Canada : La Commission des normes du travail réclame 900 000 $ (800 000 euros) à la scientologie

La Commission des normes du travail réclame 900 000 $ (800 000 euros) à l’Église de scientologie

Des employés de l’Église de scientologie de Québec ont été sous-payés, conclut la CNESST au terme d’une enquête.

Le chien de garde des normes du travail lui réclame maintenant près de 1 million de dollars au nom d’une soixantaine de travailleurs.

En juin dernier, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a déclenché une enquête à la suite d’un reportage d’Enquête qui révélait que des employés de l’Église de scientologie à Québec étaient payés en deçà du salaire minimum.Conclusion de la CNESST : des centaines de milliers de dollars n’ont pas été versés à des salariés, en contravention avec la loi.

Les sommes réclamées à l’Église frôlent le million de dollars, détaille un document judiciaire obtenu par Radio-Canada.La CNESST demande à la Cour supérieure de condamner l’Église de scientologie de Québec à lui verser les montants suivants au nom de 62 employés.

Salaires + vacances : 754 048 $

Indemnité pour la CNESST : 150 809 $

Le montant qui atteint 904 857 $ sera assujetti à des intérêts.

« [La CNESST] peut, pour le compte des salariés, réclamer de leur employeur les sommes dues en vertu de la Loi sur les normes du travail », affirme la Commission dans sa demande déposée en cour.

Le recours au tribunal par la CNESST survient à la suite de l’envoi d’une mise en demeure à l’Église de scientologie de Québec, qui « refuse ou néglige de payer les sommes dues », ajoute le document.

Cette démarche est la première étape pouvant mener la CNESST à poursuivre l’Église de scientologie de Québec au civil.

Au moment de diffuser ce reportage, l’organisation religieuse n’avait pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Travailleurs religieux

Des membres de l’Église de scientologie recevaient des salaires sous le seuil du salaire minimum, sous prétexte qu’ils sont des « travailleurs religieux », a révélé Enquête en juin dernier, talon de paye à l’appui.

Par exemple, un membre du personnel aurait travaillé près de 40 heures au cours d’une semaine pour un salaire de 70 $, c’est-à-dire moins de 2 $ de l’heure :

Relevé de paye de l’Église de scientologie de Québec Photo : Source confidentielle

L’Église de scientologie de Québec n’avait pas voulu répondre aux questions au sujet du salaire minimum.

Par courriel, la porte-parole de l’Église de scientologie soutenait que les membres de son personnel n’étaient pas des « employés », mais des « travailleurs religieux ».

« Ils contribuent volontairement aux activités de l’Église et [à] ses buts humanitaires. Ils ne travaillent pas pour un gain monétaire, mais pour aider les autres », affirmait Michelle Lacombe, porte-parole de l’organisation.

La ministre responsable du Travail en poste en 2018, Dominique Vien, s’était dite préoccupée par les révélations de Radio-Canada.

« J’ai demandé à la CNESST d’aller vérifier ce qui se passe là-bas […] Quand on aura du nouveau, on vous le fera savoir », a-t-elle dit dans les corridors de l’Assemblée nationale.

L’Église de scientologie a des bureaux dans les villes de Québec et de Montréal. Elle est aussi présente ailleurs au pays et dans le monde.

 

Source : La Commission des normes du travail réclame 900 000 $ à l’Église de scientologie.


Suisse : Deux jeunes adultes sortent de la scientologie : ils témoignent de l’emprise mentale subie

Cet article est une traduction de l’Allemand d’un article publié le 26/12 dans le 20 Minutes à l’adresse suivante.


Physiquement, nous sommes libres, mais emprisonnés dans la tête.

 

Leonard Buschor et Sabrina David ont tous deux grandi dans les griffes de la Scientologie.

L’année dernière, ils en sont sortis.Leonard Buschor, 19 ans, a grandi dans une famille adepte de la Scientologie. J’ai grandi en pensant que L. Ron Hubbard était Dieu, a-t’elle déclarée.

Dans le monde entier, beaucoup de gens vivent dans les griffes de l’Église de Scientologie, perdent leur existence et sont contraints à la dévotion. Il est presque impensable de trouver un moyen de sortir de la secte malgré les manipulations et l’isolement – mais Leonard Buschor et Sabrina David l’ont fait : l’année dernière, ils ont osé se retirer et finalement tourner le dos à la Scientologie. Comme cette décision a été difficile pour eux, ils racontent ici.

Début d’une nouvelle vie

Je me sens renaître et je peux recommencer ma vie de zéro, a déclaré Leonard Buschor, 19 ans.
Il a passé toute sa vie dans les cercles de la Scientologie, isolé du monde extérieur. Il a déjà grandi dans une famille d’adeptes de la Scientologie. J’ai grandi en pensant que L. Ron Hubbard était Dieu, a déclaré Buschor.

Ce n’est qu’après son départ qu’il a découvert la réalité. Le nouveau départ a également fait ses adieux: Mes parents ont rompu le contact avec moi.

Aujourd’hui, il fait beaucoup de choses et va mieux, mais la lutte constante entre le passé et le futur demeure : Les scientologues me poursuivent, ils connaissent ma  nouvelle adresse malgré mon déménagement.

Personnes exploitées.

Sabrina David a aussi un destin similaire à Buschor : Elle a rejoint la secte à l’adolescence: J’étais dans une phase difficile de ma vie à cause du divorce de mes parents.

Dans la secte, elle espérait trouver une oreille ouverte et du soutien. Lors de l’audit, tout le monde est obligé de vider complètement son cœur. De manière manipulatrice, le culte exploite les faiblesses des adeptes avec autant de talent.

La jeune femme de 30 ans a vécu huit ans à Berlin et était employée de la Scientologie jusqu’à ce qu’elle réussisse à sortir l’an dernier.

À Berlin, elle travaillait pour la secte pour cinq à dix francs suisses par semaine. Son séjour à l’étranger a été particulièrement influent pour elle: J’ai été agressée physiquement par mon supérieur dit-elle.

L’indépendance est synonyme de liberté ?

À quoi ressemble la vie quotidienne après être sorti ? Une chose est claire : pour Buschor et David, la scientologie n’est en aucun cas une chose du passé : Physiquement, nous sommes libres, mais nous sommes toujours pris au piège psychologiquement.

Tous deux sont maintenant assistés psychiatriquement pour traiter leurs souvenirs et contrôler leur vie.

Mais les deux sont sur la bonne voie et commencent à établir des contacts après des années d’isolement social. Ils sont soutenus par Faruk Krasniqi, dont le fiancé était également scientologue.

Pour encourager les personnes partageant les mêmes idées, les déserteurs ont fondé le groupe Facebook Scientology Free avec Krasniqi.

Nous avons fondé le groupe afin de donner aux personnes au destin similaire une plate-forme pour raconter leurs histoires, a déclaré Krasniqi. Leur objectif déclaré: avertir les gens de la secte et montrer que, chaque jour à Bâle, les existences sont plongées dans l’abîme.

Ils collectent de l’argent pour les déserteurs de la scientologie : (IBAN: CH50 0077 0042 5067 5921 2, Banque cantonale de Basler, Andrea Natalie Buschor).

 


Cet article est une traduction de l’Allemand d’un article publié le 26/12 dans le 20 Minutes à l’adresse suivante.


Scientologie : Frédéric Grossmann (OSA/CCDH) a-t’il parjuré devant le Sénat en 2013 ?

Selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, le parjure peut-être définie de la manière suivante :

Faux serment, violation de serment; faux témoignage devant les tribunaux.
Subst. Personne qui fait un faux serment, ou qui viole son serment.

Concernant le parjure devant le Sénat, il s’agit d’un délit (lien vers LegiFrance).

Nous allons donc nous attarder quelques minutes sur l’audition de Mylène Escudier et Frédéric Grossmann devant le Sénat, le mardi 26 Février 2013.

Le texte de l’audition peut-être lu sur le site du Sénat à l’adresse suivante.

La vidéo d’audition devant le Sénat :

Cette même vidéo peut-être téléchargée ou visionnée directement sur le blog à l’adresse suivante.

Les faits :

  • Premier mensonge (à partir de 9 minutes 30) :

Il n’y a pas de rapport en termes de hiérarchie, l’association est totalement indépendante.

Dans un premier temps, il est fort surprenant que les deux structures : La Scientologie et le CCDH soient dans la même rue (Rue Jules César, Paris 12e), à quelques mètres d’écart, comme le montre cette capture de Google Street view prise en Mai 2018 :

Il est très courant de voir Mylène Escudier (entres-autres) faire le trajet entre la scientologie et le CCDH (voir mon article avec deux photos datant de Mars 2015), par conséquent, la scientologie et le CCDH se fournissent un appui pratique, technique ou logistique.

Enfin, comme précisé ensuite, le livre de Jenna Miscavidge Hill fait mention du CCDH comme un structure directement liée à la scientologie (ou également cet article par exemple), le CCDH a été créé et est actuellement géré par des membres importants de la scientologie.

Pour conclure, l’association (le CCDH) n’est pas totalement indépendante.

  • Second mensonge (à partir de 10 minutes 45) :

(Frédéric Grossmann répondant une question du rapporteur concernant son appartenance à la Scientologie) : Ecoutez, je ne suis pas sûr que l’on soit obligé de répondre sur notre conviction religieuse…

Dans un premier temps, Frédéric Grossmann a juré de dire la vérité, par conséquent il doit répondre à cette question.

En second lieu, il est membre de la scientologie, et afin d’être très précis, il en était à cette période le DSA : le directeur des affaires spéciales (Special Affairs) : le directeur de l’OSA.

  • Troisième mensonge (qui est une omission) à partir de 22 minutes 54 : Est-ce que vous travaillez en lien avec la CAP LC ?

Non (rires).

Cette fois-ci, c’est un peu plus subtil, comme indiqué dans cet article, Mylène Escudier est bien membre de l’OSA (et par conséquent de la scientologie).

Lire à ce sujet cet article ainsi que celui-ci qui démontrent les liens entre la CAP LC, Non à la drogue, la scientologie et sa structure OSA.

Ces deux personnes (Escudier et Grossmann) n’ont pas de lien direct avec la CAP LC mais leurs compagnons (Thierry Valle entres-autres) et leur structure (l’OSA) en ont une.

Ayant juré de dire la vérité, Mylène Escudier et Frédéric Grossmann auraient dû préciser cela, il s’agit donc d’un parjure par omission.

Je n’ai séléctionné que trois passages, j’aurais également pu parler *du millier de membres du CCDH* alors qu’ils arrivent à réunir uniquement qu’une dizaine de leurs membres (au maximum) lors de leurs manifestations à vélo (à voir ici, ici ou ).

 

Conclusion : Frédéric Grossmann a-t’il parjuré devant le Sénat en 2013 ?