La scientologie s’installe à Saint-Denis «pour viser un public parfois plus fragile»

SECTE Une entreprise contrôlée par l’Eglise de la scientologie a acheté un bâtiment à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. Une installation qui fait peur à certains habitants et embarrasse la mairie.

  • Un bâtiment, stratégiquement bien situé à Saint-Denis, a été racheté l’année dernière par une entreprise liée à l’Eglise de la scientologie.
  • Rien n’a été fait du côté des pouvoirs publics pour empêcher cette transaction et l’opération a été dévoilée récemment par voie de presse.
  • Population plus pauvre et parfois moins bien informée, le choix de Saint-Denis pour s’implanter ne serait pas un hasard pour certains.

« Ici ? Non je ne sais pas trop… » Sur l’avenue du Président-Wilson à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), aucun passant ne semble connaître, ni même s’intéresser au nouveau propriétaire du bâtiment octogonal situé au 272. Installé dans le quartier d’affaires de la Plaine Saint-Denis, à quelques minutes du stade de France et d’un quartier résidentiel, l’immeuble de plus de 7.000 m2 a été racheté à Panasonic l’année dernière par une entreprise liée à l’église de la scientologie.

Si l’organisation n’a pas répondu à 20 Minutes concernant la nature du projet dans ce lieu, une demande d’autorisation de travaux dans le but d’accueillir du public a été déposée à la préfecture. Toute cette opération s’est faite dans la plus grande discrétion et n’a été dévoilée au public que mi-janvier, via un article du Parisien.

« La scientologie ? C’est quoi ça ? »

Du coup, ce mardi matin, sur le marché de Saint-Denis, aucun habitant ne semble au courant de l’arrivée dans la commune de cette entreprise religieuse, considérée comme une secte. Même les contours de la « scientologie », semblent assez flous pour certains. « La scientologie ? C’est quoi ça ? », demande un jeune homme à un autre.

 

« C’est un peu comme les témoins de Jéhovah », obtient-il comme réponse. De son côté, Marianne qui associe plutôt l’organisme aux francs-maçons, s’inquiète de leur arrivée dans la ville : « Je pense que je pourrais tomber dans un de leurs pièges, tout comme mes amis. »

Pour Antoine Mokrane, militant au Parti socialiste, le choix de la ville n’est pas un hasard. « Elle compte s’implanter ici pour viser un public parfois plus fragile et moins informé des risques, explique à 20 Minutes le jeune homme qui a lancé une pétition contre son installation. Elle a déjà commencé en organisant des opérations nettoyage du quartier Franc-Moisin sous le label d’une association qui émane de la scientologie. »

Sur son site, la fameuse association explique vouloir « arrêter le déclin moral actuel de la société », en rendant à l’homme « son intégrité » et sa « confiance en lui », via la distribution de livrets titrés « Plus cool la vie », contenant « 21 principes pour une vie meilleure ». Des préceptes écrits par L. Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie.

Des milliers de livrets régulièrement distribués

Des actions dont l’Eglise de la scientologie ne se cache pas. Sur son site, elle explique que cette association distribue régulièrement ces livrets « par milliers d’exemplaires depuis le mois de novembre chaque semaine dans différents quartiers » de Saint-Denis.

« Samedi dernier [le 12 janvier], une douzaine de bénévoles ont monté une tente devant la basilique de Saint-Denis pour présenter et distribuer aux habitants plus de 2.500 livrets en trois heures », peut-on lire dans un communiqué.

« A Los Angeles, ce livret a permis de sceller la paix entre deux gangs rivaux et de recréer un climat de sécurité », est-il écrit dans un second qui assure que les 21 préceptes « ont un effet apaisant sur la délinquance et la sécurité ».

« Je ne les approche pas, donc je ne suis pas inquiet », assure Mohammed, habitant de longue date à Saint-Denis. « Je ne pense pas que les gens se feront avoir. Ils sont plus malins que ça », lance un jeune homme assis à côté de lui. Mais il faut savoir que les membres de la scientologie adaptent leurs méthodes en fonction du public qu’ils ont en face d’eux.

« J’ai vu dans un reportage qu’ils approchaient les gens en les aidant par exemple à trouver un emploi, un logement ou même pour obtenir des papiers », raconte Fatima. Ce simple exemple semble déjà faire vaciller l’avis du jeune homme jusque-là assez sûr de lui : « C’est vrai que si c’est bénéfique et que cette structure aide certaines personnes, je ne vois pas forcément ça d’un mauvais œil. »

« Il y a ici des gens qui sont dans la détresse, qui rencontrent des difficultés au quotidien et qui ont donc besoin d’aide. Ce sont ces personnes-là en particulier qui pourraient être happées et abusées, analyse Louise, catastrophée par la présence de l’église de la scientologie à Saint-Denis.

A titre individuel, on doit faire attention, mais à notre niveau, nous n’avons pas le pouvoir d’empêcher ces sectes de s’installer. C’est à la mairie et au pouvoir public de le faire. »

« Traiter cette transaction uniquement sur un point administratif était une erreur »

A la mairie justement, la polémique grandissante autour de l’affaire semble légèrement déranger. « Monsieur le maire [Laurent Russier, FDG] ne souhaite pas être interviewé sur ce sujet », répond par mail son assistante à notre demande d’entretien. Plus bavard et contacté précédemment, son 3e adjoint Bally Bagayoko nous assure que la ville a été « alertée trop tard ».

« J’ai découvert l’affaire dans la presse il y a quelques semaines et le maire ne m’a jamais dit qu’il était au courant avant », confie-t-il. « La ville était au courant de la transaction depuis 2017, dément Antoine Mokrane. Elle n’a rien fait. Même pas un courrier. La mairie est pourtant prompte à s’ériger contre toutes sortes de choses mais là c’était silence. C’est grave. »

Bally Bagayoko nous affirme que « légalement », la mairie ne pouvait « rien faire », car la transaction était légale et privée. Cependant, il reconnaît que « traiter cette transaction uniquement sur un point administratif était une erreur ». Le chef de file de la France Insoumise à Saint-Denis explique à 20 Minutes que ce genre de transaction financière passe par une validation des services de la mairie et de l’agglomération.

Sans nous indiquer si ces services n’ont pas fait remonter l’information ou si celle-ci n’a pas été prise en compte, il admet qu’il y avait « un devoir d’alerte ». « La mairie peut indiquer à un propriétaire qu’elle n’est pas d’accord avec son choix de nouvel acquéreur. Il y a alors un rapport de force politique qui s’installe, mais le propriétaire a souvent tout intérêt à conserver de bons rapports avec la collectivité. »

Pour le 3e adjoint au maire, « la bataille n’est pas terminée ». « Il faut adresser un courrier au nouveau propriétaire pour peser sur la nature de son projet que l’on ne connaît pas vraiment.

Lui indiquer que la collectivité et la mairie ne souhaitent pas que le lieu ait une activité d’Eglise de scientologie. » De son côté, Antoine Mokrane qui est en train de monter un collectif, va organiser des manifestations devant le bâtiment du 272 de l’avenue du Président-Wilson, mais aussi devant la mairie.

 

L’article du 20 Minutes.


La scientologie s’installe à Saint Denis

Voici une petite compilation de cinq articles de presse sur l’installation à venir de la secte scientologie à Saint-Denis, dans le nord de Paris.

  1. Le Parisien / 10 janvier 2019 / Lien de l’article.

La scientologie s’installe à Saint-Denis

Le mouvement, scruté de près par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, a acheté un immeuble de bureaux dans le quartier d’affaires de La Plaine.

Un octogone de verre massif, posé au bord de l’avenue vrombissante du Président-Wilson à Saint-Denis. L’immeuble est particulièrement visible, dans ce quartier qui a vu pousser les sièges d’entreprises tous azimuts au fil des dernières décennies. C’est là que devrait bientôt s’installer l’église de scientologie, sous l’œil vigilant des pouvoirs publics.

Le bâtiment, 7 331 m 2, a changé de mains l’an dernier. Le fonds d’investissement allemand qui en était propriétaire l’a vendu à une société américaine, « contrôlée indirectement par l’Eglise de scientologie », indique un document lié à cette transaction. L’acheteur a déboursé la somme rondelette de 33 M€.

Son arrivée provoque un malaise

L’opération est parfaitement légale. Mais l’arrivée à Saint-Denis de cette organisation, classée parmi les mouvements sectaires par un rapport parlementaire en 1995 (lire ci-dessous), crée le malaise. « La municipalité sera particulièrement attentive au respect de la loi dans l’évolution du bâtiment tout comme dans son utilisation », indique-t-on du côté de la mairie PCF.

Jusqu’alors, on ne connaissait au mouvement fondé par l’Américain Ron Hubbard qu’une adresse en Ile-de-France : le « Celebrity Centre », situé rue Legendre à Paris (XVIIe).

Pourquoi cette aquisition en Seine-Saint-Denis ? Contactée, l’église de scientologie n’a pas répondu à nos questions.

Les acquéreurs ont déposé une demande d’autorisation de travaux, en vue d’accueillir du public. Le dossier est instruit « avec vigilance », indique la préfecture de Bobigny.

« On a déjà beaucoup de prêchi-prêcha dans le secteur »

Le lieu a-t-il vocation à devenir une « vitrine » du mouvement, dans un quartier qui accueillera les Jeux olympiques de 2024 ? A-t-il l’intention de développer ses activités en direction des entreprises (formations, conférences) ? En 2014, déjà, des adeptes de la scientologie avaient distribué à tour de bras des livrets « contre l’insécurité » dans les rues de Saint-Denis.

Parfaitement au fait de cette arrivée annoncée, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) rappelle que l’organisation « se caractérise par son prosélytisme […] à l’occasion d’un test de personnalité gratuit, de la diffusion de tracts ou de brochures, de conférences « d’introduction » gratuites… »

Un prosélytisme « parfois pernicieux dans la mesure où les liens avec l’Eglise de scientologie n’apparaissent pas toujours sur les tracts ».

Dans le quartier de La Plaine, la perspective inquiète. « On a déjà beaucoup de prêchi-prêcha dans le secteur, déplore Valérie, une habitante. Ce n’est pas la scientologie, mais d’autres mouvances, qui parlent de l’apocalypse, endoctrinent les adultes et les jeunes… »

« Personne n’est au courant parmi mes collègues, assure Pascal Lacroix, syndicaliste au sein d’une grande entreprise de La Plaine. Si ça n’a pas d’impact sur le voisinage, je ne manifesterai pas devant l’immeuble. Mais il faudra veiller à ce que ça ne soit pas un camp de base, pour irriguer tout le secteur. »

QU’EST-CE QUE LA SCIENTOLOGIE ?

L’Eglise de scientologie est un mouvement fondé aux Etats-Unis par l’auteur de science-fiction Ron Hubbard en 1954. Considéré comme une religion dans certains pays, le mouvement compterait peu d’adeptes en France. Il a été classé parmi les sectes par un rapport parlementaire en 1995.

Depuis l’Etat n’établit plus de listes des organisations jugées sectaires « mais poursuit les dérives sectaires », souligne la Miviludes, qui compare l’église de scientologie à une « multinationale extrêmement puissante, avec des moyens financiers très importants ».

Elle rappelle qu’en octobre 2013, deux des principales structures de la scientologie ont été définitivement condamnées pour escroquerie en bande organisée, recel aggravé, extorsion. Deux de ses dirigeants ont été condamnés à des amendes pour exercice illégal de la pharmacie.


2. Le Parisien / 11 janvier 2019 / Lien de l’article.

Saint-Denis : la scientologie n’est pas la bienvenue

Les réactions politiques sont vives, à la perspective de voir le mouvement, autrefois qualifié de secte, mettre le pied à Saint-Denis.

Il ne s’était pas encore exprimé publiquement sur le sujet. Ce vendredi, le maire (PCF) de Saint-Denis, Laurent Russier, a tenu à mettre les points sur les i : « La scientologie, même derrière un paravent associatif, n’est pas la bienvenue à Saint-Denis. »

Si l’édile le précise, c’est que la perspective de voir le mouvement, fondé par l’Américain Ron Hubbard, mettre le pied dans la commune, fait beaucoup réagir.

Comme l’a révélé Le Parisien, une société américaine liée à l’église de scientologie a acquis en 2017 un immeuble de bureaux de 7 331 m2, pour la somme de 33 M€.

L’opération est légale. Le vendeur était un fonds d’investissement allemand. « Ce propriétaire a vendu en toute connaissance de cause et une telle vente ne peut pas être empêchée », assure Laurent Russier.

Une pétition contre l’arrivée de l’église

Pourtant, certains reprochent à la mairie de n’avoir pas réagi assez fermement : « A Saint-Denis, on peut préempter un petit commerce, un appartement…

Mais on ne peut pas avoir un droit de regard face à une organisation comme la scientologie ? », s’interroge Antoine Mokrane, militant socialiste.

Ce dernier a lancé une pétition sur Internet, contre l’installation de l’organisation, qualifiée de secte par un rapport parlementaire en 1995, dont des dirigeants ont été condamnés en 2013 pour escroquerie et exercice illégal de la pharmacie.

Mathieu Hanotin, conseiller départemental PS (et candidat déclaré aux prochaines municipales) tacle aussi Laurent Russier : « Je trouve que la position du maire manque de fermeté et de courage. »

Un courrier au ministre de l’Economie

« Contrairement à ce que certains disent, il ne suffit pas de brandir le droit de préemption, s’agace l’édile communiste. On peut l’utiliser quand un prix est anormalement bas, ou lorsqu’il existe un projet urbain. » Et il contre-attaque : « Lorsqu’en mars 2017 nous avons alerté les autorités, le ministre de l’Intérieur était socialiste, le député de la circonscription aussi [NDLR : Mathieu Hanotin]. Personne n’avait réagi à l’époque… »

De son côté, le député (PC) Stéphane Peu indique qu’il va écrire au ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, « pour l’interpeller sur ce fonds d’investissement allemand qui a passé outre toutes les demandes et préventions, et pris une décision allant contre l’intérêt général ».

Contactée, l’église de scientologie n’avait pas répondu à nos questions sur l’usage qu’elle compte faire du bâtiment, situé dans le quartier de La Plaine. Une demande d’autorisation de travaux a été faite, en vue d’accueillir du public. Dossier instruit « avec vigilance » par la préfecture de Bobigny.


3. Le Figaro / 11 janvier 2019 / Lien de l’article

La scientologie débarque à Saint-Denis

La scientologie a acheté un immeuble à Saint-Denis dans le quartier d’affaires de La Plaine selon Le Parisien . L’arrivée du mouvement, classé parmi les mouvements sectaires par un rapport parlementaire en 1995, inquiète.

» LIRE AUSSI – «La Scientologie reste notre adversaire le plus coriace»

«La municipalité sera particulièrement attentive au respect de la loi dans l’évolution du bâtiment tout comme dans son utilisation», a déclaré la mairie PCF de Saint-Denis.

Le mouvement avait déjà des locaux dans le XVIIe arrondissement de Paris, le «Celebrity Center». Une demande d’autorisation de travaux a été déposée afin de permettre au bâtiment d’accueillir du public. La préfecture de Bobigny en charge du dossier indique instruire le dossier «avec vigilence».

Pour la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) le mouvement «se caractérise par son prosélytisme […] à l’occasion d’un test de personnalité gratuit, de la diffusion de tracts ou de brochures, de conférences “d’introduction” gratuites…» Un prosélytisme « parfois pernicieux dans la mesure où les liens avec l’Eglise de scientologie n’apparaissent pas toujours sur les tracts».

Certains habitants s’inquiètent aussi de l’arrivée de l’organisation. «On a déjà beaucoup de prêchi-prêcha dans le secteur, déplore Valérie, une habitante. Ce n’est pas la scientologie, mais d’autres mouvances, qui parlent de l’apocalypse, endoctrinent les adultes et les jeunes…»


4. Le Figaro / 17 janvier 2019 / Lien de l’article

L’église de scientologie arrive à Saint-Denis

L’église de scientologie a acquis récemment un immeuble imposant pour 33 millions d’euros, à Saint-Denis, dans le quartier d’affaires de la Plaine. Elle demande une autorisation d’y faire des travaux en vue d’accueillir du public.

L’église de scientologie s’installe à Saint-Denis. L’organisation vient d’acheter un immeuble imposant, dans le quartier d’affaires de la Plaine, à proximité du Stade de France, pour 33 millions d’euros, confirme à France Bleu Paris la ville de Saint-Denis, comme l’annonçait ce vendredi le journal Le Parisien.

Cela ne peut pas nous faire plaisir” commente sobrement David Proult, adjoint au maire de la ville en charge de l’urbanisme. “Le droit de l’urbanisme ne nous permet pas de nous opposer à l’achat de ce bien” ajoute-t-il.

Que va y faire l’organisation? Nul ne le sait. Elle compte en tout cas accueillir du public dans le bâtiment et pourrait y installer son siège français, selon une source en mairie de Saint-Denis.

La préfecture de Seine-Saint-Denis confirme avoir reçu un “dossier de demande d’autorisation de travaux“, transmis par la ville aux services de l’Etat, et qu’il est en cours d’instruction.

Une organisation surveillée par la mission de lutte contre les dérives sectaires

Dans son dernier rapport, publié au printemps 2018, la mission Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) pointe le “prosélytisme actif” de l’organisation et l’augmentation des signalements à son sujet.

La ville de Saint-Denis indique vouloir signaler aux habitants et aux entreprises du territoire l’identité de ce futur voisin. “On alertera sur les activités de ce groupe et nous espérons que l’Etat puisse jouer son rôle si cette organisation a des activités répréhensibles” précise David Proult.


5. LeJSD / 16 janvier 2019 / Lien de l’article

A la Plaine/ La scientologie non désirée

Une société américaine liée à la scientologie, mouvement régulièrement dans le viseur de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, vient d’acquérir un immeuble avenue Wilson…

Les scientologues vont-ils ouvrir une église à Saint-Denis ? C’est la question posée par l’acquisition d’un bâtiment par une société américaine liée au mouvement scientologue.

L’ancien siège de Samsung, situé avenue du Président-Wilson à la Plaine, à proximité du Stade de France, a été acheté en 2017, selon des informations révélées le 10 janvier par Le Parisien.

Cet édifice en verre de 7 331 m2 a été vendu par un fonds d’investissement allemand pour la somme de 33 millions d’euros. La scientologie n’a pas communiqué sur cet achat. Néanmoins, une demande d’autorisation de travaux en vue d’accueillir du public a été déposée à la préfecture de Bobigny.

Fondé en 1953 aux États-Unis par l’auteur de science-fiction L. Ron Hubbard, ce mouvement a été qualifié de secte par un rapport parlementaire français daté de 1995.

Il compte une église dans le 17e arrondissement de Paris, rue Legendre. La scientologie est régulièrement dans le viseur de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). En 2013, le mouvement a été condamné pour escroquerie en bande organisée, accusé d’avoir profité de la vulnérabilité d’anciens adeptes pour leur soutirer d’importantes sommes d’argent.

Une opération immobilière légale

Totalement légale, l’opération d’achat à la Plaine a néanmoins suscité de fortes réactions. « Les dérives sectaires n’ont pas leur place à Saint-Denis, a dénoncé la mairie communiste. Dès mars 2017, la municipalité a alerté la préfecture et le ministère de l’Intérieur sur l’installation de la scientologie dans notre ville », a-t-elle affirmé.

Des opposants ont néanmoins critiqué la position de la Ville. « Il est incompréhensible que la mairie laisse faire. Il faut saisir tous les moyens possibles légaux pour empêcher cette installation », a reproché le militant socialiste Antoine Mokrane dans une pétition lancée vendredi 11 janvier contre l’établissement de la scientologie à Saint-Denis.

« Le droit ne permet pas aux mairies d’interdire l’achat d’un bâtiment par une association, même lorsqu’elle a été condamnée à de multiples reprises, se défend la municipalité. Le droit de préemption doit être justifié légalement. La municipalité sera particulièrement attentive au respect de la loi dans l’évolution du bâtiment tout comme dans son utilisation », prévient-elle.

Aziz Oguz


 


Meurtre dans la scientologie : un membre poignardé dans une église en Australie

Paris Match |

Un adolescent de 16 ans a été arrêté en Australie après qu’un membre de la Scientologie a été retrouvé mort dans une église.

Un crime brutal. Un adolescent de 16 ans a été arrêté jeudi en Australie après avoir poignardé un homme de 24 ans dans une église scientologue.

D’après le site News.au., le garçon se serait mis en colère après avoir été escorté hors du bâtiment pour une dispute familiale survenue la veille. Au moment où il était amené dehors, il a sorti un couteau de 25 centimètres et a attaqué la victime originaire de Taïwan au niveau de la gorge.

Encore vivant au moment de l’arrivée des secours, l’homme n’a pas survécu. Une autre victime de 30 ans a elle aussi été attaquée mais ne souffre que de blessures mineures.

Sur place, la police a été contrainte de menacer le suspect avec des pistolets tasers pour lui faire lâcher son arme avant de le conduire au commissariat.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux hommes attaqués par l’adolescent travaillaient au sein de l’église et tentaient de comprendre pourquoi le jeune garçon n’avait pas le droit d’être là. «Il avait légalement le droit d’être ici et ils lui ont demandé de partir pour différentes raisons que nous devons encore établir.

Pour cela, nous devons interroger toutes les personnes qui travaillent ici», a déclaré l’inspecteur Simon Jones aux médias. «Ce que nous savons c’est qu’un incident la veille a provoqué le fait qu’il doive s’en aller», a-t-il ajouté. Il a également expliqué qu’un membre de la famille du garçon se trouvait à l’église ce jour-là.

D’après le «Daily Telegraph», la personne que le garçon cherchait à voir était sa mère, membre comme son père de la scientologie, qui aurait raconté ce qui s’était passé la veille avec lui et aurait demandé à ce qu’il n’entre pas dans les lieux.

Des informations qu’aucun membre présent n’a souhaité confirmé au journal. L’Eglise a simplement regretté dans un communiqué que l’un de ses «membres bien aimé» ait été tué. «Cette affaire très regrettable est entre les mains de la police.

Nous ne pouvons faire aucun commentaire au-delà du fait que la victime était un membre aimé de notre Eglise. L’Église fournit à la police toute l’assistance nécessaire dans son enquête», peut-on lire.

Article Original : Paris Match.


Canada : La Commission des normes du travail réclame 900 000 $ (800 000 euros) à la scientologie

La Commission des normes du travail réclame 900 000 $ (800 000 euros) à l’Église de scientologie

Des employés de l’Église de scientologie de Québec ont été sous-payés, conclut la CNESST au terme d’une enquête.

Le chien de garde des normes du travail lui réclame maintenant près de 1 million de dollars au nom d’une soixantaine de travailleurs.

En juin dernier, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a déclenché une enquête à la suite d’un reportage d’Enquête qui révélait que des employés de l’Église de scientologie à Québec étaient payés en deçà du salaire minimum.Conclusion de la CNESST : des centaines de milliers de dollars n’ont pas été versés à des salariés, en contravention avec la loi.

Les sommes réclamées à l’Église frôlent le million de dollars, détaille un document judiciaire obtenu par Radio-Canada.La CNESST demande à la Cour supérieure de condamner l’Église de scientologie de Québec à lui verser les montants suivants au nom de 62 employés.

Salaires + vacances : 754 048 $

Indemnité pour la CNESST : 150 809 $

Le montant qui atteint 904 857 $ sera assujetti à des intérêts.

« [La CNESST] peut, pour le compte des salariés, réclamer de leur employeur les sommes dues en vertu de la Loi sur les normes du travail », affirme la Commission dans sa demande déposée en cour.

Le recours au tribunal par la CNESST survient à la suite de l’envoi d’une mise en demeure à l’Église de scientologie de Québec, qui « refuse ou néglige de payer les sommes dues », ajoute le document.

Cette démarche est la première étape pouvant mener la CNESST à poursuivre l’Église de scientologie de Québec au civil.

Au moment de diffuser ce reportage, l’organisation religieuse n’avait pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Travailleurs religieux

Des membres de l’Église de scientologie recevaient des salaires sous le seuil du salaire minimum, sous prétexte qu’ils sont des « travailleurs religieux », a révélé Enquête en juin dernier, talon de paye à l’appui.

Par exemple, un membre du personnel aurait travaillé près de 40 heures au cours d’une semaine pour un salaire de 70 $, c’est-à-dire moins de 2 $ de l’heure :

Relevé de paye de l’Église de scientologie de Québec Photo : Source confidentielle

L’Église de scientologie de Québec n’avait pas voulu répondre aux questions au sujet du salaire minimum.

Par courriel, la porte-parole de l’Église de scientologie soutenait que les membres de son personnel n’étaient pas des « employés », mais des « travailleurs religieux ».

« Ils contribuent volontairement aux activités de l’Église et [à] ses buts humanitaires. Ils ne travaillent pas pour un gain monétaire, mais pour aider les autres », affirmait Michelle Lacombe, porte-parole de l’organisation.

La ministre responsable du Travail en poste en 2018, Dominique Vien, s’était dite préoccupée par les révélations de Radio-Canada.

« J’ai demandé à la CNESST d’aller vérifier ce qui se passe là-bas […] Quand on aura du nouveau, on vous le fera savoir », a-t-elle dit dans les corridors de l’Assemblée nationale.

L’Église de scientologie a des bureaux dans les villes de Québec et de Montréal. Elle est aussi présente ailleurs au pays et dans le monde.

 

Source : La Commission des normes du travail réclame 900 000 $ à l’Église de scientologie.


Suisse : Deux jeunes adultes sortent de la scientologie : ils témoignent de l’emprise mentale subie

Cet article est une traduction de l’Allemand d’un article publié le 26/12 dans le 20 Minutes à l’adresse suivante.


Physiquement, nous sommes libres, mais emprisonnés dans la tête.

 

Leonard Buschor et Sabrina David ont tous deux grandi dans les griffes de la Scientologie.

L’année dernière, ils en sont sortis.Leonard Buschor, 19 ans, a grandi dans une famille adepte de la Scientologie. J’ai grandi en pensant que L. Ron Hubbard était Dieu, a-t’elle déclarée.

Dans le monde entier, beaucoup de gens vivent dans les griffes de l’Église de Scientologie, perdent leur existence et sont contraints à la dévotion. Il est presque impensable de trouver un moyen de sortir de la secte malgré les manipulations et l’isolement – mais Leonard Buschor et Sabrina David l’ont fait : l’année dernière, ils ont osé se retirer et finalement tourner le dos à la Scientologie. Comme cette décision a été difficile pour eux, ils racontent ici.

Début d’une nouvelle vie

Je me sens renaître et je peux recommencer ma vie de zéro, a déclaré Leonard Buschor, 19 ans.
Il a passé toute sa vie dans les cercles de la Scientologie, isolé du monde extérieur. Il a déjà grandi dans une famille d’adeptes de la Scientologie. J’ai grandi en pensant que L. Ron Hubbard était Dieu, a déclaré Buschor.

Ce n’est qu’après son départ qu’il a découvert la réalité. Le nouveau départ a également fait ses adieux: Mes parents ont rompu le contact avec moi.

Aujourd’hui, il fait beaucoup de choses et va mieux, mais la lutte constante entre le passé et le futur demeure : Les scientologues me poursuivent, ils connaissent ma  nouvelle adresse malgré mon déménagement.

Personnes exploitées.

Sabrina David a aussi un destin similaire à Buschor : Elle a rejoint la secte à l’adolescence: J’étais dans une phase difficile de ma vie à cause du divorce de mes parents.

Dans la secte, elle espérait trouver une oreille ouverte et du soutien. Lors de l’audit, tout le monde est obligé de vider complètement son cœur. De manière manipulatrice, le culte exploite les faiblesses des adeptes avec autant de talent.

La jeune femme de 30 ans a vécu huit ans à Berlin et était employée de la Scientologie jusqu’à ce qu’elle réussisse à sortir l’an dernier.

À Berlin, elle travaillait pour la secte pour cinq à dix francs suisses par semaine. Son séjour à l’étranger a été particulièrement influent pour elle: J’ai été agressée physiquement par mon supérieur dit-elle.

L’indépendance est synonyme de liberté ?

À quoi ressemble la vie quotidienne après être sorti ? Une chose est claire : pour Buschor et David, la scientologie n’est en aucun cas une chose du passé : Physiquement, nous sommes libres, mais nous sommes toujours pris au piège psychologiquement.

Tous deux sont maintenant assistés psychiatriquement pour traiter leurs souvenirs et contrôler leur vie.

Mais les deux sont sur la bonne voie et commencent à établir des contacts après des années d’isolement social. Ils sont soutenus par Faruk Krasniqi, dont le fiancé était également scientologue.

Pour encourager les personnes partageant les mêmes idées, les déserteurs ont fondé le groupe Facebook Scientology Free avec Krasniqi.

Nous avons fondé le groupe afin de donner aux personnes au destin similaire une plate-forme pour raconter leurs histoires, a déclaré Krasniqi. Leur objectif déclaré: avertir les gens de la secte et montrer que, chaque jour à Bâle, les existences sont plongées dans l’abîme.

Ils collectent de l’argent pour les déserteurs de la scientologie : (IBAN: CH50 0077 0042 5067 5921 2, Banque cantonale de Basler, Andrea Natalie Buschor).

 


Cet article est une traduction de l’Allemand d’un article publié le 26/12 dans le 20 Minutes à l’adresse suivante.


Scientology Leaks 242 : HCO Policy Letter Of 3 May 1980


Scientology Leaks 241 : HCO Policy Letter Of 4 March 1981


Scientology Leaks 240 : HCO Policy Letter Of 1 November 1981


Scientology Leaks 239 : HCO Policy Letter Of 2 March 1979R Revised 5 January 1980


Scientology Leaks 239 : HCO Policy Letter Of 3 May 1979R Revised 31 March 1981