanimation, avec hypotension importante et perte de conscience pour deux d’entre eux.

L’une des signataires de l’article, la professeur de pneumologie Marie-Christine Kopferschmitt-Kubbler semble être l’ex du Pr. Jacques Kopfershmitt, qui cautionne aujourd’hui honteusement le DU de M. Robery Kempenich à l’Université de  Strasbourg.

En effet, pour créer un D.U., il faut un responsable administratif, professeur titulaire de l’université, et puis un responsable des enseignements.

Ce document montre ainsi que non seulement le traitement anthroposophique par le gui est inefficace pour soigner le cancer, comme l’a révélé le reportage de Complément d’enquête sur France 2, mais qu’il peut se révéler être très dangereux.

Le document :


Charlie Hebdo : Médecine anthroposophique : Esotérisme à la FAC

22 JANVIER 2020 – CHARLIE HEBDO N°1435

Médecine Anthroposophique : ÉSOTÉRISME À LA FAC par Antonio Fischetti

L’université de Strasbourg dispense des formations de médecine anthroposophique. Basée sur de fumeux concepts ésotériques, cette médecine conduit notamment à soigner le cancer par des injections de gui fermenté.

Une dangereuse infiltration de spiritualisme occulte dans ce qui devrait être un temple de la pensée rationnelle.

Il existe toutes sortes de façons bizarres se soigner. Certains ingurgitent des granulés à l’eau de rinçage de vessie de putois, d’autres préfèrent les cataplasmes de potiron, et d’autres encore les yaourts au sperme d’abeille.

Que ce genre de pseudo-thérapies soient véhiculées par des groupes plus ou moins perchés, on a l’habitude. Mais qu’elles le soient au sein d’universités publiques, c’est nettement plus inquiétant. Et pourtant, dans le cadre de la formation continue à l’université Strasbourg, on peut suivre des cours de médecine anthroposophique, appliqués – notamment- à l’oncologie et la rhumatologie.

Le site de l’université vante la médecine anthroposophique, au motif qu’elle « propose un élargissement de la médecine universitaire sur laquelle elle se fonde, en intégrant dans sa démarche les niveaux biologiques, psychologiques et spirituels de l’homme ».

Pour apporter un peu de lumière dans ce ténébreux tunnel, faisons connaissance avec l’anthroposophie. C’est une doctrine ésotérique et spirituelle élaborée par l’autrichien Rudolph Steiner à la fin du 19e siècle.

Elle prétend être une « sagesse de l’homme » – signification littérale de la dénomination- proche de la nature.

Mais l’anthroposophie n’est pas qu’une théorie, elle a aussi des applications très concrètes, par exemple dans l’éducation (avec les fameuses écoles Steiner, régulièrement pointées pour leurs dérives sectaires), ou l’agriculture (la biodynamie, basée sur de mystérieuses influences planétaires).

Mais ce n’est pas le sujet.

Juste pour avoir un aperçu du gloubi-boulga anthroposophique, écoutons Grégoire Perra, l’un de ses plus farouches opposants à ce mouvement.

Il sait de quoi il parle, puisque ses parents l’ont placé dans une école Steiner quand il était gosse, et qu’il a longtemps enseigné dans l’une d’elles, avant de prendre définitivement ses distances et depuis, de dénoncer farouchement cette pseudo-sagesse (ce qui lui a valu plusieurs procès).

Bref florilège, donc, rapporté par Grégoire Perra : « les anthroposophes disent que les femmes ne doivent pas se couper les cheveux trop courts, car cela développerait leur agressivité… Ou encore que les taches de rousseur seraient le signe que vous avez été un idiot dans votre vie antérieure…. Et qu’il ne faut pas trop se laver pour ne pas user nos forces éthériques »…

Que peuvent donner de telles élucubrations dans le domaine médical ?

Comme on peut s’en douter, les médicaments classiques sont proscrits. D’abord, on ne soigne pas tout court. Ou alors, on se soigne tout seul. Dans l’anthroposophie, la maladie est vue comme message divin lié au karma. Si vous tombez malade, il faut voir cela comme une « bénédiction » qui vous aidera à vaincre vos péchés.

Empêcher la maladie de s’exprimer, c’est entraver le processus karmique, et augmenter le risque d’avoir des problèmes encore plus graves dans une vie future. Pour les anthroposophes, poursuit, Grégoire Perra, la maladie permet « une forme d’amélioration de son être profond.

Le médecin anthroposophe ne cherche donc pas tant à guérir son patient de ses maladies que de lui permettre une sorte de salvation et d’élévation de son âme ».

Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas que la vaccination soit peu appréciée. Officiellement, les médecins anthroposophes ne s’y opposent pas frontalement, mais Grégoire Perra rectifie le discours de façade : « ils disent qu’ils sont plus opposés à la vaccination, mais concrètement j’en ai vu faire de faux certificats de vaccination ».

Dans la même logique, les antibiotiques sont également bannis, car ils entravent le karma, « et autant que possible, il faut aussi éviter la chirurgie ».

Les médecins anthroposophes tolèrent cependant l’homéopathie, « car ils disent que cela peut susciter l’autoguérison ». Grégoire Perra souffrait de bruxisme, un trouble qui se traduit par un grincement nocturne des dents : « je suis allé voir un dentiste anthroposophe, il m’a dit de masser les mollets tous les soirs car les dents sont des réincarnations des pieds et des jambes ».

Au cours de ses années passées dans ce milieu, Grégoire Perra a pu être témoin de toutes sortes de prescriptions farfelues. Par exemple, ce médecin, « qui prescrit à une personne atteinte d’une grave dépression, de manger des salades spécialement broyées avec une machine venue d’allemagne coûtant plus de 500 euros ». Ou cet autre, qui pour « soigner » un enfant atteint d’une otite sévère, lui demande « de se mettre des oignons frits dans l’oreille »

Pour les cas plus sérieux, comme le cancer, les anthroposophes ont un remède miracle : le gui. Précisément, il s’agit d’extraits de gui blanc fermenté, qui sont injectés près des tumeurs. Pourquoi le gui ? A priori, pourquoi pas, il est vrai que de nombreuses plantes ont des propriétés médicinales.

En plus, le gui a un petit côté druide sympa, Astérix et Panoramix quoi. Sauf que dans la théorie anthroposophique, l’intérêt du gui est purement ésotérique.

L’être humain aurait un « corps physique » – ça, d’accord- mais au dessus de celui-ci, un « corps éthérique » associé au végétal… et encore un autre « corps astral » associé, lui, à l’animal. L’éthérique contribuerait à une prolifération anarchique de la vie, l’astral aurait l’effet inverse….

Et le gui serait un être à la fois végétal et animal (on ne voit pas d’où ça sort), c’est pourquoi il aiderait à combattre le cancer. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’on barbote dans la mélasse occulte.

Cela dit, la théorie pourrait être fumeuse, et le produit néanmoins efficace. Admettons. Mais il faudrait le prouver. De nombreuses études scientifiques ont été menées sur l’effet potentiel du gui sur le cancer.

Certaines d’entre elles – on peut penser qu’elles sont signées par des médecins anthroposophes – concluent à des effets positifs du gui… mais l’immense majorité d’entre elles, montre une absence totale d’effets.

Si la médecine anthroposophique n’était qu’un placebo, passe encore. Cependant, le problème de ce genre de thérapies, c’est qu’elles détournent généralement les patients des vrais traitements. Le « en plus de », devient vite « à la place de ».

Sur le site de l’université de Strasbourg qui présente la formation de rhumatologie anthroposophique, on peut d’ailleurs lire qu’elle permet « de diminuer voire d’éviter les traitements conventionnels ». Mais le plus souvent, c’est le double discours qui prédomine, précise Grégoire Perra : «quand ils sont critiqués, les médecins anthroposophes disent qu’ils n’apportent qu’ un complément. Mais avec leurs patients, ils laissent entendre que cela peut suffire.

Je connais des gens qui avaient un cancer et qui ont abandonné leur traitement classique pour se soigner avec la médecine anthroposophique, et ils en sont morts ».

Le Conseil national de l’ordre ne reconnaît pas la médecine anthroposophique, et il a déjà sanctionné deux médecins qui prescrivaient des injections de gui fermenté à des patients atteints de cancer. Mais alors, pourquoi ne condamne-t-il fermement pas les formations de médecine anthroposophique dans une université publique ? Il nous répond que « ce n’est pas du ressort du conseil de l’ordre, car les universités sont autonomes et peuvent délivrer les cours qu’elles veulent ».

Il faut ajouter qu’à raison de plus de 1000 euros par stagiaire et par semaine, les formations de médecine anthroposophique doivent représenter un apport financier non négligeable pour la fac de Strasbourg.

Mais au-delà de tous arguments, c’est aussi une affaire une affaire de principes. Même si la médecine avance souvent par tâtonnements, elle se doit d’être basée sur une démarche rationnelle et l’apport de preuves.

Qu’une fac dispense des cours de médecine anthroposophique, cela contribue à brouiller les repères entre Raison et pensée magique. On a pas besoin de ça, surtout dans le contexte actuel, où la pensée rationnelle recule de plus en plus devant les délires obscurantistes.

Antonio Fischetti


Pédagogie Steiner : Document destiné à la préparation de l’entretien pour l’entrée en première classe

Aujourd’hui, nous diffusons un document important pour les enfants intégrant les écoles de la pédagogie Steiner : Le document destiné à la préparation de l’entretien pour l’entrée en première classe.

Ce sont les questions typiques de l’entretien d’entrée au jardin d’enfants d’une école Steiner Waldorf.

Vous le remarquerez, il s’agit de questions assez intimes.

Le document :


Complément d’Enquête : Anthroposophie : l’étrange médecine

“Complément d’enquête” sur la médecine anthroposophique, une approche controversée qui forme des médecins en France, possède des cliniques, et prétend soigner le cancer par le gui…

Dans la nébuleuse des médecines “alternatives”, c’est peut-être la plus mystérieuse : l’anthroposophie, littéralement “la sagesse de l’homme”, un courant spirituel qui mêle connaissances scientifiques et croyances ésotériques.

L’anthroposophie a été fondée au début du XXe siècle par l’écrivain autrichien Rudolf Steiner, qui propose un nouveau mode de vie. Un siècle plus tard, son mouvement prospère: les anthroposophes ont fondé leur propre banque, leur agriculture avec un label certifiant la “biodynamie”, et des écoles avec leur propre pédagogie.

Un secteur lucratif

Mais la médecine est l’un des secteurs les plus lucratifs de l’anthroposophie, qui revendique plus de 3 000 médecins et une quinzaine de cliniques en Europe. Fleuron du mouvement, les laboratoires Weleda et leurs 400 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Enquête sur ce mouvement controversé, une médecine qui s’appuie sur des médicaments issus des plantes et minéraux et qui prétend soigner le cancer avec des injections d’extrait de gui. Peut-on faire confiance aux anthroposophes ?

Une enquête de Louis Milano-Dupont diffusée dans “Complément d’enquête” le 12 décembre 2019.


 

Diffusé le 12 Décembre 2019, sur France 2, ce petit reportage (25 Minutes), et actuellement disponible en replay mais sans doute pour un temps limité.

Aux fins de documentation, d’information, et d’intérêt général, il me semble important de mettre à disposition ce reportage.

Informations :

Langue : Français
Format : MP4

Taille : 186 Mo
Durée : 24 Min. 50
Année de diffusion : 2019

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