Articles de Liberation du 19 Avril 2019 sur la scientologie

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Scientologie : en France, un mouvement indélogeable

Par Emmanuel Fansten et Robin d’Angelo

La scientologie réussit à s’implanter grâce à un relâchement des pouvoirs publics et une baisse des budgets des associations spécialisées.

La rencontre a eu lieu quatre jours avant le début de l’affaire Benalla. Le 14 juillet, Emmanuel Macron reçoit discrètement Tom Cruise à l’Elysée, en marge de la promotion du dernier Mission : impossible, tourné en grande partie à Paris.

Après avoir visité le Château avec Brigitte Macron, l’acteur américain et le Président se livrent au jeu des selfies avec des enfants rassemblés dans la cour, mais aucune image officielle ne fuite. «Il s’agissait d’une rencontre privée, insiste-t-on aujourd’hui à l’Elysée. A aucun moment il n’a été question de scientologie.»

«Vague».

 

Révélée par Paris Match, cette entrevue est pourtant loin d’avoir fait l’unanimité au sein du staff présidentiel. Quatorze ans plus tôt, à l’été 2004, la visite du même Tom Cruise à Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, avait en effet provoqué une violente polémique.

A l’époque, plusieurs notes diplomatiques attestaient du lobbying agressif de la scientologie au niveau politique, mais aussi du rôle clé de Tom Cruise dans la stratégie expansionniste de l’organisation, qui a listé des personnalités à rencontrer.

L’occasion pour la star de dénoncer les «discriminations religieuses» dont seraient victimes les scientologues en Europe, et en particulier en France, où l’organisation fait alors l’objet de toutes les attentions.

Sensible à ces arguments, Nicolas Sarkozy, qui a toujours préféré l’expression de «nouveaux mouvements spirituels» au terme de «sectes», a été le premier à infléchir la politique sur le sujet lors de son passage au ministère de l’Intérieur.

Depuis, le sujet s’est peu à peu effacé du débat public. Symbole de cet intérêt décroissant : la disparition du groupe «sectes» à l’Assemblée nationale et la déliquescence progressive de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), dépourvue de président depuis plus de six mois.

A Matignon, on explique que le processus de recrutement doit aboutir «dans les prochaines semaines» à la nomination d’une «personnalité convaincante, compétente et reconnue». Mais les temps ont changé depuis la création de la mission, contribuant à rendre plus flous ses objectifs, alors même que les signalements n’ont jamais été aussi nombreux : 2 800 pour 2018, un record depuis six ans.

Les deux mandats successifs de Serge Blisko, catapulté à la tête de la mission en 2012, n’ont pas non plus laissé un souvenir impérissable. «Un refuge plus qu’autre chose», raille un ancien salarié. Même malaise au sein des associations spécialisées, comme l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi), qui voient leur budget fondre d’année en année.

Griefs.

Longtemps dans le viseur des pouvoirs publics et objets de plusieurs rapports parlementaires, les mouvements sectaires traditionnels ont surtout été supplantés ces dernières années par la lutte contre l’islamisme radical.

«On va être honnête, le sujet de la radicalisation a focalisé l’attention des magistrats et des services de renseignements, concède Anne Josso, secrétaire générale de la Miviludes et patronne de fait depuis la vacance du pouvoir.

Cette vague, on la subit très clairement. Ajoutez à ça l’image un peu datée d’une mission sur les sectes à l’ancienne… Effectivement, on est un peu moins écoutés.»

Les modes d’emprise ont également été bouleversés par les réseaux sociaux et le développement des théories conspirationnistes, comme les mouvements antivaccins. «On doit sans doute faire mieux sur ces questions, poursuit Anne Josso. Peut-être faut-il que l’on change de vocabulaire.»

En dépit de la relative bienveillance des pouvoirs publics, la scientologie doit encore faire face à plusieurs poursuites judiciaires en France. Depuis août 2015, une information judiciaire est toujours en cours pour «harcèlement moral» et «abus de faiblesse», après une plainte des salariés d’Arcadia. Les dirigeants scientologues de cette entreprise de BTP auraient siphonné les fonds et imposé des méthodes de management humiliantes issues des écrits du fondateur Ron Hubbard.

Une instruction se poursuit également contre deux structures scientologues dans l’affaire de l’Institut Aubert, une école de Vincennes accusée d’avoir enseigné des préceptes scientologues à des enfants, à l’insu de leurs parents.

La scientologie aurait même pu être interdite en 2013, après la condamnation définitive de ses deux principales associations pour «escroquerie en bande organisée», «recel aggravé», «extorsion» et «exercice illégal de la médecine».

Mais, en raison d’une modification du code civil trois ans auparavant, l’article de loi permettant de dissoudre une association reconnue coupable de tels griefs a malencontreusement disparu du droit français.

Emmanuel Fansten , Robin d’Angelo

 

Saint-Denis : les scientologues lancent le siège, les élus résistent

Par Robin d’Angelo

L’organisation américaine, qui a racheté pour 33 millions d’euros un bâtiment de plus de 7 000 mètres carrés, compte ainsi renforcer sa présence en France. La mairie s’oppose mais peine à trouver des moyens d’action.

La façade de l’immeuble est pour l’instant anonyme. Bientôt, elle sera ornée de la croix à huit branches de la scientologie. A Saint-Denis, le mouvement sectaire s’apprête à installer son nouveau siège en France. Un octogone en verre de 7 331 mètres carrés, haut de cinq étages.

Le bâtiment est une vitrine de choix, à deux pas du Stade du France, immanquable pour les automobilistes qui entrent à Paris par l’autoroute A1.

D’après les plans d’architecte que Libération a consultés, le projet s’annonce clinquant. L’édifice doit accueillir un auditorium de 720 places, des salles de cinéma, un espace fitness, une bibliothèque, des salles de formation, des dizaines de bureaux et même quatre saunas.

Au rez-de-chaussée, une librairie intégralement dédiée à Ron Hubbard, le fondateur du mouvement, mort en 1986, sera ouverte au public. Avec bien sûr une réplique à taille réelle de son bureau des années 70, comme c’est le cas dans tous les bâtiments de la scientologie à travers le monde.

Fonds d’investissement

La SCI Building Investment Group a acheté l’immeuble dans le courant de l’année 2017. L’adresse de cette société écran, dont les actionnaires sont inconnus, renvoie vers une entreprise de domiciliation sur les Champs-Elysées. Sa trace se perd dans le comté de Fairfax en Virginie, où est enregistré l’avocat américain qui l’a déclarée au registre du commerce français.

Afin de garder secrète l’identité de l’utilisateur final, une clause de confidentialité a été insérée à la promesse de vente avec l’ancien propriétaire, le fonds d’investissement allemand Warburg-HIH.

Montant de la transaction : 33 millions d’euros, plus 2 millions de remboursement de TVA. Pour les contrats de cette importance – une poignée par an à Saint-Denis – la procédure habituelle veut que la Ville soit mise au courant de la future activité.

Soucieuse de garder de bonnes relations avec la municipalité, le «broker» en charge de la vente a fini par révéler l’usage du futur bâtiment. La mention «exploité pour les besoins de l’Eglise de scientologie» est même ajoutée à la déclaration d’intention d’aliéné, le document officiel remis aux pouvoirs publics à chaque transaction immobilière.

Depuis, la mairie a engagé un bras de fer avec la scientologie. Mais rien ne semble pouvoir empêcher sa future installation. Le mouvement a beau être qualifié de «secte» par plusieurs rapports parlementaires et ses abus largement documentés, il a le droit avec lui.

A tel point que les élus se gardent de l’attaquer trop frontalement. Officiellement, ils restent «très vigilants». En réalité, ils ont envisagé de préempter le bâtiment, le seul moyen légal d’empêcher l’installation. Mais sans projet à substituer à celui de la scientologie, la mairie s’expose à être condamnée pour pratique discriminatoire.

«C’est aberrant, s’offusque David Proult, adjoint PCF en charge à l’urbanisme et vice-président de Plaine Commune, l’établissement public territorial qui regroupe les agglomérations du secteur. Pour préempter un bâtiment, il faut justifier d’un intérêt public.

Or aujourd’hui, empêcher un mouvement sectaire de s’installer dans une ville n’est pas reconnu comme d’intérêt public dans le droit français.» D’autant plus que les avocats des parties adverses sont prêts à porter plainte à la moindre occasion.

Suspectant la mairie de ralentir délibérément la vente après un rendez-vous annulé, l’un d’entre eux s’est fendu d’une lettre recommandée pour dénoncer une «attitude discriminatoire à l’égard de [la scientologie]» et brandir la menace d’un procès.

Sans levier d’action, la municipalité attend l’aide de l’Etat. «Mais on n’est pas suffisamment soutenu», déplore le maire communiste, Laurent Russier, dont les courriers au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de Seine-Saint-Denis sont restés lettre morte.

Il y a bien la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), sans président depuis six mois. «C’est une coquille vide, tacle le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu. Leur réponse c’est “on va informer les gens pour dire qu’il faut se méfier”. Eux-mêmes ne peuvent pas faire quoi que soit.»

Le 19 mars, le parlementaire a déposé une question écrite à l’Assemblée nationale, adressée à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. Il lui demande d’annuler la vente et d’engager des poursuites contre Warburg-HIH, le fonds d’investissement qui a vendu le bâtiment à la scientologie en toute connaissance de cause.

Faux nez

En attendant une hypothétique réponse, la direction de l’urbanisme inspecte chaque pièce du dossier à l’affût de la moindre erreur de procédure. Petite victoire : elle a réussi à justifier un refus d’autorisation de travaux car le bâtiment va changer d’affectation. Il faudra donc passer par un permis de construire, beaucoup plus contraignant et qui nécessite l’aval de la préfecture.

Mais en face, la scientologie a le temps et les moyens de mener bataille. Pour rénover le bâtiment, elle a fait appel à Gensler, la plus grande agence d’architecture au monde avec plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires annuel de 1,2 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros).

Depuis le milieu des années 2000, le mastodonte est le prestataire régulier de «l’Eglise» pour ses projets architecturaux. La maîtrise d’ouvrage est assurée par le cabinet Currie & Brown, là encore un géant mondial dans le secteur du conseil en construction, déjà engagé par la scientologie auparavant.

Sur place, les deux multinationales s’appuient sur le travail de trois agences d’architecture françaises, épaulées par un cabinet d’avocats. Sollicités par Libération, aucun des prestataires engagés sur le projet n’a souhaité nous répondre, en vertu d’une clause de confidentialité signée avec leurs clients.

En parallèle, le mouvement sectaire prépare le terrain à sa future installation. Depuis le début de l’année, l’association le Chemin du bonheur multiplie les opérations de communication dans la ville.

Cette structure, qui se présente parfois sous le nom de Plus cool la vie, est l’un des principaux faux nez de la scientologie en France. En février, ses bénévoles contactent par téléphone et courrier les présidents d’associations de Saint-Denis – allant d’une Amap à une compagnie de danse – afin de proposer leurs services… Sans jamais mentionner la scientologie, bien sûr.

Le Chemin du bonheur déploie aussi ses tentes sur la place de la gare afin de distribuer des fascicules, sans que la préfecture n’y ait à redire. En septembre 2018, l’association organisait même une opération de ramassage d’ordures dans la cité des Franc-Moisin, suscitant l’enthousiasme d’une partie des habitants.

La scientologie est pourtant en perte de vitesse. En France, ses responsables avancent régulièrement le chiffre de 40 000 adeptes. Selon un ancien cadre qui les a quittés au début des années 2010, ils seraient à peine 400.

Le Celebrity Centre, sa vitrine ouverte à Paris en 1985, a le plus grand mal à attirer des artistes, son objet initial. Dans ce contexte, difficile d’imaginer la branche française capable de financer un bâtiment comme celui de Saint-Denis.

«Cela ne fait aucun doute que l’argent vient largement de la maison mère», commente Mike Rinder, qui a quitté la scientologie en 2007, après avoir assisté pendant vingt ans le dirigeant actuel, David Miscavige. Depuis 2004, ce dernier planifie le développement d’«org idéales» partout dans le monde. En charabia scientologue, cette expression désigne des complexes géants dans lesquels les adeptes peuvent réaliser tous les exercices nécessaires (et payants) à leur accomplissement.

Au menu, «programme de purification» dans des saunas et «séances d’audition». Lors de ces entretiens individuels, les adeptes sont incités à livrer leurs traumatismes les plus secrets à des cadres plus expérimentés et à explorer leurs vies antérieures. Une technique d’emprise.

«Fisc»

Ces dernières années, des «org idéales» ont déjà ouvert à Stuttgart, Amsterdam ou encore Budapest. A chaque fois, des inaugurations tape-à-l’œil, à grand renfort de fanfares et de cotillons, pour faire la communication du mouvement. «L’objectif est de convaincre les donateurs que la scientologie s’étend partout dans le monde, décrypte Mike Rinder. Mais après la coupure du ruban d’inauguration, les bâtiments sont tous les mêmes : vides.»

Reste à savoir pourquoi la scientologie investit massivement dans des biens immobiliers alors que le mouvement est moribond. La réponse est peut-être liée à la situation fiscale de l’organisation. Considérée comme une église par le gouvernement américain, la scientologie ne paie pas d’impôts outre-Atlantique.

En contrepartie, elle est obligée de dépenser son argent dans des projets d’intérêt public. «L’achat de biens immobiliers permet d’éviter une accumulation excessive de capital qui la mettrait en délicatesse avec le fisc, tout en lui permettant des investissements sûrs», estime Jeffrey Augustine, un ancien adepte qui anime le site The Scientology Money Project. Les actifs immobiliers de la scientologie à travers le monde sont estimés à 3,5 milliards de dollars.

Sollicité par Libération, le service presse de la maison mère, à Los Angeles, n’a pas répondu, pas plus que Martine Rhein, la porte-parole du mouvement en France.

Son médiatique prédécesseur Eric Roux, dorénavant vice-président du bureau européen de la scientologie, jure avoir appris l’achat du bâtiment de Saint-Denis par «une alerte Google».

Robin d’Angelo


La scientologie s’installe à Saint Denis

Voici une petite compilation de cinq articles de presse sur l’installation à venir de la secte scientologie à Saint-Denis, dans le nord de Paris.

  1. Le Parisien / 10 janvier 2019 / Lien de l’article.

La scientologie s’installe à Saint-Denis

Le mouvement, scruté de près par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, a acheté un immeuble de bureaux dans le quartier d’affaires de La Plaine.

Un octogone de verre massif, posé au bord de l’avenue vrombissante du Président-Wilson à Saint-Denis. L’immeuble est particulièrement visible, dans ce quartier qui a vu pousser les sièges d’entreprises tous azimuts au fil des dernières décennies. C’est là que devrait bientôt s’installer l’église de scientologie, sous l’œil vigilant des pouvoirs publics.

Le bâtiment, 7 331 m 2, a changé de mains l’an dernier. Le fonds d’investissement allemand qui en était propriétaire l’a vendu à une société américaine, « contrôlée indirectement par l’Eglise de scientologie », indique un document lié à cette transaction. L’acheteur a déboursé la somme rondelette de 33 M€.

Son arrivée provoque un malaise

L’opération est parfaitement légale. Mais l’arrivée à Saint-Denis de cette organisation, classée parmi les mouvements sectaires par un rapport parlementaire en 1995 (lire ci-dessous), crée le malaise. « La municipalité sera particulièrement attentive au respect de la loi dans l’évolution du bâtiment tout comme dans son utilisation », indique-t-on du côté de la mairie PCF.

Jusqu’alors, on ne connaissait au mouvement fondé par l’Américain Ron Hubbard qu’une adresse en Ile-de-France : le « Celebrity Centre », situé rue Legendre à Paris (XVIIe).

Pourquoi cette aquisition en Seine-Saint-Denis ? Contactée, l’église de scientologie n’a pas répondu à nos questions.

Les acquéreurs ont déposé une demande d’autorisation de travaux, en vue d’accueillir du public. Le dossier est instruit « avec vigilance », indique la préfecture de Bobigny.

« On a déjà beaucoup de prêchi-prêcha dans le secteur »

Le lieu a-t-il vocation à devenir une « vitrine » du mouvement, dans un quartier qui accueillera les Jeux olympiques de 2024 ? A-t-il l’intention de développer ses activités en direction des entreprises (formations, conférences) ? En 2014, déjà, des adeptes de la scientologie avaient distribué à tour de bras des livrets « contre l’insécurité » dans les rues de Saint-Denis.

Parfaitement au fait de cette arrivée annoncée, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) rappelle que l’organisation « se caractérise par son prosélytisme […] à l’occasion d’un test de personnalité gratuit, de la diffusion de tracts ou de brochures, de conférences « d’introduction » gratuites… »

Un prosélytisme « parfois pernicieux dans la mesure où les liens avec l’Eglise de scientologie n’apparaissent pas toujours sur les tracts ».

Dans le quartier de La Plaine, la perspective inquiète. « On a déjà beaucoup de prêchi-prêcha dans le secteur, déplore Valérie, une habitante. Ce n’est pas la scientologie, mais d’autres mouvances, qui parlent de l’apocalypse, endoctrinent les adultes et les jeunes… »

« Personne n’est au courant parmi mes collègues, assure Pascal Lacroix, syndicaliste au sein d’une grande entreprise de La Plaine. Si ça n’a pas d’impact sur le voisinage, je ne manifesterai pas devant l’immeuble. Mais il faudra veiller à ce que ça ne soit pas un camp de base, pour irriguer tout le secteur. »

QU’EST-CE QUE LA SCIENTOLOGIE ?

L’Eglise de scientologie est un mouvement fondé aux Etats-Unis par l’auteur de science-fiction Ron Hubbard en 1954. Considéré comme une religion dans certains pays, le mouvement compterait peu d’adeptes en France. Il a été classé parmi les sectes par un rapport parlementaire en 1995.

Depuis l’Etat n’établit plus de listes des organisations jugées sectaires « mais poursuit les dérives sectaires », souligne la Miviludes, qui compare l’église de scientologie à une « multinationale extrêmement puissante, avec des moyens financiers très importants ».

Elle rappelle qu’en octobre 2013, deux des principales structures de la scientologie ont été définitivement condamnées pour escroquerie en bande organisée, recel aggravé, extorsion. Deux de ses dirigeants ont été condamnés à des amendes pour exercice illégal de la pharmacie.


2. Le Parisien / 11 janvier 2019 / Lien de l’article.

Saint-Denis : la scientologie n’est pas la bienvenue

Les réactions politiques sont vives, à la perspective de voir le mouvement, autrefois qualifié de secte, mettre le pied à Saint-Denis.

Il ne s’était pas encore exprimé publiquement sur le sujet. Ce vendredi, le maire (PCF) de Saint-Denis, Laurent Russier, a tenu à mettre les points sur les i : « La scientologie, même derrière un paravent associatif, n’est pas la bienvenue à Saint-Denis. »

Si l’édile le précise, c’est que la perspective de voir le mouvement, fondé par l’Américain Ron Hubbard, mettre le pied dans la commune, fait beaucoup réagir.

Comme l’a révélé Le Parisien, une société américaine liée à l’église de scientologie a acquis en 2017 un immeuble de bureaux de 7 331 m2, pour la somme de 33 M€.

L’opération est légale. Le vendeur était un fonds d’investissement allemand. « Ce propriétaire a vendu en toute connaissance de cause et une telle vente ne peut pas être empêchée », assure Laurent Russier.

Une pétition contre l’arrivée de l’église

Pourtant, certains reprochent à la mairie de n’avoir pas réagi assez fermement : « A Saint-Denis, on peut préempter un petit commerce, un appartement…

Mais on ne peut pas avoir un droit de regard face à une organisation comme la scientologie ? », s’interroge Antoine Mokrane, militant socialiste.

Ce dernier a lancé une pétition sur Internet, contre l’installation de l’organisation, qualifiée de secte par un rapport parlementaire en 1995, dont des dirigeants ont été condamnés en 2013 pour escroquerie et exercice illégal de la pharmacie.

Mathieu Hanotin, conseiller départemental PS (et candidat déclaré aux prochaines municipales) tacle aussi Laurent Russier : « Je trouve que la position du maire manque de fermeté et de courage. »

Un courrier au ministre de l’Economie

« Contrairement à ce que certains disent, il ne suffit pas de brandir le droit de préemption, s’agace l’édile communiste. On peut l’utiliser quand un prix est anormalement bas, ou lorsqu’il existe un projet urbain. » Et il contre-attaque : « Lorsqu’en mars 2017 nous avons alerté les autorités, le ministre de l’Intérieur était socialiste, le député de la circonscription aussi [NDLR : Mathieu Hanotin]. Personne n’avait réagi à l’époque… »

De son côté, le député (PC) Stéphane Peu indique qu’il va écrire au ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, « pour l’interpeller sur ce fonds d’investissement allemand qui a passé outre toutes les demandes et préventions, et pris une décision allant contre l’intérêt général ».

Contactée, l’église de scientologie n’avait pas répondu à nos questions sur l’usage qu’elle compte faire du bâtiment, situé dans le quartier de La Plaine. Une demande d’autorisation de travaux a été faite, en vue d’accueillir du public. Dossier instruit « avec vigilance » par la préfecture de Bobigny.


3. Le Figaro / 11 janvier 2019 / Lien de l’article

La scientologie débarque à Saint-Denis

La scientologie a acheté un immeuble à Saint-Denis dans le quartier d’affaires de La Plaine selon Le Parisien . L’arrivée du mouvement, classé parmi les mouvements sectaires par un rapport parlementaire en 1995, inquiète.

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«La municipalité sera particulièrement attentive au respect de la loi dans l’évolution du bâtiment tout comme dans son utilisation», a déclaré la mairie PCF de Saint-Denis.

Le mouvement avait déjà des locaux dans le XVIIe arrondissement de Paris, le «Celebrity Center». Une demande d’autorisation de travaux a été déposée afin de permettre au bâtiment d’accueillir du public. La préfecture de Bobigny en charge du dossier indique instruire le dossier «avec vigilence».

Pour la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) le mouvement «se caractérise par son prosélytisme […] à l’occasion d’un test de personnalité gratuit, de la diffusion de tracts ou de brochures, de conférences “d’introduction” gratuites…» Un prosélytisme « parfois pernicieux dans la mesure où les liens avec l’Eglise de scientologie n’apparaissent pas toujours sur les tracts».

Certains habitants s’inquiètent aussi de l’arrivée de l’organisation. «On a déjà beaucoup de prêchi-prêcha dans le secteur, déplore Valérie, une habitante. Ce n’est pas la scientologie, mais d’autres mouvances, qui parlent de l’apocalypse, endoctrinent les adultes et les jeunes…»


4. Le Figaro / 17 janvier 2019 / Lien de l’article

L’église de scientologie arrive à Saint-Denis

L’église de scientologie a acquis récemment un immeuble imposant pour 33 millions d’euros, à Saint-Denis, dans le quartier d’affaires de la Plaine. Elle demande une autorisation d’y faire des travaux en vue d’accueillir du public.

L’église de scientologie s’installe à Saint-Denis. L’organisation vient d’acheter un immeuble imposant, dans le quartier d’affaires de la Plaine, à proximité du Stade de France, pour 33 millions d’euros, confirme à France Bleu Paris la ville de Saint-Denis, comme l’annonçait ce vendredi le journal Le Parisien.

Cela ne peut pas nous faire plaisir” commente sobrement David Proult, adjoint au maire de la ville en charge de l’urbanisme. “Le droit de l’urbanisme ne nous permet pas de nous opposer à l’achat de ce bien” ajoute-t-il.

Que va y faire l’organisation? Nul ne le sait. Elle compte en tout cas accueillir du public dans le bâtiment et pourrait y installer son siège français, selon une source en mairie de Saint-Denis.

La préfecture de Seine-Saint-Denis confirme avoir reçu un “dossier de demande d’autorisation de travaux“, transmis par la ville aux services de l’Etat, et qu’il est en cours d’instruction.

Une organisation surveillée par la mission de lutte contre les dérives sectaires

Dans son dernier rapport, publié au printemps 2018, la mission Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) pointe le “prosélytisme actif” de l’organisation et l’augmentation des signalements à son sujet.

La ville de Saint-Denis indique vouloir signaler aux habitants et aux entreprises du territoire l’identité de ce futur voisin. “On alertera sur les activités de ce groupe et nous espérons que l’Etat puisse jouer son rôle si cette organisation a des activités répréhensibles” précise David Proult.


5. LeJSD / 16 janvier 2019 / Lien de l’article

A la Plaine/ La scientologie non désirée

Une société américaine liée à la scientologie, mouvement régulièrement dans le viseur de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, vient d’acquérir un immeuble avenue Wilson…

Les scientologues vont-ils ouvrir une église à Saint-Denis ? C’est la question posée par l’acquisition d’un bâtiment par une société américaine liée au mouvement scientologue.

L’ancien siège de Samsung, situé avenue du Président-Wilson à la Plaine, à proximité du Stade de France, a été acheté en 2017, selon des informations révélées le 10 janvier par Le Parisien.

Cet édifice en verre de 7 331 m2 a été vendu par un fonds d’investissement allemand pour la somme de 33 millions d’euros. La scientologie n’a pas communiqué sur cet achat. Néanmoins, une demande d’autorisation de travaux en vue d’accueillir du public a été déposée à la préfecture de Bobigny.

Fondé en 1953 aux États-Unis par l’auteur de science-fiction L. Ron Hubbard, ce mouvement a été qualifié de secte par un rapport parlementaire français daté de 1995.

Il compte une église dans le 17e arrondissement de Paris, rue Legendre. La scientologie est régulièrement dans le viseur de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). En 2013, le mouvement a été condamné pour escroquerie en bande organisée, accusé d’avoir profité de la vulnérabilité d’anciens adeptes pour leur soutirer d’importantes sommes d’argent.

Une opération immobilière légale

Totalement légale, l’opération d’achat à la Plaine a néanmoins suscité de fortes réactions. « Les dérives sectaires n’ont pas leur place à Saint-Denis, a dénoncé la mairie communiste. Dès mars 2017, la municipalité a alerté la préfecture et le ministère de l’Intérieur sur l’installation de la scientologie dans notre ville », a-t-elle affirmé.

Des opposants ont néanmoins critiqué la position de la Ville. « Il est incompréhensible que la mairie laisse faire. Il faut saisir tous les moyens possibles légaux pour empêcher cette installation », a reproché le militant socialiste Antoine Mokrane dans une pétition lancée vendredi 11 janvier contre l’établissement de la scientologie à Saint-Denis.

« Le droit ne permet pas aux mairies d’interdire l’achat d’un bâtiment par une association, même lorsqu’elle a été condamnée à de multiples reprises, se défend la municipalité. Le droit de préemption doit être justifié légalement. La municipalité sera particulièrement attentive au respect de la loi dans l’évolution du bâtiment tout comme dans son utilisation », prévient-elle.

Aziz Oguz