Mediapart : Les écoles Steiner-Waldorf, des établissements sous surveillance

L’article (et la vidéo) « Les écoles Steiner-Waldorf, des établissements sous surveillance » a été publié en Septembre dernier sur Mediapart, nous l’archivons ici ce jour.

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Selon le recensement de Mediapart, ces écoles, qui dispensent une pédagogie fondée sur la pensée de l’anthroposophe Rudolf Steiner, ont fait l’objet de soixante-dix inspections en vingt ans. Trois d’entre elles ont fermé leurs portes depuis 2021. La Fédération dénonce une « méconnaissance » de ses méthodes.

Samia Dechir

Peu connues du grand public, les écoles Steiner-Waldorf se présentent volontiers comme des établissements à la pédagogie alternative, de type Freinet ou Montessori. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elles sont liées à l’anthroposophie, une doctrine ésotérique fondée par le penseur occultiste autrichien Rudolf Steiner.

D’après le ministère de l’éducation nationale, les écoles Steiner-Waldorf scolarisent un peu moins de 2 000 élèves en France, dans dix-sept établissements majoritairement hors contrat – cinq d’entre elles comptent cependant au moins une classe sous contrat. Ces écoles sont dans le viseur de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) depuis plus de dix ans.

Contacté par Mediapart, l’organisme juge la pédagogie Steiner « préoccupante quant à la transparence des références doctrinales […] et au respect du socle commun de connaissances ». Dès lors, on peut s’interroger sur la manière dont sont contrôlées ces écoles.

Des enfants tricotent dans une école Steiner-Waldorf. © Photo Vanessa Meyer / L’Alsace via MaxPPP

Ouvrir un établissement hors contrat est relativement facile en France. Pas besoin d’autorisation, mais d’une simple déclaration au recteur d’académie. Depuis 2018, la loi Gatel prévoit une inspection au cours de la première année d’exercice puis au cours de la cinquième année qui suit l’ouverture. Lors de ces visites, les inspecteurs et inspectrices vérifient, entre autres, que les enseignant·es ont bien les diplômes requis, veillent au respect de la sécurité des élèves, et s’assurent qu’on leur enseigne le socle commun de connaissances défini par le Code de l’éducation.

Des rapports d’inspection accablants

 

L’Éducation nationale semble surveiller de près les écoles Steiner-Waldorf. Mediapart a recensé pas moins de soixante-dix inspections en vingt ans, pour moins de vingt établissements. Le sociologue Pierre Merle, auteur de L’Enseignement privé (La Découverte, 2025), a analysé cent cinquante rapports d’inspection d’établissements privés hors contrat, réalisés entre 2018 et 2022, dont sept concernent des écoles Steiner-Waldorf.

Le résultat est sans appel : dans ces dernières, les inspecteurs et inspectrices ont relevé des manquements concernant l’évaluation des acquis, la progression des apprentissages et les activités scientifiques. 86 % sont pointées du doigt sur l’insuffisance, voire l’absence d’éducation aux médias, et 71 % jugées problématiques dans les représentations du monde véhiculées par les enseignant·es.

« Les écoles Steiner sont toutes pareilles, ce sont à peu près toujours les mêmes manquements », renchérit Pierre Merle. « En toute logique, si la réglementation était respectée, ces écoles devraient faire l’objet d’une fermeture », juge le sociologue. Dans les faits, trois écoles Steiner-Waldorf ont fermé au cours des dernières années : à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) en 2021, à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques) en 2023 et à Resson (Meuse) en 2025.

 

Trois écoles Steiner-Waldorf fermées en cinq ans

La première école Steiner-Waldorf fermée sur décision des autorités françaises est celle de Bagnères-de-Bigorre, en août 2021, conséquence d’un rapport d’inspection qui pointait des manquements administratifs et pédagogiques de l’établissement. Trois ans plus tard, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a ordonné la fermeture administrative de la classe élémentaire de l’école Steiner-Waldorf de Jurançon. À la suite d’une inspection réalisée en 2023, la préfecture a considéré que l’établissement « méconna[issait] le droit à l’instruction obligatoire » et « ne permet[tait] pas d’amener les élèves […] à la maîtrise du socle commun de connaissances ». Privée de sa classe élémentaire, l’école, qui scolarisait une trentaine d’élèves, a décidé la fermeture totale de l’établissement.

À l’été 2025, une troisième école Steiner-Waldorf a définitivement fermé ses portes à Resson, sur décision de l’équipe pédagogique. Contactée par Mediapart, l’académie de Nancy-Metz a indiqué avoir mis en demeure l’établissement en juin 2025, concernant des « risques pour la sécurité physique et morale des élèves » et « l’insuffisance de l’enseignement dispensé ». D’après la Fédération des écoles Steiner-Waldorf, la directrice et une enseignante ont démissionné en raison de « contrôles à répétition » et d’une « inspection brutale ne permettant pas de se justifier ni même d’expliquer la progression dans les apprentissages ».

Interrogée par Mediapart, la Fédération des écoles Steiner-Waldorf regrette de ne pas avoir été contactée par le sociologue, et juge que son échantillon n’est « pas représentatif » (lire l’intégralité de ses réponses en annexes). Sa présidente, Lucie Iskandar, dénonce « l’arbitraire » des inspecteurs et inspectrices. Elle revendique un taux de réussite au baccalauréat de 95 % et assure que les écoles Steiner-Waldorf respectent pleinement l’enseignement du socle commun de connaissances, même si les élèves ne progressent pas forcément au même rythme que dans l’enseignement public.

 

Quels contrôles en cas de suspicion de dérives sectaires ?

 

D’après la Miviludes, « depuis 2024, l’État exerce une vigilance sur les pédagogies d’enseignement dans ces écoles », sur la « couverture vaccinale » ou encore la « transparence doctrinale ». Le ministère de l’éducation nationale assure également avoir reçu à propos des écoles Steiner-Waldorf « des signalements […] de plusieurs natures – de parents d’élèves, d’élèves, d’enseignants, des partenaires institutionnels… ». 

En cas de suspicion de dérive sectaire, les contrôles peuvent être beaucoup plus poussés que lors d’une inspection classique. Depuis 2012, chaque académie est censée disposer d’un·e référent·e de la mission de prévention des phénomènes sectaires, rattachée à la direction générale de l’enseignement scolaire. Ces référent·es ont la possibilité de procéder à des contrôles sur saisine, inopinés, avec une équipe d’inspection qui dispose de pouvoirs élargis.

Dans les années 2010, ce rôle a été attribué à Marie-Françoise Chavanne, doyenne des inspecteurs et inspectrices de l’académie de Versailles, qui a lancé entre 2013 et 2015 des contrôles d’ampleur dans plusieurs établissements privés hors contrat : écoles Saint-Pie X, Montessori, Steiner-Waldorf et écoles musulmanes. Des contrôles qu’elle qualifie elle-même de véritables « descentes ».

Dix ans plus tard, elle se souvient encore de celle de l’école Steiner-Waldorf de Verrières-le-Buisson (Essonne). « On est arrivés à 8 heures du matin, on était une dizaine d’inspecteurs. Ils ne voulaient pas nous laisser entrer, ils ont appelé leur avocat immédiatement. On a fait une expertise complète, on a fouillé les pupitres des élèves, les bibliothèques. On a mis au jour tous les manquements et toutes les dérives. Quand on a fouillé dans les cours, on a trouvé des contenus qui relevaient plus de la magie que du savoir, de l’ésotérisme », décrit-elle.

Des risques d’emprise

 

Son rapport de 2016 sur l’établissement de Verrières-le-Buisson alerte sur des risques de dérives : « Outre le constat des privations faites aux enfants de chances de s’instruire, nous considérons que les choix éducatifs observés et l’ignorance constatée sont plus propices à la perméabilité idéologique, à l’emprise qu’à la formation d’un esprit critique, instruit, cultivé, émancipé et libre, adhérant aux valeurs de la République », peut-on y lire.

« Cette critique n’a jamais été émise dans les rapports transmis à cet établissement », s’étonne Lucie Iskandar, de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf. « Les résultats des élèves sortants de cette école, leur capacité à exprimer leur pensée librement et à construire leur avenir vont totalement à l’encontre de ces propos », ajoute-t-elle, précisant que l’école de l’Essonne n’a jamais refusé d’inspection et est aujourd’hui toujours ouverte.

La loi Gatel est imparfaite. Elle doit évoluer, parce qu’elle est datée.  Stéphanie de Vanssay, conseillère nationale au syndicat Unsa Éducation

 

S’il est très facile d’ouvrir un établissement privé hors contrat, il est beaucoup plus difficile d’ordonner sa fermeture. Seule la préfecture est habilitée à le faire. Depuis 2023, dix-neuf fermetures provisoires ou définitives ont été prononcées, pour un total de 1 900 établissements privés hors contrat en France.

« Si on suit le processus normal, il faut trois ans pour fermer une école hors contrat, regrette Stéphanie de Vanssay, conseillère nationale au syndicat Unsa Éducation. ll faudrait un projet d’autorisation plutôt que de déclaration. On est plus exigeants pour l’instruction en famille, alors qu’une école peut ouvrir sans même présenter de projet pédagogique, ce qui paraît aberrant. »

L’une des difficultés repose sur la notion même de liberté pédagogique. Les établissements privés hors contrat ne sont pas tenus de suivre les programmes de l’Éducation nationale. Leur seule obligation en matière d’instruction est de permettre aux élèves une maîtrise du socle commun de connaissances à l’âge de 16 ans, sans que rien soit dit sur le rythme auquel elles et ils sont censé·es progresser.

« Ça coince beaucoup pour fermer sur des critères pédagogiques, regrette un inspecteur, sous couvert d’anonymat. On fait des recommandations, mais ça reste difficile. Il faudrait être plus coercitif sur le respect des étapes avant d’arriver au respect du socle commun à 16 ans. La loi Gatel est imparfaite, elle doit évoluer, parce qu’elle est datée. »

Mediapart : Les écoles Steiner-Waldorf, des établissements sous surveillance

 


Mediapart : Emprise, violences entre enfants, intimidations : les écoles Steiner-Waldorf sous le feu des critiques

L’article (et la vidéo) « Emprise, violences entre enfants, intimidations : les écoles Steiner-Waldorf sous le feu des critiques » a été publié en Septembre dernier sur Mediapart, nous l’archivons ici ce jour.

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Informations :

Année de sortie : 2025
Taille : 1,56 Go
Durée : 31:37
Qualité : 1080p
Format : MP4

Lien de téléchargement/streaming

 

Ces établissements, majoritairement hors contrat, sont pointés du doigt par d’anciens pensionnaires et leurs parents. La Fédération des écoles Steiner-Waldorf assure respecter pleinement le droit à l’instruction des élèves, et se défend de toute dérive sectaire.

Samia Dechir, Bérénice Gabriel, Laura Wojcik et Juliane Rolland

Peu connues du grand public, les écoles Steiner-Waldorf revendiquent une pédagogie alternative, plus respectueuse du rythme de l’enfant. Elles sont aussi liées à l’anthroposophie, un mouvement mondial fondé par le penseur occultiste autrichien Rudolf Steiner. Ses adeptes croient en l’existence d’un monde invisible, régi par des forces cosmiques.

Ces écoles privées, majoritairement hors contrat, sont pointées du doigt par d’anciens élèves et leurs parents. Mediapart a recensé au moins dix plaintes pour négligence, mise en danger d’autrui et agressions sexuelles entre enfants, à la suite de faits survenus dans des écoles Steiner-Waldorf.

L’Éducation nationale surveille de près ces établissements, dont trois ont été contraints de fermer depuis 2021, tout comme la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui appelle à la vigilance. Plusieurs familles assurent y avoir subi une forme d’emprise. La Fédération des écoles Steiner-Waldorf assure respecter pleinement le droit à l’instruction des élèves, et se défend de toute forme d’endoctrinement à l’anthroposophie.

 

 


Analyse de l’interview de Guy Chaudon (Président de la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf) par Alexandre Laser

Capture de l’interview de Guy Chaudon par Kaizen Magazine

 

Cette vidéo est une interview de Guy Chaudon dans le cadre d’un évènement organisé par le magazine Kaizen et intitulé « sommet de l’éducation » et qui a eu lieu au dernier trimestre 2022.

Guy Chaudon est le Président de la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf qui est la représentante des écoles éponymes et qui ont été créés par Rudolf Steiner au début du 20ème siècle.

Ces écoles sont régulièrement l’objet de controverses quant à la qualité de leurs établissements.

On peut citer par exemple l’école « les boutons d’Or » de Bagnères-de-Bigorre qui a fait l’objet de sanction de la part du rectorat après plusieurs inspections.

L’école a depuis fermé et a été revendue.

Ainsi, cette interview est intéressante, car elle représente la parole officielle du représentant des écoles Steiner-Waldorf en France.

Comme il n’y a pas de contradicteur, Guy Chaudon peut ici s’exprimer librement.

C’est donc l’occasion de voir, si ou non, les griefs portés à ces écoles et par extension leur fédération sont défendus par leur propre chef.

De mon avis d’auditeur, les griefs sur la présence de l’anthroposophie sont bien validés par le discours de Guy Chaudon, car il explique au cours de cette interview sans détour que la fédération Steiner-Waldorf s’appuie sur la vision anthroposophique du monde pour faire son enseignement.

Vous retrouverez (Partie 1) la croyance dans la réincarnation, le classement eugénistes des enfants selon les tempéraments (je vous explique plus bas), la dette karmique sans toutefois la nommer.

Ensuite vous verrez (Partie 2) un magnifique numéro d’équilibriste sur la question de l’anthroposophie et du nazisme consistant à attribuer le grief fait à l’anthroposophie à Rudolf Steiner pour pouvoir répondre qu’il était mort avant le nazisme.

Malheureusement le grief portait sur le racisme, l’antisémitisme, etc.. et visiblement Guy Chaudon ne condamne pas les propos de Steiner.

Pour finir (Parties 3 et 4), diverses questions dont les réponses font clairement écho aux caractères, religion déguisé et faiblesse de l’enseignement Steiner et notamment le moment où il tacle la laïcité ce qui est une attitude étonnante pour un enseignement prétendument laïque.

Avant de regarder la vidéo, je vous invite à lire les commentaires ci-dessous pour disposer des clefs de lectures pour comprendre le discours de Guy Chaudon, elles vous seront nécessaires si vous n’êtes pas anthroposophes ou familier avec l’occultisme anthroposophique.

 

Vous pouvez regarder la vidéo à l’adresse suivante : Interview Guy Chaudon par le magazine Kaizen.

 

Partie 1 : Présentation de la pédagogie Steiner-Waldorf :

 

Dans cette partie vous allez entendre le double langage des anthroposophes, car je vous donne une partie des clefs de lecture.

Guy Chaudon assume ici les croyances anthroposophiques :

  • De la réincarnation.
  • De l’individualisation (classement des enfants dans 4 catégories fixes).
  • La dette karmique des vies antérieures.

Il démontre que l’anthroposophie est bien la base de l’enseignement Steiner-Waldorf, car tout l’enseignement est conditionné par ces croyances.

  • 3 minutes 23 secondes :

Guy Chaudon explique que Steiner était aussi précepteur d’un enfant atteint d’hydrocéphalie et aurait testé toutes les formes d’enseignement et a développé sa « méthode » éducative.

Il est dommage que Guy Chaudon ne précise pas que Steiner considérait l’hydrocéphalie comme prédisposition à la syphilis et rejetât l’existence des bactéries, virus, etc… :

« À ce propos je vous signale que l’étude des rapports entre le déroulement de l’hydrocéphalie et l’apparition ultérieure de la syphilis ou de la prédisposition à la syphilis fournirait une multitude de sujets de thèse, l’étude des micro-organismes ne nous apporte rien, ce n’est qu’en prenant en considération ce que je vous ai exposé que l’on arrive à un résultat.»

[Médecine et Science Spirituelle, 7e conférence du 27 mars 1920, page 176]

  • 4e minute :

Guy Chaudon rappelle à juste titre que l’usine Waldorf est une usine de tabac. Cette information est habituellement omise.

L’objectif des cours était d’enseigner aux ouvriers, mais la mayonnaise n’a pas pris et selon Guy Chaudon par la faute des ouvriers à qui le cours était destiné. Cette information est invérifiable, mais le taux d’échec semble tellement élevé qu’on se dit qu’il est dommage de ne pas pouvoir vérifier si ça ne venait pas de la qualité du pédagogue.

  • 3 minutes et 20 secondes :

Il parle d’une pédagogie qui nécessiterait une individualisation de l’enseignement.

Il est important de relever cette phrase, car « l’individualisation de l’enseignement » est un argument constamment employé par la fédération Steiner-Waldorf pour valoriser ses écoles.

Sans surprise Guy Chaudon n’explique pas pourquoi cela serait nécessaire et se garde également de préciser qu’il s’agit de mettre les enfants dans une des quatres cases du classement anthroposophique : flegmatique, colérique, sanguin ou rêveur.

Cette détermination est effectuée sur base de critères tels que la taille de la tête, l’impression que l’enfant est vif, etc… et il ne peut ensuite plus sortir de cette case une fois que ce classement est effectué.

Nous verrons plus loin que l’enfant n’est pas considéré comme un individu, mais comme une brique d’une classe qui est le vrai individu et efface ainsi la personnalité de chaque enfant.

  • 6 minutes et 33 secondes :

Il parle ensuite d’une pédagogie « en fonction des lieux, en fonction des âges, en fonction de la qualité intrinsèque de certains élèves ».

Il est important d’expliquer que « en fonction des lieux » désigne la croyance des anthroposophes que l’enfant, après avoir choisi ses parents va naître dans un lieu (différents lieux sont possibles en fonction de sa qualité anthroposophique dans ses vies antérieures).

« En fonction des âges », désigne les 3 grandes étapes de la réincarnation de l’enfant dans son corps physique et la pédagogie Steiner aide ces étapes à bien se dérouler.

Ce sont des périodes séparées par des éléments physiques correspondants à 3 fois 7 années.

La première va jusqu’aux dents de laits, la seconde a la puberté et la dernière à l’âge adulte.

Il n’est donc pas question de suivre l’évolution de l’enfant sur base de son évolution intellectuelle, mais de conditionner son droit à réfléchir ou apprendre à des critères d’évolution biologique.

  • 7 minutes et 12 secondes :

Il explique que quand un enfant naît il n’est pas une table vierge, mais que l’enfant amène avec lui une spécificité. Il insiste ensuite sur l’individualité (une des 4 cases de l’anthroposophie).

Comme expliqué précédemment, l’enfant amène avec lui ses vies antérieures et sa dette karmique.

La dette karmique étant exprimée le plus généralement sous forme de maladie.

Par exemple selon Steiner l’autisme est causé par le fait que l’enfant était un menteur dans une vie antérieure.

  • 8 minutes et 5 secondes :

« Afin qu’elle éclose à terme, après 20 ans »

Cela fait directement écho aux propos de Steiner sur l’école dont parle Guy Chaudon qui expliquait en substance qu’il s’agissait d’un enseignement occultiste.

« Nous savons qu’il ne s’agit pas d’apporter seulement ce que les enfants comprennent, mais aussi bien des choses qui ne sortiront à la lumière que plus tard dans les âmes des enfants »

[Conseils, Réunions avec les professeurs de l’école Waldorf de Stuttgart page 199]

  • 9 minutes et 16 secondes :

Guy Chaudon exprime ici que la pédagogie Steiner serait bâchée parce qu’elle serait nouvelle et novatrice. Pourtant elle a maintenant 100 ans et n’a pas évolué contrairement à l’enseignement classique qui n’a plus rien à voir avec l’école de Jules Ferry;

Donc techniquement c’est les méthodes d’enseignement de l’école publique qui sont les plus récentes.

Il continue avec des arguments que les gens détestent ce qu’ils ne comprennent pas, mais évidemment sans l’étayer.

  • 10 minutes et 33 secondes :

Il parle d’une pédagogie qui se transforme en fonction des âges, il parle bien sûr des trois étapes de réincarnation de l’enfant qui correspondent au changement de classe, et non pas l’évolution individuelle des élèves.

On notera la comparaison entre enfant de 3/4 ans et de 10 ans (qui appartient à deux catégories différentes) pour noyer le poisson.

Jusqu’ici on tend à retrouver l’occultisme si cher à Rudolf Steiner : il en parle un petit peu plus tard en parlant de ces fameuses étapes de réincarnation sans les nommer à la 11e minute, mais en parlant de 0 à 7 ans, de 7 à 14 et de 14 à 20 ans.

Si vous écoutez la suite avec les clefs de lecture précédemment donnée, vous n’entendrez plus du tout son explication de la même manière.

Partie 2 : Les liens avec le nazisme :

 

Le journaliste évoque que l’anthroposophie aurait des liens avec le nazisme et laisse donc Guy Chaudon libre de répondre et de démentir ce sujet.

Nous allons voir qu’il s’agit ici d’un exercice rhétorique de premier plan visant à effacer la réalité en changeant habilement les arguments des historiens.

  • 13 minutes et 20 secondes :

Il dit que cela est une invention des personnes qui s’oppose de manière systématique à leurs écoles et rappelle que Steiner est mort avant le nazisme.

Toutefois cela n’absout pas Steiner de ses propos racistes, antisémites et racialistes.

En effet, Rudolf Steiner classe les personnes dans des races avec en haut l’aryen et en bas les personnes d’origine africaine. On notera que Grégoire Perra a fini en garde à vue pour avoir dénoncé ce racisme.

Pour plus d’explications sur la partie raciste sur le blog tenu par Grégoire Perra : https://veritesteiner.wordpress.com/2021/01/14/les-races-selon-lanthroposophie .

Concernant plus spécifiquement le nazisme, la femme de Rudolf Steiner s’était inscrite au parti nazi après sa mort et le parti nazi avait parmi ses dirigeants des anthroposophes et notamment Rudolf Hess qui était le bras droit d’Hitler, a fini condamné à Nuremberg et à l’origine de la biodynamie dans les camps de concentration

Les serres biodynamiques sont d’ailleurs encore visibles à Dachau.

L’entreprise Weleda est connue pour avoir participé à des expériences sur les détenus des camps et Demeter pour ses calendriers et nombreux articles dans son magazine à la gloire du Führer.

Il s’agit ici de simples exemples, je vous invite à lire le livre de Peter Staudenmeier intitulé « Anthroposophie et Ecofascisme » pour avoir plus de matière :

[PDF] Anthroposophie & écofascisme – Peter-Staudenmaier sur ce blog ou sur le blog de Chimières Editions à cette adresse.

Également « Le brun et le vert, quand les nazis étaient écologistes » : https://livre.fnac.com/a17155527/Philippe-Simonnot-Nazisme-et-ecologie.

Les anthroposophes ont passé 100 ans à réécrire l’histoire pour se rendre vertueux, mais malheureusement pour eux, la réalité est bien là, quand bien même il la minore.

Ainsi, quand Guy Chaudon parle d’insulter la mémoire de Rudolf Steiner, il devrait avoir honte, car il devrait au contraire condamner sans détour les propos de Rudolf Steiner.

Partie 3 : Laïcité et faiblesse de l’enseignement Steiner :

 

La dernière partie porte sur des questions plus larges, mais néanmoins intéressantes. On verra que cette pédagogie se disant laïque ne l’est pas.

  • 17 minutes et 40 secondes :

« Ce n’est pas quelque chose qui va être enseigné de manière systématique, mais c’est plutôt comme une aura »

« On va fêter les saisons » (fête religieuse anthroposophe)

(La table des saisons présente dans les classes est un petit autel religieux)

« Inclure l’enfant dans la rythmicité de l’année » (rythme religieux anthroposophe)

On retrouve donc ici frontalement un reproche fait aux écoles Steiner : La présence de l’anthroposophie sans le révéler ni aux parents ni aux enfants.

Pour se dédouaner, il va alors dire qu’il y a 150 ans les écoles françaises fêtaient aussi les fêtes chrétiennes. En effet, l’école de Jules Ferry ne remonte qu’au début du 20e siècle et l’enseignement n’était pas ouvert à tout le monde.

On compare donc deux choses non comparables.

On notera qu’il n’a pas mentionné les paroles de l’école qui sont les prières anthroposophes récitées chaque matin par les élèves avant de commencer la journée.

« Ne dites jamais « prières », dites « paroles d’ouverture de l’école. Évitez que l’on entende le mot prière […]. Et vous aurez déjà neutralisé pour une bonne part le préjugé selon lequel il s’agit d’une affaire anthroposophique »

[Conseils, Réunions avec les professeurs de l’école Waldorf de Stuttgart page 94]

Pour quelques exemples de prières, vous pouvez consulter le document suivant.

  • 20 minutes et 48 secondes :

« L’enfant n’est pas qu’une tête qui doit apprendre, mais qu’au doit au contraire éveiller ».

On retrouve ici les recommandations de Rudolf Steiner en matière d’enseignement.

« Il faut se faufiler. Il faut être conscient que c’est nécessaire au moins pour atteindre notre but, parler aux gens, et intérieurement les duper. »

[Conseils, Réunions avec les professeurs de l’école Waldorf de Stuttgart page 266]

Pour la fin je vais être plus bref, car il s’agit d’aspects plus globaux et la compréhension est plus aisée.

  • 24 minutes et 12 secondes :

Il parle d’école Montessori comme écoles de la performance.

C’est sans doute vrai comparativement aux écoles Steiner, mais les évaluations et rapports d’inspection ont montré que les écoles Montessori n’avaient pas un niveau très élevé. Il est clairement inquiétant que monsieur Chaudon y voie donc une forme d’élite.

  • 26 minutes et 15 secondes :

Il parle des intelligences multiples pour expliquer son enseignement. Malheureusement cela n’existe pas et relève de la pseudoscience

  • 26 minutes et 55 secondes :

Il dit que l’élève choisit son intelligence.

Évidemment on ne choisit pas son intelligence et si ça peut paraît anodin comme cela il est utile de préciser que le pédagogue Steiner a selon l’anthroposophie de pouvoir modeler les élèves, y compris dans leurs proportions physiques.

  • 27 minutes et 15 secondes :

Il parle de l’absence de notes et explique que c’est pour éviter la compétitivité.

C’est un mauvais argument, car cela signifie aussi que les pédagogues Steiner ne s’intéressent pas aux progrès des élèves sur le corpus de l’enseignement. On est en droit de se demander quelle est donc leur priorité.

  • 33 minutes et 45 secondes :

Ici il parle de la réussite au BAC, mais omet de dire que l’année de terminale est faite dans un autre lycée et qu’il s’approprie donc le travail de la dernière année. Il est notoire également que cette réalité de réussite a été contestée.

Il parle ensuite du post-bac, mais ne montre pas les conditions du questionnaire. Il s’agit surtout de témoignages sur base du volontariat et donc les critères ne sont pas vus et les personnes qui ont échoué ne sont clairement pas incitées à participer.

  • 36 minutes et 55 secondes :

« Aujourd’hui on sait combien les enfants sont difficiles à manier ».

C’est très réducteur et on aimerait bien des chiffres.

Ensuite la boucle et bouclée et il revient sur les mêmes explications :

  • 39 minutes et 25 secondes :

Il parle de la tripartition sociale qui est le projet de société de l’anthroposophique.

  • 41 minutes et 45 secondes :

Il parlait plus tôt de l’individualisation, mais fini par reporter sur le groupe les caractéristiques d’un individu qui est donc effacé au profit du groupe.

C’est conforme à l’anthroposophie :

« Plus les hommes s’intéresseront aux abeilles, plus ils seront inspirés par leur esprit. Les structures sociales que nous devrons réaliser sur terre, dans un proche avenir ».

Rudolf Hauschka (Anthroposophe)

Partie 4 : double couche de langue de bois :

 

La dernière partie boucle sur les précédentes, mais met l’accent dessus.

  • 43 minutes et 55 secondes :

Il se plaint que des journaux aient publié des articles parlants du laxisme de la surveillance dans les écoles Steiner et notamment du fait qu’ils laisseraient les enfants se battre, car c’est leur karma.

Sa réponse est intéressante, car il ne cherche pas à apporter la preuve du contraire et parle de choses d’ordre très généra : Ainsi à aucun moment il ne réfute les accusations qui ont été portées (et il ne fait pas de procès non plus alors qu’ils sont très coutumiers de poursuivre ceux qui les contestent)

D’autre part il a une réponse à tout et une certitude absolue de ce qui se passe dans toutes les écoles Steiner-Waldorf.

C’est très inquiétant.

  • 44 minutes et 40 secondes :

La punition relève du génie de chaque prof est un moment d’anthologie dans lequel Guy Chaudon parle de punition positive et notamment d’un exemple ou l’élève est invité à rentrer chez lui pour faire un gâteau.

  • 46e minute :

Il se plaint ici de la laïcité dans l’enseignement. Il trouve que ce concept empêche le développement de ses écoles en France.

  • 48 minutes et 30 secondes, jusqu’à la fin :

Il finit par dire qu’il ne faut pas écouter les sources non validées par l’anthroposophie, etc…

Personne n’a le droit de critiquer ou de poser des questions, il est interdit de s’exprimer et c’est bien le propre de l’anthroposophie et de l’enseignement Steiner qui est purement dogmatique.

En conclusion :

 

À travers cette finalement excellente interview de Guy Chaudon, nous pouvons clairement voir que la remise en question n’est pas le fort de la pédagogie Steiner-Waldorf et que les reproches faits à cette pédagogie sont bien mis en avant par leur propre représentant.

 


Cette analyse vous a été proposée par Alexandre Laser, un grand merci à lui.