Document interne de la NEF : Note sur la maîtrise du risque de réputation liée à l’anthroposophie

Le texte que nous publions ici est un document interne de la NEF, qui dévoile leur stratégie de communication à l’égard de l’anthroposophie.

Il a été rédigé peu de temps après la sortie de l’article de Jean-Baptiste Malet sur l’anthroposophie dans le Monde Diplomatique.

Leo Miranda, chef de la Communication cité dans ce document, avait contacté Grégoire Perra pour le menacer de procès.

Ce texte est important, car il nous apprend plusieurs choses :

– La NEF souhaite ne pas répondre aux critiques, cependant elle se réserve le droit de porter plainte en diffamation si les conséquences médiatiques de certaines publications sont un jour trop importantes.

– Rappelons que La NEF argumente en disant qu’aucune association anthroposophique n’est représentée dans son Conseil de Surveillance : Elle joue ici clairement sur les mots, puisque Terre de Liens, par exemple, est bien représentée au Conseil de Surveillance et possède elle-aussi des liens avec l’anthroposophie, ne serait-ce que pour sa fondation.

De plus, des anthroposophes purs et durs font partie de ce Conseil de Surveillance, comme nous le révélions dernièrement ainsi que dans l’article de Skeptics in the Pub Valais.

– La NEF argumente aussi qu’elle ne finance qu’un petit nombre de projets directement liés à l’anthroposophie.

Or, d’une part, un examen de ses projets montrent que, bien que minoritaires, le nombre de ces projets n’est pas négligeable. Et, d’autre part, ceux qui connaissent l’anthroposophie savent que la stratégie de cette mouvance sectaire à toujours consisté à se faire discrète et à avancer masquée.

– Ce document daté de 2019 montre par ailleurs que La NEF est sur le qui-vive depuis cette date, se donnant la possibilité d’attaquer en justice ceux qui se questionnent ou dénoncent ses liens avec le mouvement anthroposophique si ceux-ci faisaient trop de bruit.

– Nous apprenons aussi qu’elle dispose d’un réseau de 300 bénévoles qui agissent sur les réseaux sociaux pour tenter de préserver la e-réputation de La NEF.

Procès, instrumentalisation des réseaux sociaux, stratégie de dissimulation : on reconnaît bien là des similitudes avec les méthodes des anthroposophes !

 

Note sur la maîtrise du risque de réputation liée à l’anthroposophie :

 


Troisième partie : Analyse par Shadow Ombre des bulletins internes de la Société Anthroposophique en France

Suite à la diffusion des Bulletins internes de la Société Anthroposophique en France : Partie 1 : 1979-1985, Shadow Ombre a rédigé une petite analyse très pertinente, nous la publions ici.

 


Leaks des Bulletins de la Société Anthroposophique – Année 1979, ça commence fort.

Comme une peur de passer pour une secte :

Janvier 1979 – Aux anthroposophes qui osent dire que Rudolf Steiner n’est pas celui qui a défini l’anthroposophie et son avenir : vous mentez sciemment.

Janvier 1979 – En suivant les traces saintes de Rudolf Steiner, les anthroposophes sont “les précurseurs du genre humain :

Janvier 1979 – Les congrès de la St Michel n’ont pas seulement lieu au sein de la Société Anthroposophiques, mais aussi dans les écoles.

Mais bien sûr, les deux n’ont rien à voir.

Février 1979 – Quand il est rappelé que les Dieux sont en accord avec la Société Anthroposophique qui bénéficie par leurs biais de nombreuses révélations spirituelles.

Mais bien sûr, Steiner n’est pas prophète et l’anthroposophie une religion.

Février 1979 – Et ensuite, on confirme que les écoles Waldorf, les instituts curatifs, les cliniques anthroposophiques, les laboratoires type Weleda, etc. sont des annexes de l’anthroposophie. Mais bien sûr, ce n’est pas de dérives sectaires…

Février 1979 – Les anthroposophes se félicitent du succès des écoles Waldorf.

Février 1979 – Ceux qui font vivre les annexes (la périphérie) doivent absolument se consacrer à l’anthroposophie (le centre).

Février 1979 – L’anthroposophie est un syncrétisme New Age.

Février 1979 – L’eurythmie (obligatoire dans les écoles Waldorf) n’est, apparement, pas une simple danse.

Elle une danse occultiste :

Février 1979 – Ah les apports de la médecine anthroposophique…

Février 1979 – Ah, les assemblées générales de la Société Anthroposophique se font dans les écoles Waldorf ? Carrément ?

Février 1979 – La Société Anthroposophique en France paye une dîme à la Société Anthroposophique Universelle.

Avril 1979 – Encore une Assemblée Générale de la Société Anthroposophique dans une école Waldorf.

Avril 1979 – La Nef et les écoles Waldorf servent à faire pénétrer l’anthroposophie dans la Société.

Les anciens élèves se sentent “investis d’une responsabilité”. Mais bien sûr, ce n’est pas là un signe de dérive sectaire.

Avril 1979 – Hey, les gars ! Surtout, faut pas qu’on nous prenne pour une secte :

Avril 1979 – Des instituts de pédagogie curative et une école Waldorf se développent grâce à une branche de la Société Anthroposophique Suisse.

Mais bien sûr, en toute “indépendance”… :

Avril 1979 – Les anthroposophes se servent des journaux locaux pour promouvoir leurs structures dans le but d’une “pénétration spirituelle” :

Juin 1979 – Une rencontre d’anthroposophes se déroule dans un domaine viticole en biodynamie. P. Della Negra, membre de la Société Anthroposophique et créateur du Foyer Michael est un des animateurs.

Juin 1979 – A sa création la Nef a pour but d’aider et réaliser les projets issus d’initiatives anthroposophiques.

Après réflexions lors de réunions (notamment dans 4 écoles Waldorf), la Nef prévoit un séminaire international des banques anthroposophiques.

Vive la finance éthique !

Novembre 1979 – Le premier Goethanum construit en bois et détruit existe toujours dans sa forme spirituelle, sur le plan éthérique.

De là vient la fameuse méditation de “La pierre de Fondation” chère aux anthroposophes.

Novembre 1979 – A Lyon, un même local est occupé par des élèves Waldorf et des membres de la Société Anthroposophique.

Mais promis, aucun mélange des genres.